Les diplômes de l'Ecole supérieure d'architecture de Casablanca posent problème : Les lauréats de l'ESA n'arrivent pas à construire leur avenir


Nezha Mounir
Lundi 19 Novembre 2012

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Après 6 ans d'études à raison  de 73500 DH par an, 20 lauréats diplômés de l'Ecole supérieure d'architecture de Casablanca sont toujours dans l'expectative. Problème : à la fin de leur cursus, des certificats leur ont bien été décernés mais en fait ce sont juste des attestations d'un usage assez limité. En effet, ce document ne leur donne pas accès aux  concours organisés pour le recrutement des architectes au sein des organismes publics. Ils ne peuvent pas non plus  ouvrir leurs propres cabinets d'architecte et par voie de conséquence la porte de l'Ordre des architectes leur est irrémédiablement fermée.  Et pourtant, «c'est la première école privée d'architecture au Maroc, fondée en octobre 2004 à la demande du gouvernement par des architectes de renom», ont-ils expliqué. Le besoin s'est fait  sentir pour combler un  déficit de l'ordre de 3000 architectes à l'horizon de 2020.
C'est un métier d'avenir et ils n'ont pas hésité longtemps à faire leur choix. Mais est-ce pour autant le meilleur? Probablement pas. Et pour cause, en l'absence d'équivalence avec les diplômes étatiques, tous leurs projets restent suspendus. Ils se disent entièrement dans leur droit. « Notre école est le fruit d'un partenariat privé-public (du moins c'est ce qu'ils croient) et de ce fait l'Etat ne peut pas nous lâcher. Dès notre inscription, nous étions convaincus que notre situation sera régularisée dès l'obtention de nos diplômes». Ils vont même jusqu'à assurer que les responsables de leur école ne sont nullement impliqués dans cette affaire. Des propos spontanés et peut-être naïfs. Mais qu'en est-il en réalité? Le scénario n'est pas nouveau. Il ne fait que se reproduire. Peut-être ont-ils été bernés? Ont-ils été victimes de publicités mensongères? A qui la faute? C'est la sempiternelle problématique des diplômes privés qui revient sur le tapis. Ont-ils été sacrifiés sur l'autel du lucre? L'enseignement supérieur est un commerce juteux en fait. Bien des questions qui demeurent sans réponse.
En attendant, ils ont frappé à toutes les portes qui ne se sont pas toujours ouvertes. Mais à force d'abnégation, ils ont réussi à saisir Lahcen Daoudi, ministre de l'Enseignement supérieur mais qui leur a assuré que pour le moment il y a des priorités qui s'imposent et que leur problème n'en fait pas partie. Pas très encourageant !
Ils cherchent une issue à leur impasse du côté juridique à travers  l'amendement de la loi 001 (article 4) relative à l'enseignement supérieur. Un processus qui risque d'être long même avec toute la bonne volonté dont les pouvoirs publics pourraient faire preuve.
La seule arme dont ils disposent, c'est de faire pression sur les responsables. Dans ce cadre, ceux parmi eux qui  poursuivent leur cursus au sein de ladite école ont  entamé une grève depuis 10 jours et comptent persévérer jusqu'à ce qu'on daigne prendre en considération leurs revendications fort légitimes du reste. Un autre bras de fer qui s'annonce. Pour donner plus de légitimité à leurs demandes, ils ont même créé une association. Iront-ils jusqu'à faire preuve de logique et réalisme et attaquer les propriétaires de leur école pour dol?

Nezha Mounir
Lundi 19 Novembre 2012
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