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La justice allemande autorise la remise à Madrid de Puigdemont pour malversations


Le président indépendantiste catalan en Ecosse pour des discussions historiques



La justice allemande a autorisé jeudi la remise à Madrid du chef indépendantiste catalan Carles Puigdemont pour malversations mais a rejeté le motif plus grave de rébellion pour lequel il est inculpé en Espagne.
"L'extradition pour l'accusation de détournement de fonds publics est recevable, une extradition pour l'accusation de rébellion n'est pas recevable", a indiqué le tribunal du Schleswig-Holstein, précisant que désormais il revient au procureur d'organiser cette remise aux autorités espagnoles et que l'ex-président de la catalogne "Carles Puigdemont reste libre" dans l'intervalle.
Le parquet a précisé par la suite qu'il allait "décider sous peu de l'autorisation d'extrader l'accusé pour détournement de fonds".
La décision du tribunal porte un coup aux chefs d'accusations espagnols, car elle peut empêcher un procès pour rébellion, crime passible de 30 ans de prison en Espagne: "La cour part du principe que le tribunal espagnol respectera (la décision allemande) et qu'il ne poursuivra pas l'accusé Puigdemont pour rébellion en plus de l'accusation de corruption".
Les juges ont aussi rejeté les arguments de l'indépendantiste catalan qui estimait être victime de poursuites politiques et que dès lors son extradition devait être interdite.
"Il est aberrant de porter (une telle accusation) contre l'Etat espagnol, membre de la communauté de valeur et de l'espace juridique de l'Union européenne", estime le tribunal.
Poursuivi pour rébellion et détournements de fonds en Espagne en raison du référendum d'indépendance catalan organisé à l'automne 2017, Carles Puigdemont s'était réfugié en Belgique après sa destitution de la présidence catalane par Madrid et de là voyageait pour tenter d'internationaliser son combat.
Il avait été interpellé fin mars dans le nord de l'Allemagne. Il revenait d'un déplacement en Finlande, en voiture, en route pour la Belgique.
Par ailleurs, la première ministre écossaise Nicola Sturgeon et le président indépendantiste catalan Quim Torra ont tous deux plaidé en faveur du droit à l'autodétermination à l'occasion de leur première rencontre, mercredi à Edimbourg, en Ecosse.
"Le conflit devrait toujours se résoudre par le vote, et jamais, jamais, par la violence et la répression", a soutenu le dirigeant catalan. Il a estimé que le référendum d'indépendance organisé en Ecosse en 2014 constituait "le meilleur exemple" de l'exercice du droit à l'autodétermination.
"Dans l'Europe du XXIe siècle, les problématiques d'autodétermination doivent être traitées par des référendums démocratiques", ont martelé les deux dirigeants dans un communiqué commun. "Les termes de tels référendums devraient être convenus entre chaque partie et recevoir une reconnaissance internationale correspondante".
Plus tôt dans la journée, Quim Torra avait rencontré l'ancienne dirigeante catalane Clara Ponsati, qui vit en Écosse mais pourrait être extradée vers l'Espagne pour avoir pris part à la déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne l'an dernier.
Il a tenu à "remercier le peuple écossais pour sa solidarité, sa générosité, avec Clara".
Clara Ponsati, 61 ans, professeure d'économie à l'université de St Andrew (côte est de l'Ecosse), conteste son extradition réclamée par la justice espagnole.
Pour le président indépendantiste catalan, l'affaire Ponsati "renforce les liens entre l'Ecosse et la Catalogne, deux nations ayant le même objectif, l'indépendance de leurs pays".
Selon Michael Keating, professeur à l'université d'Aberdeen, la rencontre entre les deux dirigeants est devenue possible grâce à un retour "à la normale, à un certain degré", de la situation en Catalogne, après la tentative de sécession d'octobre 2017.
Indépendantistes catalans et écossais ont de longue date des affinités. Preuve en est le soutien apporté par des centaines de Catalans qui avaient fait le déplacement en Ecosse au moment du referendum d'indépendance de 2014, finalement remporté par les partisans du maintien dans le giron britannique (55%).
Les nationalistes écossais avaient eux-mêmes manifesté pour la cause indépendantiste catalane l'an dernier et des élus locaux s'étaient rendus en Catalogne.
Nicola Sturgeon avait, quant à elle, exprimé sa préoccupation quand les forces de l'ordre espagnoles avaient tenté d'empêcher le déroulement du référendum sur l'indépendance de la Catalogne et avaient chargé des manifestants, faisant au moins 92 blessés.
Mais elle avait aussi gardé une certaine distance, soucieuse ne pas parasiter les efforts des Ecossais en vue d'obtenir l'indépendance de leur région, souligne Michael Keating.

Libé
Vendredi 13 Juillet 2018

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