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La face cachée de FaceApp

L’application russe séduit de plus en plus, mais son exploitation des photos personnelles pose problème




Non contents de leur jeunesse ou peut-être impatients d’atteindre l’âge de la vieillesse, c’est à la manière d’un voyage dans le temps que les internautes marocains, comme partout ailleurs sur la planète, ont massivement utilisé l’application FaceApp qui permet en quelques clics de se voir vieilli. Si les utilisateurs ont été séduits par cet outil développé par une société russe et ont, par conséquent, une vision assez claire des traits de leurs probables visages futurs, a contrario, ils sont dans le flou le plus total concernant l’utilisation de leurs photos par la firme. Libé fait le point sur les risques inhérents à cette pratique plus répandue que jamais.
 
Comment ça marche ?

Créée par la société russe Wireless Lab, l’application profite du « FaceApp » Challenge pour voir sa cote de popularité grimper. Le succès est tel que FaceApp est l’application gratuite la plus téléchargée en ce moment sur Google Play et elle compte plus de 100 millions d’utilisateurs. Un succès également amplifié grâce aux stars qui s’y sont adonné à l’instar du rappeur canadien Drake ou du champion de basket NBA Stephen Curry. 
Concrètement, l’appli propose deux versions, l’une gratuite et l’autre payante. De manière générale, elle permet de changer un visage grâce à plusieurs filtres. Le plus populaire d’entre eux étant le filtre vieillissant. Comment ? Tout simplement en téléchargeant une photo sur l’application. Après, FaceApp charge la photo en question sur son serveur pour que l’utilisateur puisse y apporter les modifications voulues au visage dans l’environnement cloud de l’appli. Et c’est justement là où le bât blesse.  

Que deviennent les photos une fois enregistrées par l’application ?

C’est la question qui fâche. Et c’est peu de le dire. Car en vérité, après avoir téléchargé la photo sur l’application, l’image est à la merci de Wireless Lab. En effet, comme l’a récemment montré le quotidien français ‘’Le Monde’’, alerté par des articles parus sur le site TechCrunch, les conditions d’utilisation relatives à la gestion des photos offrent à la société la possibilité de modifier, réutiliser ou exploiter par la suite la photo retouchée. Cela va sans dire que cette situation fait peser de vagues soupçons sur le respect des données personnelles des utilisateurs. Dans ce sens, le patron de la société russe, Iaroslav Gontcharov, a assuré au Washington Post que les photos n’avaient aucune autre finalité et que la plupart étaient éliminées des serveurs de Wireless Lab dans les 48 heures après leur téléchargement. Et d’ajouter que si la société était bien basée en Russie, les données des utilisateurs n’y étaient pas transférées.
Néanmoins, factuellement, il se pourrait que l’entreprise russe utilise des clichés pour affiner son logiciel de retouche, voire faire de la publicité. Ce dont on est sûr, c’est que FaceApp met encore une fois sur le devant de la scène les questions liées à la gestion des données personnelles. 
 

Chady Chaabi
Mercredi 24 Juillet 2019

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