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La reprise contrariée par le contexte de la pandémie

Le CMC analyse les mutations économiques et les mécanismes d’accompagnement post-Covid





«En dépit de l’espoir permis par la mise au point et la validation de plusieurs vaccins anti-coronavirus, le retour à la vie normale ne se sera pas effective avant 2022, voire 2023», prévient le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa dernière publication mensuelle «Maroc Conjoncture» (n°332).

Dans ce spécial, consacré aux mutations économiques et aux mécanismes d’accompagnement à l’ère post-Covid, le CMC laisse entendre que le Maroc n’est pas encore venu à bout des conséquences de la crise, due au coronavirus, qui a frappé de plein fouet plusieurs pans de l’économie mondiale et nationale.

Pour l’Observatoire privé de l’économie marocaine, spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, le Maroc n’est toujours pas sorti de l’ornière. En effet, alors que toutes les économies de la planète sont confrontées aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, force est de constater que la dette connaît une augmentation rapide à travers le monde au point que «le ratio dette/PIB a atteint des proportions inquiétantes», a-t-il constaté.

Pour le CMC, il ne fait aucun doute que «cette tendance freine, de façon brutale, la reprise économique qui commençait à se dessiner après la crise financière déclenchée en 2007 et fait planer le spectre d’une montée des risques susceptible de plomber la croissance».

Soulignons à ce propos qu’«au Maroc, la dette des ménages auprès des banques et des sociétés de financement continue d’évoluer à un taux annuel moyen de 5% portant ainsi le ratio dette des ménages sur le produit intérieur brut à 31,1% en 2019», selon le CMC. Et l’Observatoire de préciser que les prêts bancaires à la consommation représentent, quant à eux, 37% du total des montants octroyés aux ménages marocains.

Toujours dans le contexte de l’économie nationale, le CMC rappelle en outre que la synthèse des résultats de l’enquête réalisée par le Haut-commissariat au plan (HCP) «apporte un éclairage édifiant quant à l’impact, déstructurant, de cette crise sur les multiples aspects de la vie de milliers d’unités d’entreprises organisées opérant dans les secteurs secondaire et tertiaire».

A noter qu’outre l’activité des entreprises et la dette des ménages, d’autres sujets en lien avec la thématique principale sont également abordés dans cette publication du Centre marocain de conjoncture.

En l’occurrence : l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), la généralisation de la couverture sociale, les relations commerciales entre le Maroc et le Royaume Uni et les perspectives 2021.

Commentant l’entrée en vigueur récente de la ZLECA, le CMC estime qu’elle pose des interrogations quant à ses perspectives économiques, et que celles-ci sont prometteuses. En effet, il explique que «s’il est pleinement mis en œuvre, l’accord pourrait accroître le revenu régional de 7%, accélérer l’augmentation des rémunérations des travailleurs et sortir 98 millions de personnes de la pauvreté d’ici 2035».

Pour les économistes du CMC, le renforcement du commerce intra-africain aurait aussi un impact qualitatif significatif sur la structure des économies du continent. Et, «si elle réussit son intégration régionale et continentale, l’Afrique du Nord serait particulièrement avantagée».

Sur la généralisation de la couverture sociale, le Centre affirme que le Maroc n’a pas dérogé à l’approche ascensionnelle internationale dans la mise en place de son système de protection sociale. Cependant, il juge le regroupement des différentes composantes sous le vocable de système inapproprié, estimant que «celles-ci ne constituent qu’un mécanisme dépourvu de cohésion et de complémentarité ».

Quoi qu’il en soit, le CMC relève que «le chantier le plus important serait celui de la généralisation de la couverture à toutes les couches sociales dans une perspective de consécration d’une universalité inclusive tant convoitée».

S’agissant des relations commerciales entre le Maroc et le Royaume-Uni qui «devront, pour l’essentiel, continuer à obéir aux mêmes dispositions régissant les échanges entre le Maroc et l’UE», l’Observatoire rappelle que l’accord conclu en prévision de la rupture causée par le Brexit est applicable depuis le 1er janvier dernier.

Cependant, si dans l’immédiat, peu de changements sont attendus entre les deux partenaires en matière de commerce et d’investissement, le CMC soutient qu’à terme, «de nouvelles perspectives pointent à l’horizon avec les opportunités d’intensification des échanges et le montage de partenariats et de projets en co-investissement pour la densification des échanges bilatéraux mais aussi pour la conquête de nouveaux marchés».

Quant aux perspectives 2021, le CMC constate qu’«un climat d’incertitudes et de craintes s’est installé poussant à un scepticisme parfois déroutant», après plus d’une année sous l’emprise de la pandémie. Le monde est éreinté, les infections au coronavirus n’arrêtent pas de se propager et à sévir dans toutes les régions de la planète mettant à genoux les systèmes de santé les plus performants. Face à ce sombre tableau, le Centre note que «la question récurrente qui a taraudé les esprits, tout le long de ce morne périple d’une année, a été de savoir comment venir à bout de cette crise».

Alain Bouithy

Libé
Dimanche 14 Février 2021

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