Le calvaire de l'enfant Mouloud El Mahyub aux camps de la honte porté devant le CDH à Genève


Libé
Jeudi 19 Mars 2026

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Le calvaire de l'enfant sahraoui Mouloud El Mahyub, âgé de treize ans, a été porté devant le Conseil des droits de l’Homme à Genève, où des ONG ont dénoncé une situation jugée emblématique des conditions de vie des mineurs dans les camps de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie.

Selon ces ONG, l’enfant a été victime, le 25 février 2026, d’un enlèvement et d’une détention illégale à l’intérieur des camps, au cours desquels il a subi de graves violences physiques, notamment des coups sévères et des brûlures sur différentes parties du corps durant de longues heures, commises par une famille qui réduit la famille de l’enfant en servitude.

Dans une déclaration au nom de l’ONG "Réseau Unité pour le Développement de Mauritanie", Abdelouahab Gain a qualifié cette affaire d’exemple éloquent des violations graves des droits de l’Homme sous leur forme la plus abjecte dans les camps de Tindouf, évoquant "un enlèvement forcé, une détention arbitraire et des actes de torture physique d’une extrême gravité", incluant “des coups violents et des brûlures infligées sur plusieurs parties du corps”.

Selon M. Gain, ces actes ont été commis sur la base d’“une accusation fallacieuse”, ultérieurement démentie par l’expertise médicale, la famille mise en cause ayant reconnu sa responsabilité.

M. Gain a en outre dénoncé “le silence absolu” du polisario et l’absence d’enquête ou de mesures de protection, estimant que cette situation "s’apparente à une forme de complicité institutionnelle", dans un contexte marqué par "l’absence totale de tout contrôle onusien ou judiciaire national indépendant".

De son côté, Hamada El Bihi, qui s’exprimait au nom de l’ONG “Il Cenacolo”, a également déploré l’absence d’annonce d’une enquête indépendante et de mesures visant à protéger la victime ou à engager des poursuites contre les responsables, dénonçant un climat d’impunité persistant.

Le cas de Mouloud El Mahyub a été présenté comme révélateur d’un vide juridique et d’un manque de mécanismes de protection dans ces camps, où sont séquestrées depuis des décennies des milliers de Sahraouis.

“Le risque d’exposer la victime à de nouveaux préjudices physiques et psychologiques irréparables est immédiat et grave”, a averti M. Gain, appelant à “traiter cette situation comme une question de la plus haute priorité exigeant une action immédiate”.

Il a notamment plaidé pour “la protection immédiate de la victime et de sa famille”, “l’ouverture d’une enquête indépendante” et “le déploiement d’une mission onusienne d’établissement des faits”, tout en exhortant la communauté internationale à agir sans délai, faute de quoi “des préjudices irrémédiables” pourraient survenir.

Les intervenants ont enfin souligné que cette situation engage la responsabilité de l’Etat hôte, rappelant son obligation de garantir la protection de toutes les personnes relevant de sa juridiction.

Libé
Jeudi 19 Mars 2026
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