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La qualité des produits politiques partisans


Libé
Vendredi 4 Février 2022

La qualité des produits politiques partisans
Tout individu, quels que soient son niveau scolaire et sa situation matérielle et culturelle, a une certaine représentation de la qualité totale qui survole son univers vital. Il espère la vivre et manifeste des actions et comportements pour combler le fossé profond qui le sépare de l’aptitude de formuler conceptuellement et pratiquement un raisonnement cognitif des bonnes pratiques, engendrant l’épanouissement moral et matériel souhaité. Il aspire s’échapper à la monotonie, soit en s’émergeant dans une vie saine et modeste dont les caractéristiques sont légitimes dans le processus des évolutions historiques de l’être humain, soit en se permettant d’être captivé par un climat dégradant la position de l’homme dans la sphère de l’âme collective, favorisant des complexités menant progressivement au radicalisme fanatique religieux ou gauchiste ou droitier.

Dans ce cadre, l’adhésion à une organisation politique, à croyances doctrinales intellectuelles, manifestant des évolutions critiques des affrontements abusifs,  qui sont tantôt paisibles tantôt brutales, aboutirait certes à la fondation d’espaces partisans marqués par des mutations intellectuelles rapides et des canaux d’expressions constructifs.

Evidemment la fiabilité des organisations politiques reste dans une large mesure liée à leur recherche permanente de devenir leader dans leurs capacités managériales, faisant de la qualité totale de leurs produits politiques une variable évolutive et un vécu impérissable.

Les références pionnières des attachements psychologiques des adhérents partisans trouvent leurs racines profondes dans le champ d’investigation scientifique, de recherche et de développement de l’Association française de normalisation (AFNOR). Cette dernière définit d’une façon simple la qualité d’un produit ou service, toutes natures confondues, comme étant le synonyme de son aptitude à satisfaire les besoins des utilisateurs ou des adhérents, voire des clients ou sympathisants.

Ce concept «qualité» pour une organisation n’est plus désormais enclavé dans un cycle fermé, mais il inclut, aujourd’hui aussi, outre son produit principal, les services complémentaires et/ou ses accessoires associés (par exemple le délai des conceptions, des livraisons, de la valeur incorporée, les prestations après appropriation ou consommation, etc.). La qualité constitue l'un des facteurs déterminants de la compétitivité d'une organisation économique, politique ou culturelle.

Relever le défi de la qualité, aux deux niveaux micro et macro-environnementaux, n’est en fait qu’une série d’enjeux que ladite organisation se doit d’affronter :

Enjeux économiques : La qualité est synonyme de rentabilité. La diminution des coûts de recherche, de développement et de production par la compétence et la méritocratie est considérée comme une priorité dans le système des mœurs mondiales. Il s’agit de la contrainte pesante de gagner en permanence des points forts dans la compétitivité et la confiance citoyenne.
Si la reconnaissance de la renommée d’une entreprise est liée économiquement à la certification internationale, force est de reconnaître que la qualité du produit d’un parti politique est intimement liée aux urnes électorales.
Enjeux idéologiques : ces enjeux consistent en l’élargissement continuel de la base élitiste et celle des sympathisants (clientèle idéologique), l’amélioration de l’image de marque, la diminution des coûts de fonctionnement et delà optimiser le processus de la fidélisation (compétitivité hors valeur matérielle).

Enjeux sociaux : il s’agit de garantir un bon climat social motivant les adhérents et sympathisants, facilitant la satisfaction des besoins psychiques, intellectuels et matériels des citoyens (électeurs), favorisant leur participation active à la politique de qualité, et delà au développement favorable à la réalisation d’un taux de croissance grimpant annuellement aux échelons élevés.

Comme il est prouvé mondialement, la qualité totale est une condition déterminante de l’effervescence rentable aux deux niveaux internes et externes. La satisfaction des besoins et des exigences des ressources humaines internes et des acteurs externes (meneurs des politiques publiques, médias, publicitaires, financiers, associés…) est un défi stressant.

Manager avec optimisation des résultats via l’approche qualité donnerait à l’intérêt général une connotation motivante au niveau de la société et du pays. Dans ce climat de réflexion qui couvre tous les domaines de production de valeurs, la qualité optimale prime sur la qualité maximale. La satisfaction des besoins légitimes des adhérents, l’analyse des contraintes inhérentes à l’organisation et la circulation de l’information constructive font de la qualité totale au niveau interne le moteur de développement de la nation.

