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Les élucubrations d’un Cembrero de service



«Maroc-Hebdo », dans sa dernière livraison (du 18 au 24 juin 2021), a donné la parole au tristement « célèbre » Ignacio Cembrero, « journaliste » devant Dieu, et « spécialiste des relations entre le Maroc et l’Espagne », spécialiste plutôt de l’intox et des magouilles de coulisses « diplomatiques » dont la carrière finit dans « El Confidencial » (après El Pais et autres), ce qui en dit long sur son avancée à reculons… Les questions de l’hebdomadaire étaient « fermées », paraît-il, sans possibilité de le contraster sur le champ, mais l’idée de le « faire parler » et de le laisser vider son sac de fiel ne manquait pas de justesse, car c’est un spécimen grandeur nature de l’ethnocentrisme espagnol post-colonial… Et bien sûr pour Cembrero (et certains des nôtres devraient prendre note de comment on défend son pays en toutes circonstances), fort de son appartenance à un ancien pays colonialiste, à l’abri de son appartenance atlantique et européenne, c’est le Maroc le fautif et le responsable de cette crise commencée en « décembre 2018 » quand le petit Maroc a osé ne pas aviser auparavant l’Espagne de la fermeture de la « douane » de Mellilia, et surtout quand il a osé adopter deux lois modifiant « les eaux territoriales et la zone économique exclusive », ces deux lois affectant, selon lui, Sebta et Mellilia, ainsi que les Iles Canaries (sacrilège !). Là, nous sommes en plein délire colonialiste, Cembrero croyant toujours que le Maroc est sous le joug de l’Espagne (et que son pays est toujours cette « puissance » -de pacotille- qu’il était au début du siècle dernier) et que son nord comme son Sahara du sud obéissaient à un « droit de cuissage » de « la dernière puissance administratrice » des lieux. Cet euphémisme cynique qui cherche, vainement, à masquer l’ancien colonialisme meurtrier et le jeu pervers des clous semés sur les chemins des pays s’en étant libérés. Pour ne pas aller plus loin jusqu’au 19ème siècle et à l’occupation espagnole du Sahara marocain, ou au début du siècle dernier avec l’occupation meurtrière du Nord du Maroc (et ses « cadeaux » chimiques lancés contre des populations civiles désarmées), ni même remonter à 1975, quand l’Espagne politique entière (gauche, droite, centre, extrêmes…) a regretté le « traité de Madrid » signé par l’administration du Caudillo « mourant » et a décidé de faire de cette question l’objet d’un chantage diplomatique, à la sauce colonialiste évidente, contre le Maroc (avec nos villes et rochers occupés du Nord en toile de fond), l’empêchant des années durant de vaquer à autre chose. Non, pas besoin de remonter jusque-là. Puisque Cembrero parle de disposition envers le voisin/partenaire, c’est bel et bien votre gouvernement de gauchistes attardés qui a commencé ce jeu malveillant en brisant, à son investiture, une « habitude » de « bonnes intentions » politiques qui primait làhaut, à savoir accorder la première visite externe du chef de gouvernement espagnol au Maroc. Cela ne coûtait rien et permettait au « matelas d’intérêts » entre les deux pays de fonctionner, malgré les divergences… Sanchez a préféré voir ailleurs aux gouvernements Sanchez I et II. C’est son droit, soit, mais il a libéré le Maroc des « bonnes intentions », surtout en traînant avec lui cet avatar politique de la guerre froide qu’était Iglesias et sa meute gauchiste en retard de plus d’un combat, et sa façon idéologique désuète de voir le monde… Cela pour « les bonnes dispositions entre voisins/partenaires ». Accueillir Ghali, en contrebande, équivaudrait, pour le Maroc, à accueillir l’etarra Txapela du temps de son « explosivité ». Bien sûr les Gal (NDLR : Milices espagnoles dénommées groupes antiterroristes de libération) auraient envoyé leurs sicaires lui régler son sort au Maroc, ce que le Maroc ne ferait jamais avec Ghali ou tout autre polisarien… Quant à fermer « la douane » avec Sebta ou Mellilia et délimiter « les eaux territoriales », c’est un acte de plein souveraineté nationale et d’intérêts vitaux pour le pays indépendant qu’est le Maroc. L’Espagne n’informera jamais le Maroc de ses décisions souveraines et de ses orientations stratégiques visant à garantir ses intérêts vitaux dans les normes du droit international. Le Maroc ne s’en offusquera jamais …
