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Le mois de privation c’est aussi celui du gaspillage

Changer le mode de consommation et rester en phase avec ceux incapables de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires




Au-delà de la crapuleuse flambée des prix actuelle, qui ne légitime sa raison d’être que lors du mois de Ramadan, la hausse vertigineuse que connaissent fruits, légumes, poisson, viande, œufs, etc (les prix passant, pour certains de ces produits, du simple au double voire au triple), ne sera donc pas prise en considération dans les lignes à venir puisqu’il sera question d’un autre phénomène tout autant douloureux n’en plaise ou déplaise à la ménagère et son panier, c’est le gaspillage alimentaire.
Cette période sacrée étant particulièrement propice à cet état de fait, on se doit donc de faire de cette problématique un enjeu majeur de notre société afin d’y remédier. C’est qu’au Maroc, ce sont près de la moitié (un peu plus de 45%) de nos aliments qui finissent dans les poubelles. Aussi, doit-on être tenus de s’organiser en conséquence, la prise de conscience à elle seule n’étant pas suffisante pour compenser la perte d’une nourriture pourtant propre à la consommation, puisque faite de produits viables au niveau de la chaîne d’approvisionnement.
En outre, histoire d’en purifier le fond de notre conscience justement, la question qui vient à l’esprit et le taraude sitôt, après ce constat, n’en devient qu’un sommes-nous des consommateurs avertis et responsables ? Pour bien s’en laver les yeux au regard d’un petit tour du côté de la grande ou petite surface du coin, nous constaterons que non. Car dans les caddies et les lourds sacs, la moitié de la nourriture s’y trouvant finira, transformée ou pas, sûrement dans les poubelles.  
En effet, nous autres Marocains achetons de la nourriture en quantité démesurée et deviner qu'une bonne partie de ces provisions ne sera probablement pas consommée et donc vouée à être jetée surtout en cette période, n’est qu’un jeu d’enfant. De plus, si l’on se réfère aux dires de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui avance que le gaspillage alimentaire est souvent lié aux habitudes d'achats des ménages, la plupart du temps beaucoup plus importants que leurs besoins et quand on sait qu’il n’est guère recommandé de faire ses courses le ventre creux, on se dit alors, bonjour les dégâts.
La FAO qui précise que le pic du gaspillage est plus important pendant le mois de Ramadan, car il flirte aisément avec les 84,8% dans les pays du Mena où le rite du jeûne est minutieusement observé (Algérie, Egypte, Liban, Maroc, Tunisie, Turquie,…) indique que beaucoup de plats préparés, consommés en partie ou pas, sont du lot des déchets alimentaires bons pour la décharge, le pain et autres produits à base de farine faisant office de référence dans cette configuration devant les produits laitiers, fruits, viandes et légumes.
L’organisation avançant même le côté pécuniaire de la chose qui se chiffre à plus de 51 dollars pour 1% de la population, voyez-y la part du riche, entre 21 et 50 dollars pour les moyennement nantis (11%), alors que l’équilibre, si l’on peut oser dire, se situe entre 6 et 20 dollars (42%). Le Maroc, à des fins de réduction de ce gaspillage de moitié, a souscrit, en juin 2015, en partenariat avec la FAO, à un plan d'action qui s’inscrit à l’horizon 2024.
Bien malin qui nous en dira des choses aujourd’hui car il est, comme qui dirait, un semblant d’échec dans l’espace de ce temps. En effet, à défaut d’actions concrètes sur le terrain, nous sommes loin d’être à l’avant-garde de la lutte pour réduire le gaspillage alimentaire. Pour cela, condition sine qua none, il faudra avant tout au consommateur marocain, changer son mode de consommation à des fins d’empreinte écologique digne et rester en phase avec une bonne partie de l’humanité qui consomme moins sans souvent malheureusement subvenir à ses besoins les plus élémentaires.

Mohamed Jaouad Kanabi
Vendredi 25 Mai 2018

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