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Le monde numérique et nous




Au Maroc, même empreint d’une susceptibilité
et souffrant d'un déficit en comparaison aux pays développés, cahin-caha,
il se fraye son bonhomme de chemin


Le numérique ou le digital qui au passage ont la même signification (ce dernier étant plus lié à l’ergonomie) nous submerge de partout. Mais n’ayons crainte de ce monde des temps nouveaux. De sa tendance numérique iso naturelle, il fait bien plus de bien que de mal à notre quotidien, il est pour ainsi dire un bienfaiteur. Nous entourant depuis des années, il est là, présent à chacun de nos faits et gestes bousculant nos modes de transmission des coutumes, nos opinions, les mœurs de génération en génération et tout un ensemble de notions relatives à un passé récent.
Au Maroc, même s’il est empreint d’une susceptibilité et souffrant d'un déficit  par comparaison avec les pays développés, cahin-caha, il se fraye cependant un bonhomme de chemin et réussit parfois à réduire l’écart considérable qui le sépare encore des nations dites en avance pour ce qui est de ces technologies numériques. Pour étayer, il est vrai que l’on assiste ici-bled à la multiplication des start-up, indice indéniable du progrès en la matière. Dans le Royaume, de plus en plus d’entreprises de tous secteurs d’activité font désormais usage du numérique pour se développer, s’améliorer et offrir de nouveaux produits ou services.
Que ce soit celui de la finance, au demeurant le plus concerné par les données numériques, ou celui des transports qui de ses systèmes répondant à différents enjeux, de la médecine, de l’agriculture, de l’énergie pour une gestion intelligente de la consommation, de l’industrie, de la sécurité, du traitement de l’information, du développement des loisirs… le numérique nous guette de partout en nous accompagnant dans notre quotidien. Déterminé qu’il est, à transformer profondément notre société, il révolutionne nos manières de produire et d’interagir avec notre environnement
Depuis les messages sur nos smartphones, en passant par les contacts d’amis de l’achat sur un site e-commerce comme Jumia ou le payement par carte de nos factures de téléphone et Lydec, les technologies numériques réinventent chaque jour notre société et investissent progressivement tous les domaines de notre vie quotidienne.
Mais ne nous leurrons pas, la fracture numérique reste bel et bien réelle au Maroc. Bien avant de nous comparer en tant que nation à d’autres, il est un fait, il existe bel et bien une disparité entre les différentes classes qui composent la société marocaine. Elle est définie par le genre, la classe sociale, le lieu de résidence, l'âge et autres facteurs qui ont une incidence considérable sur la capacité d'une personne à mettre à profit ces nouvelles technologies.
Harmonieusement, ils font du Maroc ce pays de contrastes par excellence pour ne pas dire, de paradoxes. Vivre en milieu rural n’est pas aussi commode pour un internaute que de résider à Casablanca c’est sûr. Dans cette lancée, peu de ‘’chibanis’’ pour la plupart analphabètes ne savent pas ce qu’est Internet et parfois même n’ont jamais utilisé un téléphone mobile alors de là au smartphone on ne vous dit pas et pour les ‘’chibaniates’’ la cause est entendue, vous en conviendrez avant même que d’avoir débuté.
Dans un autre volet et selon le rapport annuel (sept 2017) publié par (Broadband Commission for sustainable development), une commission rattachée à l'ONU, l'organisation s’inquiète des disparités entre les nations équipées et celles en développement et redoute un creusement plus conséquent de ces inégalités. Quand on sait que 52% de la population mondiale pour la plupart dans les pays les moins développés ou en développement, n’a pas accès à Internet on comprend aisément. Même qu’on se dit que quelque part ils sont bien chanceux car loin des dangers que représente ce monde numérique qu’ils ignorent par défaut.
En effet, si les technologies numériques de l'information et de la communication offrent, c’est certain, la possibilité d'un nouveau monde de liberté, elles accordent également des possibilités de surveillance et de contrôle qui font qu’aujourd’hui se joue une bataille aux enjeux extrêmes. Twitter en est l’exemple, l’Oiseau a annoncé avoir fermé dernièrement près de 940.000 comptes faisant « l'apologie du terrorisme » via des procédures internes. En outre, Twitter, Facebook, Google et YouTube sont sous le feu des critiques, accusés en cela d'avoir malgré eux ou volontairement, servis de plateforme à des contenus jugés choquants ou litigieux par les autorités de différents pays ainsi qu’à une propagande venue de Russie pendant la campagne électorale aux Etats-Unis.

Mohamed Jaouad Kanabi
Jeudi 12 Avril 2018

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