Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Le Maroc en branle-bas de combat contre le commerce illicite des espèces sauvages

Un fléau qui prend de plus en plus d’ampleur




La richesse du Maroc en termes d’écosystèmes forestiers et pré-forestiers, lui vaut d’être un hameau idoine pour le développement d’une faune et d’une flore hautement diversifiées. Outre une avifaune évaluée à plus de 480 espèces dont 206 nichent dans le pays, avec plus de 46 espèces menacées, l’abondance des écosystèmes dans le Royaume est symbolisée par une faune mammalienne terrestre qui comprend près de 98 espèces dont 8 sont endémiques du Maroc et 13 considérées comme espèces menacées. Cependant, cette opulence est fortement mise en danger. Car en plus de la dégradation des écosystèmes sous l’effet de la surexploitation des ressources naturelles, la perte et la fragmentation d’habitat, la déforestation, les incendies, le surpâturage, l’urbanisation et la pollution auxquels s’ajoutent les conditions climatiques sévères, ces dernières années, à l’instar de nombreuses régions de la planète, le commerce illicite des espèces sauvages dans le pays s’accélèrent.
Ainsi, à l’occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage (3 Mars) et afin d’éviter à l'hyène rayée, la gazelle dama, le mouflon, le chat sauvage, la loutre, le fennec et autres phoque moine, de se greffer à la longue liste des espèces disparues du panorama naturel marocain, comme le lion de l'Atlas, la panthère, le guépard, l'oryx, l'oryx algazelle et le cerf, le Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), garant de l’élaboration et la mise en œuvre des politiques gouvernementale dans les domaines de la conservation et du développement durable des ressources en faune et flore du Royaume, a organisé des ateliers dans l’optique de renforcer les capacités des agents douaniers et forestiers dans le cadre de la lutte contre le commerce illicite des espèces sauvages. Les villes de Nador et Tanger ont été choisies pour accueillir ces journées de prévention, tenues respectivement du 20 au 22 et du 26 au 28 février.
Dédiée au renforcement des capacités des gestionnaires du HCEFLCD et de l’administration des douanes, à l’éradication du marché des espèces sauvages et des produits dérivés, mais aussi à la réglementation de la détention de la faune sauvage, au même titre que l’amélioration de la coordination avec les partenaires au niveau national et régional, sans omettre le développement d’un programme de sensibilisation à la lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages, ces travaux ont reçu d’une part, l’appui du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), voué a sauvé les animaux, les populations animales et les habitats dans le monde, et d’autre part, celui de la Fondation pour la défense et la protection des animaux (AAP), créée en 1982 en France, en vue de défendre sur tous les fronts la cause animale.
La présence de ces deux institutions mondialement connues et reconnues a permis aux agents douaniers et forestiers de profiter d’une expérience internationale dans la lutte contre le commerce illicite des espèces. Dans les faits, cela s’est décliné par des exercices pratiques dans le domaine de l'inspection et du contrôle au niveau des postes frontaliers.
Ces journées ont également constitué une véritable aubaine pour renforcer la cohésion et l’harmonie entre les acteurs présents, dans le cadre notamment de la mise en œuvre des obligations internationales du Maroc relatives aux dispositions de la CITES.
Ratifiée au milieu des années 70, la Convention internationale sur le commerce illégal des espèces de faune et de flore sauvage ou CITES est un accord international entre Etats. Comme indiqué sur leur plateforme Internet, il a pour objectif de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.
Au niveau national, cet accord s’est traduit par la désignation du HCEFLCD comme organe de gestion qui veille à l’application stricte des dispositions de la convention, en l’occurrence dans le cas où il faut délivrer des permis CITES pour l’importation, l’exportation et la réexportation des espèces.
Dans l’ensemble, ces journées logiquement assimilées aux objectifs de la stratégie 2015-2024 du HCEFLCD, portant sur la préservation des zones humides et des écosystèmes qui les régissent, ne sont pas une fin en soi. En réalité, elles ne sont qu’un outil dont le moteur, indispensable à sa concrétisation, sera à la fois la mobilité, la prise de conscience et la synergie de tous les acteurs œuvrant dans ce secteur.

Chady Chaabi
Mardi 6 Mars 2018

Lu 791 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif











Mots Croisés