Juste qu’accueillir, clandestinement et en contrebande, un gars qui venait de déclarer la guerre au Maroc et qui bombardait l’Univers d’attaques fumeuses contre des Marocains, était pousser le bouchon un peu trop loin au niveau des « mauvaises intentions » envers un voisin/partenaire. Et puis ce fut une occasion pour le Maroc de signifier son agacement face à cette politique espagnole de vivoter selon les canons de l’ancienne guerre froide et des clichés et réflexes coloniaux, diviser pour régner, maintenir sournoisement de faux conflits… Il est temps messieurs les faiseurs de stratégies, et leurs pamphlétaires, genre Cembrero, d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe réellement dans cette partie du monde et sur les perspectives qu’offre le Maroc pour la zone occidentale de l’Afrique qui constituent de véritables opportunités de croissance pour l’Espagne et pour une Europe de plus en plus ankylosée… Que Laya ait déclaré, ou laissé filtrer, sa désapprobation de la décision de Trump, reconnaissant la marocanité du Sahara, ne change rien à la donne. Un petit pays (par ses dimensions, mais un grand par son patrimoine humain et historique) comme le Maroc essaie de faire avancer les choses dans un esprit de véritable partenariat Sud-Nord. Mais un pays comme l’Allemagne (adoptant un terroriste « djihadiste » soit dit en passant) s’y oppose, ouvertement, au moins, alors que l’Espagne le fait à son style, celui des gauchistes attardés, en catimini… Un vrai contresens ! Et bien sûr, pour en revenir à Cembrero, ce « petit » bout de presse espagnole qui a osé essayer de faire comprendre aux espagnols la position marocaine (Atalayar…), ce ne sont que de petits médias qui depuis longtemps se sont fait l’écho des thèses marocaines ! C’est pour quand l’autodafé hermano Cembrero ? Quant au journal La Razon, ou à Ok Diario, plus « importants » selon Cembrero, eh bien ne vous réjouissez pas vous autres marocains, ils le font, peut-être, juste pour « attaquer » le gouvernement de « gauche ». Etaient-ils convaincus des thèses marocaines ? se demande-til comme si l’on était encore aux temps des « Taifas » où l’on jouait l’ennemi contre l’ennemi. A défaut de dire que ces médias sont « makhzéniens », privilège qu’il accorde à ceux du Maroc, il les déleste de toute crédibilité juste parce qu’ils jouent une partition différente de la sienne. Voilà, rassurez-vous, les médias espagnols ne défendraient jamais les thèses marocaines parce qu’ils défendent celles de leur pays fussent-elles franchement colonialistes. Merci de le rappeler ! Non don Cembrero, en tant que Marocain, je ne suis pas content d’avoir l’Espagne, dans sa version politique actuelle et ses relents colonialistes, en tant que voisin. Il m’est difficile, aussi, d’oublier les flots d’insultes racistes et faussement hautaines versées par vos médias contre nous autres marocains. Et puisque l’on parle des médias, le sieur Cembrero ne devrait pas oser parler de fabrication de « fake news » par les médias marocains quand ceux espagnols (Agence de presse et télévision, entre autres) avaient fomenté un vrai traquenard médiatique (plein de « fake news » et d’images « empruntées » à d’autres pays) à l’occasion des événements tragiques de Gdeim Eziq en 2010. Et puisque Cembrero évoque les manipulations médiatiques, les médias espagnols ont-ils montré le sort réservé à l’enfant « aux bouteilles » qui suppliait les policiers espagnols de le laisser passer ? Ont-ils montré les ratonnades et les bastonnades infligées aux mineurs marocains à Sebta ? Ont-ils commenté ces images des forces de l’ordre espagnoles jetant à l’eau tous les prétendants au passage en faisant fi de s’ils savaient ou non nager ? Vos médias ont juste focalisé sur le bébé « sauvé » alors qu’il entrait dans les bras de sa mère emmenant avec elle deux autres de ses enfants. Et cela afin d’exposer cette bonne femme comme une sorte de bête de cirque. Répugnant. Franchement, aucune leçon de déontologie à retenir de vos médias mobilisés en batterie comme dans un pays « tiers-mondiste » gouverné par un « comandante » ou autre caudillo.Oui, les relations reprendront un jour entre les deux pays car le Maroc n’est pas un pays de guerre mais de paix et d’ententes intelligentes. Mais, il sera difficile à bien des Marocains d’oublier l’image de leur drapeau piétiné par une foule hystérique, et la haine versée contre eux par vos médias d’un autre âge.
 
Par Abdelaziz Tribak
Le 20/06/2021

Les élucubrations d’un Cembrero de service

Libé
Jeudi 24 Juin 2021

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