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Le chômage dans une courbe ascendante: C'est chez les jeunes que le bât blesse le plus



Le nombre de chômeurs est passé de 1.107.000 à 1.429.000 entre 2019 et 2020, soit une hausse de 29%



Le Haut-commissariat au plan (HCP) présente dans une nouvelle note d’information les principales caractéristiques du chômage et du sous-emploi en 2020. Moins d’une semaine après la publication d’un rapport relatif à la situation du marché de travail en 2020, le nouveau document «dresse le portrait de la population en situation de chômage et de sous-emploi en 2020 et son évolution par rapport à 2019», a indiqué l’institution publique. Dans sa précédente note, le Haut-commissariat soulignait une détérioration de la situation du marché du travail en 2020 caractérisée par une destruction des postes d’emploi, une chute du volume horaire du travail et une hausse du chômage, du sous-emploi et de l’inactivité. Une situation marquée par une hausse de 29% du nombre de chômeurs qui est passé de 1.107.000 à 1.429.000 chômeurs entre 2019 et 2020. Soit une hausse de 322.000 personnes «résultant d’une augmentation de 224.000 chômeurs en milieu urbain et de 98.000 en milieu rural» et enregistrée exclusivement parmi les personnes ayant déjà travaillé. Dans sa dernière note d’information, le HCP relève la forte hausse du taux de chômage, particulièrement parmi les jeunes, les femmes et les diplômés, soulignant que le taux de chômage a bondi de 2,7 points, entre 2019 et 2020, passant de 9,2% à 11,9%. Le Haut-commissariat rappelle qu’entre 2019 et 2020, ce taux s’est accru aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, respectivement de 3,7% à 5,9% et de 12,9% à 15,8%. Tandis que le chômage a affiché une progression aussi bien parmi les hommes que les femmes, respectivement de 7,8% à 10,7%, et de 13,5% à 16,2%. Il est à souligner qu’en 2020, «cette hausse du chômage a concerné toutes les catégories d’âge, mais plus particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans dont le taux de chômage a augmenté de 6,2 points, passant de 24,9% à 31,2%», a noté l’institution. Selon les dernières données recueillies, le taux de chômage a enregistré une hausse de 2,8 points parmi les diplômés, passant de 15,7% à 18,5% entre 2019 et 2020. Si les diplômés de niveau moyen ont enregistré la hausse la plus importante de 3,1 points avec un taux à 15,5%, les statistiques montrent que «cette hausse est plus prononcée parmi les détenteurs de certificats en spécialisation professionnelle (28,4%), de diplômes en qualification professionnelle (23%) et de diplômes et certificats de l’enseignement fondamental (14,1%)». A en croire les économistes du Haut-commissariat, le taux de chômage des diplômés de niveau supérieur a, de son côté, atteint 23,9%. Il a enregistré sa forte hausse parmi les diplômés supérieurs délivrés par les facultés (26,1%), suivis des techniciens spécialisés et supérieurs (30,6%). En hausse de 13,5 points par rapport à celle enregistrée en 2019, la part des chômeurs ayant déjà travaillé a atteint 56,2% en 2020, alors que celle des primo-demandeurs d’emploi a accusé une baisse de 43,8% l’année dernière contre 57,2% une année auparavant. Le nombre de chômeurs ayant travaillé a augmenté de 331.000 personnes entre 2019 et 2020, passant de 473.000 à 804.000 au niveau national contre une baisse de 8.000 parmi les chômeurs n’ayant jamais travaillé, passant de 633.000 à 625.000, entre 2019 et 2020. Commentant l’évolution de la part du chômage de longue durée (une année ou plus), le HCP note qu’elle a reculé de près de 12 points entre 2019 et 2020, passant de 68,2% à 56,3%. Et d’ajouter qu’en parallèle la durée moyenne de chômage est passée de 36 à 28 mois entre 2019 et 2020. Quant à la part des personnes en chômage, dû au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur, elle s’est de son côté située, en 2020, à 38,7% contre 26,4% une année auparavant. S’agissant du volume des actifs occupés en situation de sous-emploi, il «a augmenté au niveau national, entre 2019 et 2020, de 126.000 personnes, passant de 1.001.000 à 1.127.000 personnes, de 514.000 à 619.000 personnes dans les villes et de 487.000 à 508.000 à la campagne», a indiqué le HCP faisant ainsi savoir que le taux de sous-emploi a atteint 10,7% au niveau national, 10,1% en milieu urbain et 11,6% en milieu rural. Concernant la part du sous-emploi lié à la durée de travail, le Hautcommissariat affirme qu’elle est passée de 38% à 58% durant la même période. Tandis que «le sousemploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé a enregistré une baisse de 20 points passant, au cours de la même période, de 62% à 42%», a-t-il relevé estimant, dans ce contexte, que la population active occupée en situation de sousemploi lié à la durée de travail, a atteint, en 2020, 655.000 personnes au niveau national contre 385.000 une année auparavant. Quant à la hausse du sous-emploi lié à la durée de travail, qui a concerné tous les secteurs d’activité économique, l’institution publique a noté que «la hausse la plus élevée est relevée dans le secteur des BTP avec un taux passant de 8% en 2019 à 13,2% en 2020 (+5,2 points), suivi par le secteur de l’industrie y compris l’artisanat avec une hausse de 2,9 points, des services de 2,4 points et de l’agriculture, forêt et pêche de 2,2 points». 

Alain Bouithy
Mercredi 10 Février 2021

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