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Le Plan Maroc Vert décliné en actions dans la province des Rhamna

1,3 milliard de DH d'investissements alloués pour la concrétisation de 16 projets dans la province située au nord de la région de Marrakech-Safi




La ville phosphatière de Benguerir a accueilli, dans la journée de samedi, une rencontre organisée par la Direction provinciale de l’agriculture des Rhamna et la Direction régionale du Conseil agricole, en partenariat avec la province. Sous le thème "L’adoption de systèmes agricoles alternatifs pour une agriculture durable", l’entrevue fut l’occasion pour Mohamed Sadiki, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et Forêts, d’annoncer l’octroi d’une enveloppe d’un montant de 1,3 milliard de DH, dans l’optique de soutenir la province dans la réalisation de 16 projets, liés au second pilier du Plan Maroc Vert.
La province située au nord de la région de Marrakech-Safi et limitée au sud par l’Oued Tansift était concernée dans le passé par plusieurs autres projets. En plus de l’acquisition et la distribution de petits équipements agricoles, l’organisation de formations et de visites de terrain au profit des agriculteurs, la distribution de 1670 têtes d’ovins "Sardi", ainsi que 2110 ruches. La province qui subit la raréfaction des eaux d’irrigation, suite à la succession des années de sécheresse, était aussi concernée par la création de 20 points d’eau, la construction et l’équipement de 14 unités de valorisation des produits du terroir, et surtout la plantation de 2500 ha de l’Atriplex, 1500 ha de grenadier, 400 ha d’olivier, mais aussi 23.000 ha de cactus.
 Plante à fleur, le cactus fut au centre de toutes les attentions et notamment celle du département de tutelle. Alors que la large superficie des zones Bour qui dominent la province des Rhamna est compatible avec la culture du cactus, ce dernier fut à la merci des ravages causés par une maladie due à  la cochenille du Cactus. Un insecte que le FAO estime d’origine espagnole. L’intensité qui caractérise les échanges de fruits et légumes entre le Maroc et l’Espagne peut expliquer l’apparition de l’insecte dans le Royaume.
En conséquence, le ministère a élaboré une stratégie dont la finalité est de limiter la propagation de la cochenille. Pour y parvenir, plusieurs actions ont été engagées : le traitement chimique, le déracinement des cactus atteints, l’achat et la distribution des équipements de traitement au profit des associations et coopératives, la réalisation de tests en laboratoires et pratiques sur le traitement biologique, la recherche et la sélection de 8 nouvelles espèces de cactus résistantes à cette maladie qui seront distribuées prochainement aux agriculteurs.
Autant d’actions synonymes de développement socioéconomique local durable, car elles se marient parfaitement avec les changements climatiques et l’extension des zones irriguées, influant ainsi positivement sur le développement de la province des Rhamna, tout en améliorant les conditions de vie et de travail des agriculteurs.
Les projets cités font partie du Plan Maroc Vert, initié en avril 2008 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. L’objectif principal du PMV est justement de faire du secteur agricole un levier prioritaire du développement socioéconomique au Maroc, dans le sillage de plusieurs chantiers majeurs sur le plan national tels que la création d'emploi, la lutte contre la pauvreté ou la protection de l'environnement. Le PMV représente un secteur qui contribue avec 19% au PIB national, dont 15% dans l’agriculture et 4% en agro-industrie. Il emploie également plus de 4 millions de ruraux et crée environ 100 mille postes d’emploi dans le domaine de l’agroalimentaire.
Le noyau de la stratégie du PMV s’articule autour de deux piliers majeurs. Le premier entend développer une agriculture moderne à haute valeur ajoutée avec une production répondant aux normes internationales. Alors que le second a fait des petites agricultures son terrain de prédilection par le développement d’une approche solidaire orientée vers la lutte contre la pauvreté et la diversification des sources de revenus pour les populations rurales les plus vulnérables.
Cependant, garantir la sécurité alimentaire de 32 millions de consommateurs, apanage du PMV, peut s’avérer par moments une tâche ardue. En l’occurrence à cause des nombreuses contraintes. À savoir une faible capacité d’investissement, une très faible participation du système bancaire et une faiblesse du tissu de l’agro-industrie. De plus, l’organisation est souvent inexistante au même titre que l’interprofession. Autres griefs, la gestion traditionnelle des exploitations et des structures d’encadrement inadaptées. Il est également question de morcellement excessif (70 % des exploitations à moins de 2 ha), privant ainsi les agriculteurs de toutes possibilités d’investissement, les contraignant à des cultures vivrières. La complexité du statut juridique du foncier représente lui aussi un dilemme à solutionner, au même titre que le faible taux d’immatriculation et d’enregistrement.

Chady Chaabi
Mardi 16 Janvier 2018

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