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L’USFP a organisé, samedi 14 février courant, au siège central du parti à Rabat, une journée d’étude nationale sous le thème : «Développement équitable : réforme politique et réformes économique et sociale entre légitimité du choix et efficacité de l’action».
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique préparatoire à l’élaboration du programme électoral du parti en vue des prochaines échéances.
Dans un contexte marqué par le ralentissement de la croissance, l’érosion du pouvoir d’achat des Marocains, l’aggravation des inégalités territoriales et sociales et la fragilité persistante du tissu productif, les intervenants ont plaidé pour des réformes structurelles conciliant efficacité économique et justice sociale.
A cet égard, l’universitaire Abdellatif Komat, spécialiste des mutations économiques nationales et internationales, a dressé un constat critique de la situation actuelle. Selon lui, le pays connaît une croissance sectorielle qui ne se traduit pas par une amélioration tangible des conditions de vie d’une large frange de la population.
Il a pointé les limites d’un modèle économique encore centré sur des secteurs à faible capacité de création d’emplois stables.
Pour ce chercheur, les politiques publiques n’ont pas permis d’asseoir une base productive suffisamment solide pour absorber le chômage, notamment chez les jeunes diplômés. Il a appelé à une réorientation de l’investissement public vers les secteurs productifs et les petites et moyennes entreprises, à la simplification des procédures administratives et à l’encouragement des initiatives locales, au-delà de la seule attraction de grands investissements souvent peu intégrés à leur environnement socio-économique.
De son côté, l’expert en politiques économiques et financières Mohammed Jadri a mis en avant l’existence, pour la première fois, d’une vision stratégique claire à l’horizon 2035, portée par le nouveau modèle de développement. Cette feuille de route vise à renforcer la croissance durable, réduire les disparités et réussir la transition énergétique d’ici 2030.
Parmi les objectifs affichés figurent l’augmentation du taux d’activité des femmes et la consolidation des filières industrielles comme l’automobile et le tourisme.
Toutefois, Mohammed Jadri a souligné la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des stratégies pour faire face aux défis liés à l’eau, à l’énergie, à l’investissement et à la gouvernance.
Sur le plan énergétique, il a rappelé que le pays fait face à un déséquilibre de sa balance énergétique, tout en disposant d’un fort potentiel en énergies renouvelables. Il a insisté sur l’importance d’investir dans le stockage, les infrastructures et la formation professionnelle afin d’optimiser les retombées de ce secteur stratégique.
L’économiste Khalid Achibane a, pour sa part, rappelé les paradoxes de l’industrialisation. Malgré les progrès réalisés dans des secteurs stratégiques comme l’automobile, l’aéronautique ou les énergies renouvelables, l’impact sur l’emploi demeure insuffisant. Le chômage conserve un caractère structurel, particulièrement en milieu rural, tandis que l’industrie peine à absorber la main-d’œuvre disponible.
Il a également mis en lumière la fragilité des petites et moyennes entreprises, évoquant l’absence d’une vision intégrée pour soutenir ce tissu entrepreneurial. L’intervenant a plaidé pour la révision de certains accords de libre-échange afin de mieux défendre les intérêts économiques nationaux et diversifier les partenaires commerciaux.
Pour lui, la question du pouvoir d’achat doit être pleinement intégrée aux politiques industrielles, au même titre que la création d’emplois et la réduction du chômage. La cohérence entre l’action de l’Etat et celle du secteur privé apparaît comme une condition sine qua non pour renforcer l’impact économique et social des politiques publiques.
L’expert du climat Mustapha El Aissat a, quant à lui, abordé la problématique de la gouvernance des ressources hydriques. Revenant sur la politique des barrages initiée sous le règne de feu SM Hassan II, il a rappelé qu’elle avait permis d’assurer une certaine sécurité hydrique et alimentaire malgré des moyens limités.
Aujourd’hui, les effets du changement climatique accentuent la pression sur les ressources en eau. D’importants investissements ont été engagés pour la construction de grands barrages et l’interconnexion des bassins hydrauliques, mais des retards subsistent. Selon lui, les politiques agricoles doivent être réévaluées à l’aune des impératifs écologiques et de la préservation des ressources, afin de garantir un développement durable et la sauvegarde de l’emploi rural.
La journée d’étude a également accordé une place centrale à la réforme sociale. Les intervenants ont débattu des enjeux liés à la généralisation de la protection sociale, à la soutenabilité de son financement et à la réduction des inégalités territoriales.