Pour se faire, il faut adopter et mettre en œuvre une démarche plaçant le citoyen et la qualité au centre des préoccupations de l’organisation aspirant atteindre des niveaux élevés d’ancrage de sa doctrine. Il s’agit de promouvoir la qualité de son produit politique, de ses processus et de ses services d’accompagnement.

Par cette démarche, toute organisation entre dans une dynamique de progrès permanent visant, à tous les stades, d’atteindre le zéro défaut. Elle entreprend l’ensemble des actions nécessaires pour améliorer en permanence la qualité. Elle n’épargnerait aucun effort pour assurer un travail bien fait en toutes circonstances depuis la préparation (conception des produits) jusqu’au  suivi et évaluation (contrôle, service accompagnant les mises en œuvres des politiques et programmes), en passant par la réalisation (production innovante et la diffusion des savoirs et leurs retombées économiques, politiques et culturelles).

La nouvelle conception de la qualité souhaitée à l’ère du post-modernisme est décrite par le pack des «cinq zéro olympique » :
    Zéro défaut (organisation et création des valeurs sans faille),
    Zéro déperdition et glissement (éviter les coûts lourds de l’affaiblissement subjectif),
    Zéro panne (fiabilité des processus d’élection des leaderships aux niveaux des échelons territoriaux),
    Zéro papier (adhérer à la structure virtuelle),
    Zéro délai (éviter les ruptures de production des idées innovantes).

Atteindre ce niveau de perfectionnement qui s’impose à tous les niveaux de la vie humaine, exige une maîtrise parfaite des règles de la qualité totale. Les leaderships partisans, associatifs et syndicalistes, constituant le cœur de la politique de développement, devraient être dotés de capacités managériales leur permettant de :

Connaître avec exactitude les besoins des citoyens et les intérêts légitimes des militants,
Rechercher toutes les causes d’erreurs susceptibles d’intervenir et les supprimer à la base ;
Définir les différentes étapes de la réalisation des objectifs prédéfinis, les programmer et prévoir et lutter contre les obstacles dans le temps en se donnant une marge de sécurité;
Rechercher les moyens matériels et humains nécessaires à cette réalisation ;
Travailler au moindre coût et en conformité avec les exigences définies dans la phase précédente ;
Prévoir des équipes dirigeantes de l’ombre dans différents domaines de compétence;
Fournir le produit ou programme de travail dans les délais attendus. Il est inutile de le fournir trop tôt, car cela pourrait entraîner des dévaluations. Il vaut mieux pratiquer la politique du «juste à temps» ;
Pratiquer systématiquement l’autocontrôle : vérifier soi-même la conformité de la prestation fournie avec les exigences des citoyens;

S’assurer de la satisfaction finale de l’électeur, corriger tout défaut signalé et détecter continuellement ses nouveaux besoins.

Outre la consolidation de l’équipe de réflexion (substance grise), l’organisation politique devrait veiller sans interruption à l’amélioration de la qualité de ses services. Cette dernière n’est autre que tout ce qui entoure le produit politique et les principales prestations qui lui sont liées. Pour avoir une bonne qualité de service, plusieurs actions sont à mettre en pratique :

La formation sur le management des organisations et les politiques publiques : pour diffuser amplement les valeurs idéologiques partisanes, chaque acteur devrait connaître parfaitement le produit politique de l’organisation tout en lui permettant en permanence d’identifier les besoins de formation ayant une incidence sur la qualité des actions à mener.

La circulation dense et élargie de l’information fiable sur le politique : le partisan et le sympathisant devront disposer d’outils suffisants et performants pour mieux informer les futurs adhérents sur les spécificités innovantes du produit politique de l’organisation et ses fondements doctrinaux.

