Les défis de la production en débat au Festival de la fiction télévisuelle

Mardi 7 Avril 2026

Des artistes et professionnels ont mis en lumière, samedi à Meknès, les questions liées à la réalité de la production dramatique au niveau national, à travers le partage de leurs expériences et des coulisses de leurs œuvres diffusées pendant le Ramadan.

Lors d’une conférence tenue dans le cadre d'une rencontre avec les acteurs et les réalisateurs, organisée lors de la 15ème édition du Festival de Meknès de la fiction télévisée, les intervenants ont affirmé que la qualité des productions nationales présentées est le fruit d’un engagement technique et artistique, marquée par une gestion professionnelle des crises et la capacité des équipes à surmonter des contraintes logistiques complexes.

S’exprimant à cette occasion, le réalisateur Khalid Nokry a indiqué que son équipe a fait face à un véritable défi suite au malaise subi par l'un des acteurs principaux de la série "Chkoune Kan Ygoul", diffusée sur la chaîne Al Aoula pendant le Ramadan, qui a nécessité son hospitalisation.

"Cette situation a imposé une reprogrammation du tournage dans des délais serrés", a-t-il précisé, saluant l'esprit de solidarité qui a régné parmi plus de 85 techniciens et artistes pour surmonter cette situation.

M. Nokry a également mis en exergue les défis entourant la diffusion des productions nationales, évoquant dans ce sens les pressions exercées par certaines pages sur les réseaux sociaux via des tentatives de divulgation de l'intrigue et d'événements clés. Face à cela, a-t-il poursuivi, l’équipe a instauré une charte d’honneur stricte afin de préserver le suspense tout au long des 30 épisodes et de protéger les coulisses de tout ce qui est de nature à entacher l’expérience du téléspectateur.

Sur le plan artistique, l’actrice Hasna Moumni a abordé le défi de la crédibilité, elle qui a dû incarner le rôle d’une mère pour un personnage presque du même âge qu’elle, ce qui a nécessité un effort particulier afin de maîtriser sa performance et convaincre le public.
Elle a également partagé quelques anecdotes de tournage, notant l'interaction remarquable des spectateurs avec le personnage et leur curiosité quant à l'évolution des événements de la série.

De son côté, le scénariste Hicham El Ghafouli a expliqué que la phase de scénarisation n'a pas été aisée, indiquant que les premières versions des dix premiers épisodes ont été entièrement reconstruites afin de proposer un "drame social" cohérent, évitant les stéréotypes du genre policier.

Pour sa part, l'acteur Nabil Atef a salué la précision du texte, soulignant que les dialogues étaient parfaitement calibrés puisqu'ils n'ont nécessité aucune modification de la part des acteurs, contribuant ainsi à une fluidité artistique notable.

Les coulisses n’ont pas manqué de moments humains marquants, a ajouté M. Nokry, notant que l’esprit de famille était dominant au sein de l’équipe, notamment grâce à l’engagement de la direction de production à instaurer des conditions de travail favorables, permettant d’alléger la pression du tournage qui s'est déroulé sur 12 semaines consécutives.

Les intervenants ont conclu que le succès actuel de la production dramatique marocaine, ainsi que sa capacité à rivaliser à l’échelle arabe, témoigne d’une parfaite symbiose entre une vision de réalisation moderne et une aptitude à transformer les contraintes en opportunités créatives, affirmant ainsi que le travail d'équipe demeure le facteur déterminant pour gagner la confiance du public.

A noter que la série "Chkoune Kan Ygoul", qui a enrichi la grille des programmes ramadanesque de la chaîne Al Aoula, s’est imposée comme l’une des productions phares cette année, enregistrant de forts taux d’audience et une interaction remarquable sur les réseaux sociaux.
 

Libé

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