Dans ce cadre, la chercheuse Bouthaina Felsi a insisté sur la nécessité d’identifier des mécanismes de financement innovants pour assurer la pérennité de la couverture sanitaire et élargir la base des bénéficiaires. Elle a affirmé que le droit à la santé constitue un pilier fondamental de la justice sociale.
Elle a également indiqué que le succès de ce chantier exige des stratégies claires qui garantissent l'efficience et l'efficacité, et répondent aux besoins des citoyens au niveau national, reflétant un engagement à réduire les disparités et à renforcer la solidarité sociale.
Pour sa part, Mohamed Dich, coordinateur national de la Coalition civile pour la montagne, a dénoncé les inégalités territoriales persistantes et appelé à reconnaître les zones montagneuses et oasiennes comme des espaces stratégiques dotés de ressources naturelles et écologiques majeures. Il a plaidé pour leur intégration au cœur des politiques publiques.
Enfin, Karim Belmokaddem, secrétaire général du Syndicat national de la santé publique (affilié à la FDT), a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les infrastructures sanitaires, de valoriser les ressources humaines et d’améliorer la gouvernance du secteur pour garantir des services durables et de qualité.
Il a mis l’accent sur l'importance d'accompagner ce chantier par des mesures pratiques relatives au financement, à l'organisation et à l'évaluation des ressources, insistant sur le fait que le véritable succès de la protection sociale ne se limite pas à l'élaboration de politiques, mais à leur mise en œuvre concrète sur le terrain de manière à garantir que tous les citoyens en bénéficient.
Au terme des débats, un consensus s’est dégagé autour de l’urgence d’engager des réformes structurelles courageuses, dépassant les réponses conjoncturelles. Les participants ont insisté sur la centralité de la justice sociale, la restauration du rôle social de l’Etat et l’alignement des politiques économiques sur des objectifs clairs : emploi, protection du pouvoir d’achat et réduction des disparités régionales.
A travers cette initiative, l’USFP défend une alternative économique fondée sur le soutien à l’investissement productif, l’équité sociale et la consolidation d’une économie nationale compétitive et durable, à même de rétablir la confiance des citoyens dans l’action publique et d’améliorer concrètement leurs conditions de vie.
M.T
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique préparatoire à l’élaboration du programme électoral du parti en vue des prochaines échéances.
Dans un contexte marqué par le ralentissement de la croissance, l’érosion du pouvoir d’achat des Marocains, l’aggravation des inégalités territoriales et sociales et la fragilité persistante du tissu productif, les intervenants ont plaidé pour des réformes structurelles conciliant efficacité économique et justice sociale.
A cet égard, l’universitaire Abdellatif Komat, spécialiste des mutations économiques nationales et internationales, a dressé un constat critique de la situation actuelle. Selon lui, le pays connaît une croissance sectorielle qui ne se traduit pas par une amélioration tangible des conditions de vie d’une large frange de la population.
Il a pointé les limites d’un modèle économique encore centré sur des secteurs à faible capacité de création d’emplois stables.
Pour ce chercheur, les politiques publiques n’ont pas permis d’asseoir une base productive suffisamment solide pour absorber le chômage, notamment chez les jeunes diplômés. Il a appelé à une réorientation de l’investissement public vers les secteurs productifs et les petites et moyennes entreprises, à la simplification des procédures administratives et à l’encouragement des initiatives locales, au-delà de la seule attraction de grands investissements souvent peu intégrés à leur environnement socio-économique.
De son côté, l’expert en politiques économiques et financières Mohammed Jadri a mis en avant l’existence, pour la première fois, d’une vision stratégique claire à l’horizon 2035, portée par le nouveau modèle de développement. Cette feuille de route vise à renforcer la croissance durable, réduire les disparités et réussir la transition énergétique d’ici 2030.
Parmi les objectifs affichés figurent l’augmentation du taux d’activité des femmes et la consolidation des filières industrielles comme l’automobile et le tourisme.
Toutefois, Mohammed Jadri a souligné la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des stratégies pour faire face aux défis liés à l’eau, à l’énergie, à l’investissement et à la gouvernance.
Sur le plan énergétique, il a rappelé que le pays fait face à un déséquilibre de sa balance énergétique, tout en disposant d’un fort potentiel en énergies renouvelables. Il a insisté sur l’importance d’investir dans le stockage, les infrastructures et la formation professionnelle afin d’optimiser les retombées de ce secteur stratégique.
