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La Banque mondiale débloque 180 millions de dollars en appui à une agriculture durable au Maroc


Alain Bouithy
Lundi 28 Mars 2022

Le prêt alloué entend renforcer la gouvernance des ressources hydriques dans le secteur agricole, selon l’institution de Bretton Woods

La Banque mondiale débloque 180 millions de dollars en appui à une agriculture durable au Maroc
Face à la pression accrue des changements climatiques et de la croissance démographique sur les ressources hydriques et foncières du pays, la Banque mondiale décide de débloquer un financement d’un projet d’investissement d’un montant de 180millions de dollars en faveur du Maroc. Cette opération vise à appuyer une agriculture résiliente et durable au Maroc, a indiqué l’institution internationale dans un communiqué précisant que le prêt ainsi alloué est destiné au Projet pour une gestion de l’eau résiliente et durable dans l’agriculture (RESWAG). L’organisme international en est persuadé : ce projet constitue un programme innovant et inédit qui améliorera les usages agricoles face à la raréfaction des ressources en eau. « Il allie investissements structurels, avec la modernisation des services d’irrigation et de drainage, et investissements immatériels destinés à renforcer la gouvernance des ressources hydriques et à apporter des services de conseil agricole aux cultivateurs », estime de même source l’institution de Bretton Woods. Selon les explications de la Banque mondiale, cette opération devrait ainsi permettre au Maroc de « renforcer la gouvernance des ressources hydriques dans le secteur agricole, améliorer la qualité des services d’irrigation et élargir l’accès des agriculteurs à des conseils techniques dans ce domaine ». Et donc de faire face, un tant soit peu, à la sécheresse historique qui sévit cette année dans le pays. L’organisme rappelle à ce propos que « le Maroc vit sous la menace d’une pénurie d’eau. Les précipitations en baisse et la multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes comme les sécheresses et les canicules provoquent une réduction du débit des cours d’eau et une augmentation de l’évaporation ». Ce n’est pas tout. Puisque l’essor démographique, considéré comme le plus grand recours à l’irrigation pour les cultures et le développement, pèsent également sur les ressources en eau renouvelables, constate la Banque mondiale. « Le manque d’eau crée un cercle vicieux de surexploitation des aquifères. Un temps plus chaud et plus sec ne fera qu’accroître les besoins en irrigation pour les plantations, ce qui accentuera la pression sur des ressources en eau déjà limitées », souligne l’organisme. Le soutien qu’entend apporter la Banque mondiale à l’agriculture marocaine à travers ce financement trouve sa justification dans le fait que «l’agroalimentaire est un moteur crucial pour le développement économique et social de la population marocaine », comme le relève Jesko Hentschel, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte. Cité dans ce communiqué, ce dernier rappelle que le secteur représente 21 % du PIB et près de 39 % de l’emploi. Des taux qui sont encore plus élevés en milieu rural. « L’agriculture figure au cœur des ambitions économiques et sociales du Maroc, et ce financement de projet vient soutenir ce secteur vital, en s’inscrivant dans le droit fil de la stratégie «Génération Green», du Plan national de l’eau et du Nouveau modèle de développement poursuivis par le pays », souligne-t-il. A titre de rappel, le nouveau projet de gestion hydrique auquel la Banque mondiale apporte un soutien financier s'articule autour de trois volets. Le premier volet dudit projet a pour ambition d’améliorer le cadre de gouvernance de l’eau et garantir des prélèvements durables dans le secteur agricole. Comme le relève Rémi Trier, spécialiste senior de la gestion des ressources en eau et coresponsable du projet, sa première composante vise à compléter les investissements de longue date du Maroc dans la gouvernance de l’eau. Précisons qu’elle revêt trois axes stratégiques prioritaires en matière de conservation de l’eau. Il s’agit de l’assouplissement du processus d’allocation des ressources hydriques, l’optimisation de la gestion des aquifères et une meilleure connaissance des effets des programmes d'amélioration de la productivité de l’eau, rappelle-t-il. Ces axes stratégiques visent à « affiner et réajuster les politiques dans un souci de prise en compte des enjeux climatiques », explique Rémi Trier. L’approche adoptée dans le deuxième volet, qui consiste à fournir des services d’irrigation et de drainage climato-intelligents à travers le déploiement de techniques de conservation de l’eau sur de nouvelles surfaces, parait tout aussi intéressante pour la Banque mondiale. Elle « favorisera la résilience aux sécheresses, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le stockage de carbone dans les sols », note l’institution. Et d’estimer que cette approche implique de moderniser les équipements hydrauliques(réseaux d’irrigation, canaux…) et de donner aux gestionnaires publics chargés de l’irrigation les moyens d’optimiser les services d’irrigation et de drainage. Pour l’organisme international, il ne fait aucun doute que les bénéficiaires seront les petits exploitants agricoles des grands systèmes d’irrigation à gestion collective. Dans son troisième volet, le programme prévoit d'apporter à 23500 agriculteurs des services de conseil visant à optimiser les investissements, à renforcer la résilience climatique et à intensifier la productivité de l’eau, relève la Banque mondiale. Ainsi que l’explique Safaa Bahije, spécialiste des ressources en eau et coresponsable du projet, « le projet prévoit d’appuyer l’agence nationale chargée des services de conseil agricole afin d’élargir l’accès des agriculteurs à des services de conseil adaptés aux enjeux climatiques ». Le projet, qui accordera également une attention particulière aux femmes et aux jeunes agriculteurs, entend ainsi« accroître la portée et la qualité de ces services dans les zones irriguées, notamment grâce à la formation de conseillers publics et l’embauche de consultants», précise cette dernière. Ce qui devrait faciliter la transition des agriculteurs vers des techniques d’irrigation modernes, assure-t-elle. 


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