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La spoliation du littoral reprend de plus belle

La COP22 désormais dans le rétroviseur




A Taghazout, ONG, associations et communauté de surfeurs se mobilisent pour faire valoir la loi sur la protection du littoral




Marrakech 2016 dans le rétroviseur, voilà que les pelleteuses qui l’avaient mise en veilleuse, une COP22 durant, reprennent de plus belle, leurs travaux de spoliation du littoral et ce au su et au vu de tous, profitant du laxisme voire d’une complicité des autorités locales.
A Taghazout, capitale nord-africaine des sports de glisse et plus particulièrement celui du surf, est, entre projets immobiliers de luxe et résidences hôtelières, actuellement en chantier. Mais si la station d’aménagement du chef-lieu de 5000 habitants -Taghazout Bay- se veut totalement respectueuse depuis son initiation des lois maritimes et environnementales en vigueur, le projet ayant même été certifié HQE (Haute qualité environnementale), SQE (Sécurité, qualité, environnement) et Green Globe, alentours c’est un peu l’anarchie.
En effet, le chef-lieu d’ailleurs qui se targue de posséder des spots de renommée mondiale, à l’image de La Source, Mystery ou Anchor Point, en attirant depuis plus d’un demi-siècle de plus en plus de touristes, se voit aussi envahir de projets immobiliers souvent en infraction avec la loi.  Ils sont en train de fleurir çà et là un peu sauvagement on va dire, menacent carrément de disparition la station balnéaire.
Aussi assiste-t-on, en  à la mobilisation d’ONG, d’associations et de la communauté de surfeurs contre cet état de fait et notamment à La Source où un notable du coin s’est lancé dans la construction par Société Sud Maroc Construction de résidences immobilières en bafouant carrément la loi 81-12 de juin 2015 sur la protection du littoral.
La société en question contactée par Libé tout en reconnaissant avoir entamé les travaux (pied dans l’eau si l’on peut dire car piétinant amplement sur le domaine maritime) n’a pas estimé utile de nous fournir l’identité du commanditaire de ce projet devenu par la force des choses et de l’illégalité celui de la discorde.
Ce collectif de défenseurs de la nature et de sport de glisse qui a, à sa tête Surfrider Foundation Maroc et la Confédération des Entreprises Maroc de Surf touristique est récemment monté au créneau pour faire valoir la loi 81-12.  Constatant en cela  des infractions telles que la prévention et la lutte contre l’érosion, la réduction de la pollution et de la dégradation du littoral, de l’institution d’une zone non constructible adjacente au littoral d’une longueur de 100 mètres calculée à partir de sa limite terrestre et l’implication de la société civile, il en a fait référence à qui de droit sans que d’aucuns n’aient de répondant.
Aussi s’est-il mobilisé pour faire prévaloir des droits comme celui indivisible de l’accès aux sites de surf menacés par ces travaux.
Soucieux de son environnement qui au regard d’une région, véritable richesse et qui devrait être valorisées en tant que patrimoine naturel et où toute une sphère économique s’est développée par la pratique du surf (magasins de location, réparateurs de planches, auberges, restaurants, location de voitures, artisanat, hôtels, gites, etc), le collectif s’inquiète des impacts sur le littoral (la modification de la côte due au terrassement de la falaise, de la pollution durant les travaux de construction et du trouble de la qualité de l’eau dû aux possibles déversements d’eaux usées dans l’océan). Cet environnement est une véritable richesse qui devrait être valorisée en tant que patrimoine naturel.
Il souhaite en outre que des concertations avec la population et les acteurs locaux soient organisées avant l’autorisation de tels projets. Des investissements sont nécessaires au développement de la région, mais doivent suivre une logique durable et valoriser le patrimoine naturel tout en respectant la loi littorale. L’accès au spot doit être garanti, le collectif exige que les études d’impacts sur l’environnement (EIE) de projets sur le littoral prennent en considération ses inquiétudes et enfin, qu’il puisse s’exprimer sur le sujet et soit systématiquement consulté dans le cadre des enquêtes publiques.

 

Mohamed Jaouad Kanabi
Samedi 3 Décembre 2016

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