L’économiste Khalid Achibane a, pour sa part, rappelé les paradoxes de l’industrialisation. Malgré les progrès réalisés dans des secteurs stratégiques comme l’automobile, l’aéronautique ou les énergies renouvelables, l’impact sur l’emploi demeure insuffisant. Le chômage conserve un caractère structurel, particulièrement en milieu rural, tandis que l’industrie peine à absorber la main-d’œuvre disponible.
Il a également mis en lumière la fragilité des petites et moyennes entreprises, évoquant l’absence d’une vision intégrée pour soutenir ce tissu entrepreneurial. L’intervenant a plaidé pour la révision de certains accords de libre-échange afin de mieux défendre les intérêts économiques nationaux et diversifier les partenaires commerciaux.
Pour lui, la question du pouvoir d’achat doit être pleinement intégrée aux politiques industrielles, au même titre que la création d’emplois et la réduction du chômage. La cohérence entre l’action de l’Etat et celle du secteur privé apparaît comme une condition sine qua non pour renforcer l’impact économique et social des politiques publiques.
L’expert du climat Mustapha El Aissat a, quant à lui, abordé la problématique de la gouvernance des ressources hydriques. Revenant sur la politique des barrages initiée sous le règne de feu SM Hassan II, il a rappelé qu’elle avait permis d’assurer une certaine sécurité hydrique et alimentaire malgré des moyens limités.
Aujourd’hui, les effets du changement climatique accentuent la pression sur les ressources en eau. D’importants investissements ont été engagés pour la construction de grands barrages et l’interconnexion des bassins hydrauliques, mais des retards subsistent. Selon lui, les politiques agricoles doivent être réévaluées à l’aune des impératifs écologiques et de la préservation des ressources, afin de garantir un développement durable et la sauvegarde de l’emploi rural.
La journée d’étude a également accordé une place centrale à la réforme sociale. Les intervenants ont débattu des enjeux liés à la généralisation de la protection sociale, à la soutenabilité de son financement et à la réduction des inégalités territoriales.
Dans ce cadre, la chercheuse Bouthaina Felsi a insisté sur la nécessité d’identifier des mécanismes de financement innovants pour assurer la pérennité de la couverture sanitaire et élargir la base des bénéficiaires. Elle a affirmé que le droit à la santé constitue un pilier fondamental de la justice sociale.
Elle a également indiqué que le succès de ce chantier exige des stratégies claires qui garantissent l'efficience et l'efficacité, et répondent aux besoins des citoyens au niveau national, reflétant un engagement à réduire les disparités et à renforcer la solidarité sociale.
Pour sa part, Mohamed Dich, coordinateur national de la Coalition civile pour la montagne, a dénoncé les inégalités territoriales persistantes et appelé à reconnaître les zones montagneuses et oasiennes comme des espaces stratégiques dotés de ressources naturelles et écologiques majeures. Il a plaidé pour leur intégration au cœur des politiques publiques.
Enfin, Karim Belmokaddem, secrétaire général du Syndicat national de la santé publique (affilié à la FDT), a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les infrastructures sanitaires, de valoriser les ressources humaines et d’améliorer la gouvernance du secteur pour garantir des services durables et de qualité.
Il a mis l’accent sur l'importance d'accompagner ce chantier par des mesures pratiques relatives au financement, à l'organisation et à l'évaluation des ressources, insistant sur le fait que le véritable succès de la protection sociale ne se limite pas à l'élaboration de politiques, mais à leur mise en œuvre concrète sur le terrain de manière à garantir que tous les citoyens en bénéficient.
Au terme des débats, un consensus s’est dégagé autour de l’urgence d’engager des réformes structurelles courageuses, dépassant les réponses conjoncturelles. Les participants ont insisté sur la centralité de la justice sociale, la restauration du rôle social de l’Etat et l’alignement des politiques économiques sur des objectifs clairs : emploi, protection du pouvoir d’achat et réduction des disparités régionales.
A travers cette initiative, l’USFP défend une alternative économique fondée sur le soutien à l’investissement productif, l’équité sociale et la consolidation d’une économie nationale compétitive et durable, à même de rétablir la confiance des citoyens dans l’action publique et d’améliorer concrètement leurs conditions de vie.
M.T