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Le web dérange. Depuis la révolution du jasmin, en Tunisie, les internautes sont pour beaucoup ces empêcheurs de réprimer en silence. Les images de ces milliers de Tunisiens manifestant dans les rues, réprimés par la police du régime, ont fait le tour du monde grâce notamment au web. Les réseaux sociaux, de Facebook à Twitter en passant par Daily motion et tous les autres, ont joué un rôle important dans la mobilisation au nom de la liberté et de la dignité. La flamme virtuelle ne s’est pas éteinte et la communauté des connectés n’a pas baissé la garde, jusqu’au bout des évènements. « Grâce aux nouvelles technologies de l’information et la communication, la démocratie est désormais un patrimoine collectif de l’humanité. Le monde nous regarde et les dirigeants ne peuvent plus se voiler la face. Les jeunes regardent ce qui se passe ailleurs, les réseaux sociaux ont créé une formidable solidarité autour de valeurs universelles qui doivent nécessairement être partagées », explique l’universitaire Ali Sedjari avant de rappeler que « plus de 600 fonctionnaires tunisiens avaient pour mission de censurer le Net, tous les jours ». «Les politiques se trompent quand ils essaient de censurer Internet. Le web, les réseaux sociaux, toutes ces nouvelles technologies de l’information ont connu un développement spectaculaire. Ils ont changé les références traditionnelles, modifié les comportements, et surtout ils ont fait disparaître les frontières et rapprochent les jeunes en particulier. Parce ce que ce sont des outils qui fonctionnent de manière instantanée et transmettent informations et images de façon immédiate partout dans le monde », soutient Ali Sedjari.
Les manifestations des Tunisiens –on compte jusque-là 100 morts en 5 semaines de troubles dans ce pays- mais aussi la mobilisation du peuple virtuel ont eu raison d’un régime autocratique et peu soucieux des libertés et du respect des droits humains. « Ma conviction profonde est que la gouvernance sécuritaire avec son lot d’arrestations, d’emprisonnements et de tortures est périmée. Mais en même temps, le pouvoir tunisien a sous-estimé la force de frappe que pouvaient représenter le web et autres réseaux sociaux. Twitter, Facebook, etc, donnent une formidable liberté », fait valoir Larbi Benothmane, universitaire et auteur d’une réflexion sur « le web et le droit ».
Les cybercafés en témoignent. Devenus le refuge d’une jeunesse sans frontières, le cyber est peut-être en train de prendre la place des salles sombres et enfumées des billards. Dans les pays du Maghreb, les cybercafés au nombre sans cesse croissant ont éclos, comme dans un bon printemps. « Désormais, et grâce au Net, les jeunes du Maghreb partagent des espérances collectives, partagent des valeurs à la fois nouvelles et collectives. Ils veulent être les acteurs du changement.
Le web est en train d’imposer l’exigence du changement
Il ne faut surtout pas perdre de vue que le Web donne une dimension planétaire à la démocratie. Cette jeunesse se connecte constamment, voit ce qui se passe ailleurs. Au final, et parce que le Net le permet, il y a ce formidable partage universel des valeurs quelle que soit la culture des uns et des autres », relève avec force Ali Sedjari, celui-là même qui occupe la chaire des droits de l’Homme à l’université Mohamed V, à Rabat.
Si les frontières n’existent plus dans le monde du virtuel, le web est également aujourd’hui le monde de tous les possibles. « Oui, le web peut jouer un rôle fondamental dans les changements fondamentaux. Je suis de ceux qui disent que le web a eu un rôle déterminant dans l’élection d’un président noir aux Etats-Unis. Sans la mobilisation des internautes, Obama n’aurait jamais peut-être été président de la plus grande puissance au monde. Nous sommes aujourd’hui à un moment gutenbergien dans le sens où la révolution Gutenberg, avec l’apparition de l’imprimerie, a entraîné des bouleversements immenses. On a assisté à des autodafés, les gens ne voulaient pas lâcher, la révolution de l’imprimerie ayant connu de grosses résistances. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui avec le web. Des régimes se sont fait les champions de la censure du Net, » s’indigne le juriste Larbi Benothmane.
Le monde a changé, renchérit Ali Sedjari, la démocratie est à l’œuvre et « ce patrimoine collectif qu’est la démocratie nous impose d’autres comportements et surtout de nouveaux modes de gestion et de gouvernance ». « Les pays arabes sont désormais face à une exigence du changement. Je fais ici particulièrement allusion au changement des modes de gouvernance globaux. La démocratisation des choix devient inéluctable. Les événements douloureux de la Tunisie nous renvoient à une éthique de responsabilité », avertit celui qui est président du groupement de recherche et d’études territoriales.
Le web, comme figure militante de la liberté, de la démocratie, de la dignité ? Larbi Benothmane y croit en tout cas dur comme fer. « Nous sommes devant un phénomène technologique qui va contribuer à réduire les chapes de plomb de pouvoirs répressifs. »
Les manifestations des Tunisiens –on compte jusque-là 100 morts en 5 semaines de troubles dans ce pays- mais aussi la mobilisation du peuple virtuel ont eu raison d’un régime autocratique et peu soucieux des libertés et du respect des droits humains. « Ma conviction profonde est que la gouvernance sécuritaire avec son lot d’arrestations, d’emprisonnements et de tortures est périmée. Mais en même temps, le pouvoir tunisien a sous-estimé la force de frappe que pouvaient représenter le web et autres réseaux sociaux. Twitter, Facebook, etc, donnent une formidable liberté », fait valoir Larbi Benothmane, universitaire et auteur d’une réflexion sur « le web et le droit ».
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Le monde a changé, renchérit Ali Sedjari, la démocratie est à l’œuvre et « ce patrimoine collectif qu’est la démocratie nous impose d’autres comportements et surtout de nouveaux modes de gestion et de gouvernance ». « Les pays arabes sont désormais face à une exigence du changement. Je fais ici particulièrement allusion au changement des modes de gouvernance globaux. La démocratisation des choix devient inéluctable. Les événements douloureux de la Tunisie nous renvoient à une éthique de responsabilité », avertit celui qui est président du groupement de recherche et d’études territoriales.
Le web, comme figure militante de la liberté, de la démocratie, de la dignité ? Larbi Benothmane y croit en tout cas dur comme fer. « Nous sommes devant un phénomène technologique qui va contribuer à réduire les chapes de plomb de pouvoirs répressifs. »