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Le coup d’ accélérateur de M’dina bus


Au lieu de mettre à niveau ses véhicules, la société délégataire du transport urbain à Casablanca préfère s’engager dans la propulsion électrique



La COP 22 qui s’est tenue du 7 au 18 novembre 2017 à Marrakech s’est révélée être celle de la concrétisation de nombreux projets qui semblaient pour certains très ambitieux. A ce propos, parmi les innovations technologiques ayant vu le jour à la suite de cette conférence internationale figure la création d’un prototype de bus 100% électrique pensé et développé par la société M’dina Bus. M’dina Bus est une société de transport public urbain par autobus implantée à Casablanca. Il s'agit en réalité d'un groupement d'entreprises composé de la Caisse de dépôt et de gestion, de l'entreprise RATP développement (Régie autonome des transports parisiens), et enfin de la holding marocaine Transinvest. Chacune de ces entreprises représente respectivement 34%, 20% et 46% du groupement qui constitue M'dina Bus. Parmi les grandes orientations stratégiques de cette entreprise, on retrouve la promotion d'une politique de transport écologiquement viable, ayant pour but de remédier au problème de l'augmentation de la circulation, à la saturation croissante du réseau routier ainsi qu'à la hausse des niveaux de nuisance et de pollution. A ce propos, ce moyen de transport vient à point nommé dans une ville de Casablanca qui, comme l'a souligné l'article de Libération paru le 19 mai 2016, est fortement polluée avec un indice de pollution qui s'élève pé- riodiquement à 95% dont 30% seraient liés à la densité des transports urbains. Casablanca est, selon le rapport statistique de l'environnement au Maroc publié en 2006 par le Hautcommissariat au plan, touchée, ainsi que les autres grandes agglomérations, par une dégradation de la qualité de l’air respiré. Ceci entraîne un impact préoccupant sur la santé des populations et l’environnement de manière générale. Ces fléaux sont, faut-il le souligner, en lien direct avec le trafic routier intense ainsi qu'une implantation des unités industrielles et énergétiques. Ce mode de transport 100% électrique s'inscrit dans ce qui est défini comme un mode de transport durable, c'est-à-dire qu'il ne met pas en danger la santé publique et les écosystèmes. Respectant les besoins de mobilité des personnes tout en étant compatible avec une utilisation des ressources renouvelables. Deux années ont été nécessaires pour lancer ce moyen de transport entièrement conçu au sein des ateliers de la société casablancaise. Cela a été une opportunité pour valoriser les ressources humaines nationales respectant ainsi une démarche citoyenne et volontaire. Le prototype développé fonctionne avec un moteur purement électrique synchrone à deux étages, autrement dit un moteur qui produit un courant électrique dont la fréquence est déterminée par sa vitesse de rotation exprimée en tour/min. De plus, le moteur de ce bus possède une puissance de 200 kWh, équivalent à 240 chevaux diesel. Il est doté d'un variateur modulateur qui convertit l’énergie continue en énergie alternative et contrôle les variations de vitesse du moteur. L’autonomie du véhicule, quant à elle, repose sur un dispositif de batteries à gel (qui ne nécessitent ni entretien, ni ajout d'eau distillée) et permettant une indépendance énergé- tique d’environ 250 à 300 km. Pour assurer un rechargement régulier de la batterie, un chargeur adapté a été mis au point permettant une optimisation du temps de charge. Ce bus électrique constitue un premier prototype appelé à être amé- lioré en vue d'une généralisation des modes de transports écologiques dans une société urbaine qui connaîtra une économie verte en expansion. Le dé- marrage de la production de l’e-bus est prévu à partir de 2017. Cependant, si le e-bus est en soi une avancée importante vers un transport public propre et respectueux de l'environnement, il n'en demeure pas moins que l'état des autocars de M'dina Bus est dans l'ensemble défectueux. Par ailleurs, le parc lui-même reste insuffisant pour desservir une demande de plus en plus importante, d'où le malaise récurrent des populations et leur perception souvent négative à l'égard des transports urbains. Ce malaise dénote les difficultés de mobilité des usagers et constitue un défi majeur à l’amélioration de leur condition de vie. Cette situation est d'autant plus alarmante que la population de Casablanca endure depuis plusieurs années déjà une faiblesse de l’offre des services de transport, aggravée par une pauvreté des infrastructures et un accès financier difficile aux moyens de transport. (cf Libération- «Les bus fous de Casablanca» - 10 janvier 2017). De telles difficultés impactent notablement les plus pauvres, lesquels supportent déjà péniblement le chômage, un manque d'accès aux soins, des difficultés administratives et un manque de loisirs et de culture. Par conséquent, la mise en place de bus 100% électriques pourrait être perçue comme une initiative qui ne devrait pas être prioritaire étant donné la situation actuelle des transports publics à Casablanca.

Youssef Kharoufi (Journaliste stagiaire)
Vendredi 10 Février 2017

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1.Posté par Omar le 10/02/2017 21:25 (depuis mobile)
Mdina Bus devrait profiter de cette occasion pour embaucher des conducteurs suisses ou canadiens car la majorité des conducteurs actuels de cette société sont dénués de tout sens de civisme et ne connaissent du code de la route que le nom !!!

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