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Les manifestations continuent de plus belle en Irak



Des manifestants bloquaient jeudi routes et ponts à Bagdad et dans le sud de l'Irak, brûlant des pneus pour marquer leur colère contre les dirigeants qui négocient toujours la nomination d'un homme du sérail pour remplacer le Premier ministre démissionnaire. A Bassora, Nassiriya, dans le sud, ou Diwaniya (centre), flammes et fumée noire ont plané toute la nuit sur les grands axes ou les ponts enjambant l'Euphrate, ont rapporté des correspondants de l'AFP. Dans la matinée, certains blocages avaient été levés, une fois l'heure de l'embauche des fonctionnaires passée, notamment aux abords du port d'Oum Qasr, vital pour les importations, à la pointe sud, et à Bagdad, provoquant des embouteillages monstres et paralysant les grands axes de la deuxième capitale la plus peuplée du monde arabe. Les administrations et les établissements scolaires restent toutefois toujours fermés dans la quasi-totalité des villes du sud. A Nassiriya, les manifestants ont une nouvelle fois brûlé le siège du gouvernorat, déjà visé par un incendie depuis le début de la révolte il y a près de trois mois. A Diwaniya, ils ont brûlé un nouveau QG d'une milice proIran et continuaient jeudi de bloquer l'autoroute desservant le Sud. Le regain de colère, qui a débuté dimanche après quelques semaines d'accalmie dans un mouvement déjà marqué par près de 460 morts et 25.000 blessés, a été suscité par l'intransigeance du pouvoir et de son parrain iranien. Les partis pro-Iran ont d'abord proposé pendant des semaines de nommer le ministre démissionnaire de l'Enseignement supérieur au poste de Premier ministre. Mais, puisqu'ils n'ont pas pu l'imposer au président de la République qui a jugé que sa nomination alimenterait plus encore la colère de la rue, ils ont désormais un nouvel homme. Il s'agit d'Assaad al-Aïdani, gouverneur de Bassora, qui s'était déjà illustré à l'été 2018 en descendant personnellement de son convoi pour s'en prendre à des manifestants. "On ne veut pas d'Assaad l'Iranien", scandent les manifestants à Kout, ville du sud. Pour les protestataires, les "candidats des partis" sont d'emblée refusés. Eux veulent des indépendants et des technocrates qui n'ont pas été aux affaires au sein du système politique installé en 2003 par les Américains et désormais noyauté par les Iraniens. "Le gouvernement est l'otage des partis corrompus et des divisions confessionnelles", accuse Sattar Jabbar, manifestant de 25 ans à Nassiriya. C'est contre ce système de répartition des postes en fonction des ethnies et des confessions que la révolte se lève également. "On poursuivra le mouvement", promet encore le jeune homme.

Libé
Jeudi 26 Décembre 2019

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