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Les coups de blues sont de retour

Dépression saisonnière






Il n’y a pas que
la photothérapie. La montagne
ou un bain
de soleil sont
des traitements de loin plus agréables



Les coups de blues sont de retour
On a tous dans notre entourage ce collègue de travail ou ce voisin de palier qui arbore une mine d’enterrement et en veut à la Terre entière, une fois les premières vagues de froid s’abattent sur nos cités, annonçant un changement de saison et le passage de la douce chaleur estivale à un froid automnal intense et rigoureux. Cette relation entre saison et humeur est loin d’être illusoire et encore moins le fruit du hasard. Si l’on y ajoute un autre élément capital, la lumière, nous obtenons une relation empiriquement connue depuis l’antiquité. Elle porte le nom de dépression saisonnière    
Avec une fréquence qui varierait de 2 à 4% de la population mondiale, majoritairement des femmes (85%), la dépression saisonnière est considérée comme un épisode dépressif récidivant durant cette période de l’année, avec une rémission complète une fois que l’été reprend ses droits. Afin de faire le point sur cette dépression atypique qui, jusqu’au jour d’aujourd’hui, n’est pas reconnue comme une  maladie à part entière mais plutôt une accentuation de phénomènes habituels, nous avons contacté le docteur Imane Rouhli, psychiatre, psychothérapeute et  secrétaire générale de la Ligue pour la santé mentale.    

Quels en sont les symptômes ?
La dépression saisonnière ressemble comme deux gouttes d’eau à une dépression classique (tristesse, fatigue, manque de concentration, etc). Ses symptômes sont identiques, enfin presque. Pour le docteur Imane Rouhli, il faut ajouter à ces symptômes d’autres critères nécessaires pour un diagnostic efficient.  «A commencer par une survenue régulière d’épisodes dépressifs majeurs à l’automne et a contrario une rémission spontanée au printemps et complète dans les intervalles», nous précise-t-elle. Et d’ajouter :«Cette dépression est aussi définie par le caractère consécutif de ses épisodes, ainsi que la possibilité d’épisodes dépressifs non saisonniers, mais dont la fréquence est nettement moindre que celle des épisodes saisonniers. A cela, il faut également ajouter une présence fréquente de symptômes végétatifs inverses, tels que la prise de poids». S’agissant de ce dernier point, notre interlocutrice souligne qu’il est facultatif pour le diagnostic, tout comme elle rappelle l’absence de facteur psychosocial saisonnier (chômage régulier en hiver), ou encore une date anniversaire traumatisante.

Comment peut-on l’expliquer ?
Ce n’est un secret pour personne. L’humain est fortement impacté par son environnement. Du coup, il n’y a rien de plus normal que l’existence d’une influence de la lumière sur les organismes vivants. Résultat, l’alternance du jour et de la nuit a un effet sur la chimie du cerveau. Mais pas que. Car en plus de cette hypothèse biologique qui d’ailleurs n’exclut pas d’autres facteurs, le docteur Rouhli ajoute à cette influence externe sur notre humeur «l’influence d’une horloge interne dont le centre régulateur est localisé dans le cerveau. Les phénomènes corporels périodiques comme le sommeil, le cycle menstruel chez les femmes, la sécrétion des hormones, la température, sont sous son contrôle». Et c’est là qu’intervient l’interaction entre cerveau est lumière. Pourquoi ? «Parce que cette horloge est sensible à la lumière via des cellules présentes dans l’œil et la production d’une hormone, la mélatonine, qui joue un rôle de synchroniseur biologique», indique le docteur Rouhli. En conséquence, elle juge que «le caractère cyclique et saisonnier de certaines dépressions s’expliquerait par une désorganisation des biorythmes provoquée par la diminution de la luminosité sur 24 heures et l’augmentation de la sécrétion de la mélatonine».    

Existe-t-il un traitement?
En ayant une place admise et codifiée dans le traitement de la dépression saisonnière, la photothérapie est recommandée en première intention quand il s’agit de traiter les dépressions saisonnières légères et moyennes. Les réponses positives à ce traitement atteignent les 65%. Cela dit, «dans les formes sévères, il est recommandé d’y associer les médicaments antidépresseurs», rappelle Dr Imane Rouhli.
L’idée derrière la photothérapie est «de resynchroniser l’horloge circadienne en s’exposant à une lumière dont la composition est particulière (il ne s’agit pas de séances d’UV) ; cela suppose un traitement en centre spécialisé, ou à domicile avec un matériel spécifique», nous apprend notre interlocutrice en précisant que ce traitement a de multiples effets corporels, sur la température, la fréquence cardiaque, la production hormonale et le sommeil.
Ce traitement dont les résultats «s’observent plus précocement qu’avec les antidépresseurs, généralement dans la première ou la seconde semaine de traitement, doit être maintenu jusqu’à la période de rémission spontanée habituelle du patient», assure docteur Rouhli, sans pour autant oublier de confier qu’il existe des traitements beaucoup plus agréables comme partir à la montagne ou s’offrir un bain de soleil pendant une dizaine de jours.


 

Un colloque sur les allergies et maladies auto-immunes

Les allergies et maladies auto-immunes et systémiques seront au centre des débats lors d’un colloque organisé par l’Association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques «AMMAIS», dans le cadre de la 9ème journée de l’auto-immunité.
Présidée par le Dr Khadija Moussayer, l’AMMAIS attend de cette journée qui se tiendra ce samedi à l’hôtel Kenzi Tower, à Casablanca, qu’elle soit synonyme de mise au point sur les récentes avancées enregistrées au niveau de la prise en charge des allergies, et qu’elle braque les projecteurs sur les progrès scientifiques en termes de diagnostic, parmi lesquels la technologie de recombinaison génétique « qui permet de reproduire des allergènes purifiés et d'identifier les protéines auxquelles les patients sont sensibilisés», indique un communiqué publié par ladite association. En outre, la journée sera l’occasion de se pencher sur des maladies auto-immunes apparentées aux allergies, dont la maladie de Churg et Strauss.  
L’importance d’une telle journée n’est plus à prouver. Un constat corroboré par les innombrables problèmes et autres défis liés aux maladies allergiques dans le Royaume. A commencer par l’absence de services hospitaliers des maladies allergiques, apprend-on auprès de l’association.
Ensuite, il y a la problématique liée à une autre absence, celle de la reconnaissance de la spécialité d’allergologue. Sans oublier l’étiquetage des produits alimentaires qui est loin d’être généralisé, entretenant le flou et l’incompréhension du côté des personnes atteintes d’allergies. Pis encore, il existe un manque de disponibilité d’un médicament que toute personne allergique devrait  posséder, à savoir l’adrénaline auto- injectable (l’Epipen), salvateur en cas d’anaphylactique. Une situation lourde de conséquences, car le patient et sa famille se retrouvent démunis de toute solution à des moments cruciaux où il faut agir au plus vite.    
Il convient de souligner, comme l’a rappelé le communiqué émis par l’AMMAIS, que les maladies auto-immunes sont la conséquence d’un dérèglement du système immunitaire qui s’attaque aux propres constituants de l’organisme. On peut citer parmi elles : la maladie de Basedow, le lupus, la myasthénie, la sclérose en plaques, le diabète de type 1, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite, la maladie cœliaque, la maladie de Crohn, la maladie de Gougerot-Sjögren, le psoriasis. Ces maladies représentent la 3ème cause de morbidité après les affections cardiovasculaires et les cancers, en touchant environ 10 % des Marocains dont 75 % sont des femmes.

C.C

 

Chady Chaabi
Samedi 23 Novembre 2019

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