Une politique de diffusion des idéaux et doctrines partisans : la force de diffusion développée à tous les niveaux territoriaux est un maillon indispensable entre l’organisation et son environnement. Les militants devraient assurer l’échange des flux entrants/sortants de valeurs et des informations avec un grand professionnalisme et avec abnégation. Ils doivent veiller à la garantie et la pérennité des aptitudes nécessaires à mettre en œuvre pour :
Avoir de bons contacts avec les sympathisants et électeurs ;
Communiquer officiellement et publiquement avec un grand impact sur l’opinion publique ;
Pratiquer l’écoute active à tous les niveaux territoriaux ;
S’adapter à chaque type d’électeur dans le sens de le sensibiliser sur les finalités de l’organisation ;
Avoir un bon niveau de culture générale ;
Etre persévérant et résistant au stress et aux rumeurs destructives.

Défendre raisonnablement et durablement le produit politique avec un argumentaire convaincant et justifier à grande échelle sa spécificité intellectuelle. L’organisation devrait avoir une forte politique de communication et de négociation aux deux niveaux internes et externes. Parmi les actions en ce domaine, on trouve la publicité avec ses canaux divers et variés qui vise à faire connaître les innovations doctrinales, à vanter leurs qualités, à générer une image favorable afin d’inciter le citoyen à voter et à adhérer.

Fonder des cycles de qualité dynamiques et évolutifs. Les groupes de travail (5 à 15 militants) sont invités (une fois par semaine) à discuter de la qualité des produits de l’organisation (les problèmes rencontrés et les moyens pour les résoudre). Il s’agit d’un management participatif qui implique un fort attachement des militants à leur parti.

Maintenir les effets positifs des cercles de qualité en perfectionnant le militant à :
Motiver et faire adhérer les sympathisants en les incitant ou en les assistant à rechercher eux-mêmes des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent;
Renforcer l’efficacité du travail ;
Développer l'esprit d'équipe ;
Valorisation personnelle à travers le groupe ;
Comportement plus responsable au travail de conception et de terrain;
Amélioration des relations avec la Direction de pilotage élue démocratiquement ;
Améliorer la compétitivité grâce à l’augmentation de la productivité individuelle.

Conclusion
Si la reconnaissance de la renommée d’une entreprise est liée économiquement à la certification internationale, force est de reconnaître que la qualité du produit d’un parti politique est intimement liée aux urnes électorales. Les choix exprimés sont des manifestations solennelles de confiance, de reconnaissance et de sérénité d’esprit.

Ces choix devraient relever l’enjeu de la consolidation d’une conscience forte des exigences nationales de développement et leur cohérence avec les potentialités de la nation. Ils sont aussi une exploration des aptitudes scientifiques et techniques en progression dans la vie du parti politique.

Par opposition aux règles, les normes de qualité des œuvres partisanes sont des références souples applicables volontairement sur les territoires. Elles sont élaborées par l'ensemble des militants, intellectuels et hommes de terrain, sous la direction des leaderships bienveillants et vigilants.

Néanmoins, malgré la forte liaison de l’évaluation quantitative et qualitative des résultats partisans aux urnes et à l’opinion publique, il serait judicieux de servir mondialement les soubassements nobles de l’existence d’un parti politique par la fondation d’une institution internationale, semblable à l’ISO et à l’OMC. Elle devrait veiller, en réaction aux demandes volontaristes des instances concernées, aux  valeurs déontologiques de l’exercice politique. Les normes managériales et d'assurance qualité partisane devraient s’aligner aux exigences en qualité totale aux domaines militaire, nucléaire, aéronautique, spatial et médical.

Le rattrapage des écarts en valeurs humanitaires caractérisant l’ère du post-modernisme exige l’élaboration de  conventions internationales unifiant et standardisant les normes de qualité des actions politiques partisanes.

Une sorte de certification internationale ne serait qu’un moyen ou support présentant des avantages certains pour:

Présenter des garanties aux militants, sympathisants et électeurs sur la conformité du système qualité aux normes internes applicables par un parti politique et sur l’efficacité de ses actions de développement.
Diminuer ou supprimer les dérapages, les glissements et les manœuvres frauduleuses, qui sont légitimes en apparence et illicites dans le fond.

Valoriser la démarche qualité des partis politiques sur les plans électoral et gouvernemental,
Diminuer ou supprimer les litiges sur la rationalité des multiples audits internes de gestion et les manipulations des règlements de compte individuels ;
Accéder à de nouvelles opportunités de légitimation où les normes internationales sont volontairement reconnues publiquement et sollicités collectivement.

Par Lhoussain BOUKHARTA


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