La fac en débrayage

Le SNE-Sup dénonce l’adoption manu militari du projet de loi 59.24


Mourad Tabet
Lundi 2 Mars 2026

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Le Syndicat national de l'enseignement supérieur (SNE-Sup) a décidé d’observer un débrayage de deux jours en guise de protestation contre le projet de loi n° 59.24 sur l'enseignement supérieur. Les professeurs universitaires entendent ainsi exprimer leur ras-le-bol contre un projet de loi controversé que le gouvernement veut adopter manu militari.

En effet, le SNE-Sup a annoncé une grève nationale générale les 3 et 4 mars courant, qui concernera les professeurs-chercheurs de tous les établissements d'enseignement supérieur et de recherche scientifique, affiliés ou non à l'université, en application de la décision de sa commission administrative réunie dimanche 15 février 2026.

En ce sens, le bureau national du SNE-Sup a appelé les membres des bureaux locaux et régionaux et de la commission administrative, ainsi que les représentants des professeurs au sein des commissions administratives paritaires à veiller à ce que la grève se déroule dans un climat de mobilisation et de responsabilité, avec l’organisation de rassemblements locaux et régionaux pendant les deux jours de grève.

Le syndicat a confirmé que la grève comprend un boycott de toutes les activités pédagogiques, y compris les examens, les délibérations, les séminaires, les réunions scientifiques et les rassemblements dans diverses structures d'enseignement supérieur et institutions de recherche scientifique, affiliées ou non à l'université, pendant cette période.

La grève a été déclenchée suite à l'obstination du gouvernement à adopter le projet de loi n° 59.24 sur l'enseignement supérieur sans concertation et sans tenir compte des amendements proposés par les conseillers de la deuxième Chambre ni des revendications syndicales. Le SNE-Sup s’inquiète également de l'adoption de dispositions réglementaires ultérieures susceptibles de nuire aux acquis des professeurs, notamment en matière de gratuité de l'enseignement, de promotions et d'ancienneté. De plus, il critique les décisions relatives aux établissements de formation et les retards dans le traitement des dossiers administratifs en suspens. Il considère ces éléments comme une justification pour intensifier les protestations et recourir à la grève comme moyen de pression pour faire plier le gouvernement aux revendications des professeurs.

Le SNE-Sup estime que ledit projet de loi n'offre pas de garanties suffisantes pour améliorer l'enseignement universitaire et assurer la stabilité des établissements, et met en garde contre les répercussions de sa mise en œuvre sans concertation avec les acteurs concernés.

Il confirme que cette grève marque le début d'un mouvement de protestation qui se poursuivra tout au long du mois de mars. Ce mouvement comprendra des sit-in et des rassemblements visant à obtenir de meilleures conditions professionnelles, à garantir la dignité des professeurs et des chercheurs et à assurer l'indépendance des décisions académiques.

Cela devrait fortement perturber le déroulement des cours, des examens et les services administratifs dans les facultés et établissements d'enseignement supérieur.
A rappeler que la commission administrative du SNE-Sup tiendra une réunion le 12 avril prochain pour évaluer les résultats de ce mouvement de protestation.

Il y a lieu également de souligner que les professeurs universitaires ont déjà observé un débrayage les 3, 4 et 5 février dernier, au sein de l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur en guise de contestation de la volonté acharnée du gouvernement d’entériner ledit texte de loi au centre de la controverse.

Mourad Tabet

Mourad Tabet
Lundi 2 Mars 2026
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