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La croissance de l’économie nationale à la croisée des chemins

+3,9% de taux de croissance à la fin 2017 et seulement +2,6 prévus par le HCP au premier trimestre 2018




2017 s’est achevée sur une note positive pour l’économie nationale, mais 2018 s’annonce sous de moins bons auspices.
Selon les principaux indicateurs économiques dévoilés récemment par le Haut-commissariat au plan (HCP), l’économie nationale aurait réalisé une croissance de 3,9%, au quatrième trimestre 2017, au lieu de +1% une année auparavant.
«Cette évolution aurait été portée par un accroissement de 14,2% de la valeur ajoutée agricole, au lieu d’une baisse de 13,7% au cours de la même période de 2016», a expliqué le HCP.
L’organisme public a aussi indiqué que les prix des céréales et des légumineuses se seraient infléchis de 3,5% et 4,1%, respectivement, en variations annuelles, sur fond d’une offre locale plus abondante.
Il a fait référence, en particulier, aux disponibilités de blé tendre et des lentilles qui auraient connu une sensible augmentation au terme de la campagne agricole 2016/2017, suite à une hausse de leurs rendements de 5,9 points et 8,1 points, respectivement, en comparaison avec la campagne antérieure.
Dans son dernier point de conjoncture de l’année 2017, le HCP a indiqué, par ailleurs, que les prix des cultures fruitières auraient, également, connu une inflexion à la baisse ; la progression des températures de l’été et du début d’automne ayant favorisé la précocité des récoltes des fruits d’hiver.
En revanche, le Haut-commissariat a noté que «l’abaissement des niveaux de remplissage des barrages et le déficit pluviométrique de l’automne 2017 auraient pénalisé la production des primeurs et favorisé une hausse des prix à la consommation des légumes de 5,1%, en variation annuelle».
Selon la note, la valeur ajoutée hors agriculture aurait connu, pour sa part, une hausse de 2,8% durant cette même période, au lieu de +2,6% une année auparavant, tirée par les activités tertiaires et minières.
Contribuant pour près de 1,2 point à la croissance globale du PIB, le secteur tertiaire aurait continué de soutenir l’activité économique, grâce notamment à la bonne orientation du commerce, du transport aérien et des activités touristiques, dont la valeur ajoutée se serait accrue de 7,9%, en variation annuelle, a poursuivi le HCP.
Selon l’organisme, la VA du secteur secondaire se serait affermie de 3% au quatrième trimestre 2017, soutenue notamment par la hausse de 13,9% de la VA minière, au lieu de +3,7% une année auparavant ; les industries manufacturières auraient poursuivi leur tendance modérée, pour la troisième année consécutive, affichant une croissance de 2%, au quatrième trimestre 2017, alors que le secteur de la construction aurait maintenu sa tendance haussière modérée pour le deuxième trimestre consécutif, affichant ainsi un accroissement de 1,1% de sa valeur ajoutée, au quatrième trimestre 2017.
S’agissant des prix à la consommation, le HCP a indiqué, qu’après deux trimestres de ralentissement, ils auraient légèrement accéléré, au quatrième trimestre 2017, affichant une hausse de 1,1%, en glissement annuel, au lieu de +0,2% un trimestre plus tôt.
A propos de la demande étrangère adressée au Maroc, le HCP a indiqué qu’elle se serait affermie de 5,1%, au quatrième trimestre 2017, en ligne avec l'évolution du commerce mondial.  Aussi, «le déficit de la balance commerciale au niveau national se serait allégé de 3,4% et le taux de couverture aurait gagné 2,6 points, pour se situer à 57,6%», a-t-on indiqué.
Soutenues par la demande intérieure, les importations auraient, quant à elles, progressé de 9,8%, en variation annuelle.
A noter aussi qu’au cours de ce même trimestre, la demande intérieure privée aurait poursuivi sa tendance haussière amorcée en 2016.  
Selon le HCP, «la consommation domestique aurait évolué dans un contexte d’une légère hausse des prix à la consommation, après deux trimestres de détente. Elle aurait profité, en grande partie, aux produits importés; les importations de biens de consommation auraient progressé d’environ 6,9%, en glissement annuel».
Autres indicateurs, la croissance de l’investissement qui se serait accélérée par rapport au début de l’année 2017, pour se situer à 3,1%, en variation annuelle, contribuant, ainsi, pour près de +0,9 point à la croissance du PIB ; et l’investissement public en infrastructures de base qui se serait renforcé, pour sa part, par rapport au début de l’année. «Tandis que l’investissement en construction, en ralentissement depuis la mi-2008, serait resté relativement modéré, pâtissant d’une faiblesse de la demande adressée à l’habitat», retient-on.
Soulignons que la croissance de la masse monétaire se serait légèrement accélérée par rapport à l’année 2016, se situant à 5,4% en glissement annuel, au lieu de +4,7% une année auparavant. Pour sa part, le besoin de liquidité des banques se serait tempéré, sous l’effet de l’atténuation de la baisse des réserves internationales nettes, limitée à -5,8%, au lieu de -10,4%, un trimestre plus tôt.
Les créances nettes sur l’administration centrale auraient poursuivi leur progression, marquant une hausse de 15,7% de l’endettement monétaire du Trésor. Pour leur part, les créances sur l’économie auraient continué d’évoluer sur un sentier de croissance ascendant, tirées particulièrement par la hausse des crédits accordés à l’équipement des entreprises et au secteur de l’immobilier.
Le HCP a noté aussi une nette décélération des indices boursiers. Le marché des actions aurait connu une réduction de ses gains annuels au cours du quatrième trimestre 2017 alors que les indices MASI et MADEX auraient progressé respectivement de 6% et 5,4%, en glissements annuels, après des hausses de 20,9% et 20,2%, le trimestre précédent.
«Les cours des actions auraient subi des ajustements, sur fond d’anticipations favorables des investisseurs qui auraient buté sur les réalisations comptables semestrielles des sociétés cotées, toujours positives mais dont l’évolution aurait été moindre que prévue», a-t-il noté soulignant que le rythme de progression de la capitalisation boursière aurait aussi ralenti, passant de +21,3% à +7,2% entre les deux trimestres successifs.
Des prévisions pour le premier trimestre 2018, il ressort que «la croissance des activités non-agricoles se poursuivrait au rythme de +3,2%. Avec une baisse anticipée de 3,1% de la valeur ajoutée agricole, la croissance de l’économie nationale ralentirait à +2,6%, au lieu de +3,8% une année plus tôt», a prévenu le Haut-commissariat au plan.

Alain Bouithy
Jeudi 4 Janvier 2018

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