Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

«Le bal des suspendus» : Le début d’un optimisme à part




«Le bal des suspendus»  : Le début d’un optimisme à part
A peine âgé de 24 ans,  le jeune étudiant-réalisateur El Mehdi Azzam  de l'Ecole supérieure des arts visuels « ESAV » de Marrakech a remporté le premier prix à la 56ème édition du Festival San Sébastian - Espagne (octobre 2008). Un jury, composé de professionnels, et présidé par le réalisateur acteur et scénariste "Gitaï Amos, lui a décerné ce prix.  Douze écoles ont été choisies parmi les 67 candidates  participant à cette sélection du Festival San Sébastian.  Il a  participé également, en compétition officielle internationale, avec ce film, au  festival de Clermont-Ferrand 2009, le plus grand rendez-vous du court métrage dans le monde.
 Ce film a été réalisé dans le cadre d’un projet de l’école « ESAV » sous la direction du cinéaste marocain Faouzi Bensaidi.
« Le bal des suspendus », un titre choisi avec soin et précision, illustre le quotidien d'un père et son fils liés par un amour sain et propre vivant dans un lieu quasi –désertique à l’écart de la ville et de ses perturbations permanentes. Le film  évoque aussi la grandeur de la nature et sa valeur pour  l'humain.
Ce film commence par un conflit entre deux personnages qui sont les héros de ce film se disputant à cause d'une pioche. Le choix de ce début nous rappelle le conflit de générations que nous vivons. Avec  la suite des événements, nous comprendrons pourquoi le réalisateur a choisi seulement deux personnages masculins : la mère, absente,  est en fait symboliquement représentée par la Terre.
Cette terre et ce ciel ont un rôle prédominant dans le film, une valeur remarquable et sont représentés par un cadrage judicieux.
Le seul moyen de transport choisi est le vélo qui représente la facilité et l'efficacité. Cet élément sera abandonné vers la fin du film. La mort du père sera l'occasion pour le fils de s'installer dans sa maison natale.
Nous constatons que la disposition des personnages, remarquablement variée, est fonctionnelle ; le choix de chaque plan est le fruit d'une  préparation très réfléchie. Le cadrage pour sa part reflète un travail soigné et très précis.
Ce court métrage se caractérise par peu de dialogues. Ces derniers occupent une place  secondaire par rapport à l’image, illustrant ce silence parfait évoqué dès le générique.  Est-ce une manière d’exprimer une révolte ou une critique  du jeune réalisateur à l’adresse d’un certain cinéma marocain trop bavard ?
On ressent dans le film une influence de Faouzi Bensaïdi, notamment dans les plans fixes et le rythme. Un hommage du jeune réalisateur à son encadrant et peut-être à l'un de ses maîtres.
Le film reste néanmoins, une œuvre pleine de potentialités et d’émotion; elle nous  émerveille et nous laisse un regard optimiste sur le  cinéma marocain.

* Etudiante à l’ECAM (Faculté des lettres et des sciences humaines. Marrakech)



Taha Fadila *
Vendredi 17 Avril 2009

Lu 644 fois

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










Mots Croisés