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Le solde excédentaire des services marque un net repli à fin 2020



Allégement du déficit commercial à 158,7 milliards de dirhams



Malgré la reprise enregistrée durant les derniers mois de 2020, les données provisoires portant sur l’ensemble de l’année écoulée indiquent une diminution de 11,7% des échanges de biens, selon Bank Al-Maghrib. Il faut dire que les échanges extérieurs du Maroc en 2020 ont été rudement marqués par les répercussions de la crise liée à la pandémie de la Covid-19. « En particulier les perturbations des chaînes de valeur et le repli de la demande et de l’activité », comme l’a relevé la banque centrale dans sa revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière du mois de février 2021. Ainsi, le recul a été de 14,1% pour les importations et de 7,5% pour les exportations. Ce qui induit un allégement de 23,1% du déficit commercial à 158,7 milliards de dirhams et une amélioration du taux de couverture de 4,5 points de pourcentage à 62,4%, a indiqué BAM confirmant ainsi les chiffres publiés récemment par l’Office des changes. Selon Bank Al-Maghrib, « le solde excédentaire des services a marqué un net repli, en lien essentiellement avec la baisse de plus de moitié des recettes de voyage. En revanche, et en dépit des répercussions de la crise sur l’activité économique dans les pays de résidence des MRE, leurs transferts ont affiché une forte résilience », a-t-elle souligné. A l’exception des ventes des phosphates et dérivés et de l’agriculture et l’agro-alimentaire, les données statistiques montrent que la baisse des exportations a été généralisée à l’ensemble des secteurs. BAM en veut pour preuve les ventes du secteur automobile qui ont reculé de 9,3% pour s’établir à 72,7 milliards de dirhams, traduisant des régressions de 12,8% pour le segment de la construction et de 19% pour celui du câblage. La même tendance a été observée du côté des exportations du secteur du textile et cuir qui ont pour leur part accusé une baisse de 19,2% à 29,8 milliards. Ce recul reflète « notamment des baisses de près de 22% pour les vêtements confectionnés et articles de bonneteries et de 15,9% pour les chaussures », a expliqué la banque centrale. C’est pareil pour les ventes du secteur aéronautique qui ont diminué de 28,9% à 12,4 milliards. Tirée par des améliorations de 2,6% pour les produits agricoles et de 1,2% pour ceux de l’industrie alimentaire, les exportations du secteur agricole et agroalimentaire ont en revanche progressé de 0,7% à 62,5 milliards. Tout comme les exportations des phosphates et dérivés qui « se sont accrues de 3,7% à 50,8 milliards, sous l’effet d’un accroissement de 14,2% des ventes des engrais naturels et chimiques dont la part dans le total du secteur a atteint 63% après 57% en 2019 », a noté BAM. Dans sa revue de la conjoncture économique, monétaire et financière du mois en cours, Bank Al-Maghrib a indiqué que la diminution des importations est imputable, en grande partie, à l’allégement de la facture énergétique de 34,7% à 49,8 milliards de dirhams. La banque centrale souligne notamment les reculs de 40% des approvisionnements en «gas-oils et fuel-oils», de 61,4% de ceux en «huiles de pétrole et lubrifiants» et de 14,5% de ceux en «gaz de pétrole et autres hydrocarbures». Dans la même lignée, les achats de produits finis de consommation se sont repliés de 15,9% à 95,1 milliards, avec des baisses de 38% des importations de «voitures de tourisme» et de 15,2% de celles de «parties et pièces pour voitures de tourisme». En baisse de 13,6%, les acquisitions de biens d’équipement se sont établies à 109,6 milliards. Cette régression reflète notamment le quasi-arrêt en 2020 d’importations d’«avions et autres véhicules aériens ou spatiaux» ainsi qu’une baisse de 23,8% de celles des «fils, câbles et autres conducteurs isolés», a relevé BAM. Autre recul signalé, celui des achats de demi-produits qui ont accusé une baisse de 10,9% à 93,1 milliards et ceux de produits bruts de 14,2% à 18,9 milliards. Avec des hausses de 4,3 milliards des approvisionnements en blé à 13,5 milliards et de 1,5 milliard en orge à 2,3 milliards de dirhams, en lien avec la baisse de la production locale, les importations de produits alimentaires ont en revanche connu une augmentation de 15,7%. Elles se sont ainsi établies à 55,3 milliards, selon la banque centrale. Dans la revue de Bank Al-Maghrib, il ressort aussi que le solde excédentaire de la balance des services a de son côté reculé de 31,2% à 60,7 milliards de dirhams, en raison d’une baisse de 56,1 milliards des exportations, plus importante que celle de 28,5 milliards des importations. « En particulier, les recettes de voyage se sont établies à 36,4 milliards de dirhams, en diminution de 53,8%, et les dépenses au même titre se sont repliées de 49,6% à 10,5 milliards », soulignet-elle. Selon la même source, « pour les autres principales rubriques du compte courant, les transferts des MRE ont enregistré une amélioration de 5% à 68 milliards de dirhams ». Avec une diminution plus accentuée des cessions (-41,6% à 10,8 milliards) par rapport à celle des recettes (-22,3% à 26,4 milliards), les statistiques montrent que le flux net d’IDE a enregistré une hausse de 1% à 15,5 milliards. « De même, le flux net des investissements directs des Marocains à l’étranger a baissé de 53,1% pour se situer à 4,7 milliards, résultat d’une hausse de 1,5 milliard des recettes et d’un repli de 3,8 milliards des dépenses au même titre», a poursuivi la banque centrale notant qu’au total, l’encours des avoirs officiels de réserves a atteint 320,8 milliards de dirhams à fin 2020. Ce qui représente 7 mois et 25 jours d’importations de biens et services. 

Alain Bouithy
Mardi 16 Février 2021

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