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Le braille, facteur essentiel d’intégration des personnes déficientes visuelles




Le braille, facteur essentiel d’intégration des personnes déficientes visuelles
Des fois, il suffit d’un geste pour en inspirer d’autres. Cet espoir est le carburant d’une rubrique qui fait la part belle à des hommes et des femmes dévoués et impliqués dans l’amélioration du quotidien d’autrui, tout en souhaitant, le plus humblement du monde, que leurs actions deviennent une source d’inspiration. Le sixième épisode braque les projecteurs sur l’Association marocaine pour la réadaptation des déficients visuels (AMARDEV) et notamment son centre de transcription de braille.
Plus de deux siècles après la naissance de Louis Braille, lire reste un défi pour les déficients visuels. Et ce n’est pas la Journée mondiale du 4 janvier censée célébrer l’inventeur du code éponyme, qui risque d’y changer grand-chose. La signature en 2013 du Traité de Marrakech, un texte de loi à la portée internationale qui devait faciliter la production et l'échange de textes adaptés pour les personnes aveugles et malvoyantes, non plus.
Parce que, malgré toute la bonne volonté du monde, la production et l’échange dépendent encore et toujours du bon vouloir de l’auteur, de l’éditeur et de l’illustrateur. «Il suffit que l’un des trois refuse pour que la retranscription du livre en braille tombe à l’eau», nous explique des membres de l’Association marocaine pour la réadaptation des déficients visuels (AMARDEV), avant d’assurer que «jusqu’à présent, nous n’avons jamais été confronté à cette situation. D’autant que généralement les livres que l’on retranscrit sont des contes et des nouvelles pour enfants».
C’est au détour d’une allée du Salon international du livre de Casablanca (SIEL), que nous avons croisé deux membres de l’AMARDEV, assis en première ligne d’un stand dont le but est «d’accroître la visibilité de l’association et les livres en braille que nous produisons pour enfants déficients visuels. Leur offrir un accès à la lecture et à la culture est un impératif», nous indique nos interlocutrices. Une intervention qui, par la même occasion, met en lumière le principal objectif de l’AMARDEV. A savoir : la réadaptation et l’insertion socio-professionnelle des déficients visuels.
Cette volonté est illustrée par le centre de transcription de braille, un code qui permet aux personnes en situation de handicap visuel de lire et d’écrire grâce au toucher, suivant un principe simple : des combinaisons de points en relief sont utilisées pour représenter l'alphabet, la ponctuation, les chiffres et potentiellement tout autre type d'information. «Via le centre, nous essayons de donner les moyens de lire en langue arabe et française à un maximum de jeunes non-voyants âgés de 7 à 15 ans pour une meilleure insertion culturelle», affirme une des membres de l’AMARDEV, au moment où une seconde tient à préciser que si la transformation des livres en braille a un coût, «on ne les vend pas pour autant. On les distribue nominativement. Et des fois, le ministère de la Culture ou un autre ministère prennent part au processus. Ce qui permet de rééditer encore plus de livres».
Outre le partenariat avec le ministère de la Culture, l’AMARDEV a noué un second d’une importance capitale avec l’Université Hassan II de lettres et de sciences humaines d’Ain Chock. Une alliance qui a accouché d’un centre de ressources. Cette structure offre la possibilité aux étudiants universitaires en situation de handicap visuel de retranscrire leurs cours en langues arabe, française ou anglaise, en plus de la numérisation de texte sur CD ou clé USB, sans oublier la transcription en braille de documents. Et ce n’est pas tout.
Le siège de l’AMARDEV accueille une ludothèque aux multiples bienfaits. «Elle permet aux enfants mal ou non-voyants de développer tous les sens dont ils ont besoin au quotidien et apprendre à se déplacer», nous confie une des membres que nous avons interrogés à propos de cet espace où se mélangent des enfants en situation de handicap visuel, scolarisés ou pas, et où sont programmés plusieurs ateliers à l’image des ateliers tissage, collage et formes géométriques.
Mais malgré toute la bonne volonté du monde, l’AMARDEV souffre d’une problématique comme la majorité des associations du pays. «Nous avons un grand besoin en ressources humaines. Les activités de l’association demandent beaucoup de présence. Les bénévoles qui y sont engagés sont insuffisants pour l’instant», concluent nos interlocutrices avec l’espoir que cet appel du cœur ne restera pas lettre morte.

Divers

Arrestation

Les éléments du service préfectoral de la police judiciaire d'Oujda ont arrêté, lundi matin, sur la base d'informations précises fournies par les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), cinq individus, dont deux Algériens, pour leur implication présumée dans un réseau criminel actif dans le trafic international de drogue.
La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a indiqué, dans un communiqué, que les suspects ont été arrêtés lors de plusieurs opérations simultanées menées à Oujda, à Ahfir, à Aïn Beni Mathar et à Beni Adrar, affirmant que les fouilles effectuées dans le cadre de cette affaire ont permis la saisie de 334 kg de chira sous forme de 12 paquets, de 6 voitures et d'une somme d'argent qui serait le fruit du trafic de drogue à l'échelle internationale.
Les mis en cause ont été placés en garde à vue à la disposition de l’enquête menée sous la supervision du parquet compétent, alors que les recherches et investigations se poursuivent en vue de déterminer les ramifications éventuelles de cette activité criminelle, ajoute le communiqué.
Cette opération s'inscrit dans le cadre des efforts continus des éléments de la DGSN et de la DGST pour lutter contre le trafic international de drogue et de psychotropes.

Enquête sur
un filicide


La Brigade de la police judiciaire au Commissariat régional de sûreté de Tikiouine, à Agadir, a ouvert lundi une enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent à l'encontre d'un individu âgé de 39 ans pour tirer au clair les circonstances de son implication dans le meurtre de sa propre fille mineure à l'aide d'une arme blanche.
Les premiers éléments de l’enquête ont révélé que le mis en cause a asséné un coup mortel à sa fille de 7 ans à l'aide d'une arme blanche, au domicile du grand-père de la victime où il vit après s'être séparé de sa maman, indique un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), ajoutant qu'après son crime, le suspect a tenté de mettre fin à ses jours en ingurgitant des pesticides chimiques.
Le prévenu a été placé sous surveillance médicale à l'hôpital où il a été transféré pour recevoir les soins nécessaires, en attendant de le soumettre à une enquête judiciaire pour déterminer les tenants et aboutissants des actes criminels qui lui sont reprochés, conclut le communiqué.

Chady Chaabi
Jeudi 5 Mars 2020

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