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Si l'égalité femmes-hommes, objectif fixé par l'Organisation des Nations unies, risque fortement de ne pas être atteinte d'ici à 2030, c’est à cause de l’insuffisance des efforts fournis par les gouvernements. Mais comment l’ONG est-elle arrivée à cette conclusion ? En se basant sur un “nouvel indice des genres”, le rapport a compilé une cinquantaine d'indicateurs et objectifs de développement durable définis par l’ONU, tels que la santé, la violence fondée sur le sexe et les changements climatiques.
Dans nos contrées, cette inégalité est principalement symbolisée par l’ODD 17. Ce critère obtient le score le plus bas (33/100). Autrement dit, il existe une inégalité au niveau des partenariats noués en termes d’ouverture des données statistiques, mais aussi de dépenses gouvernementales.
Face aux changements climatiques, les femmes et les hommes ne sont pas plus égaux dans notre pays comme le montre le score relatif à l’ODD 13. Pourtant, d’après OXFAM international, les femmes sont en première ligne lorsqu’il s’agit de subir les effets dévastateurs du changement climatique, car considérées comme piliers des sociétés, elles détermineraient le plus souvent la capacité des communautés à s’adapter ou à se remettre d’une catastrophe.
L’un des deux derniers critères, dont la note n’atteint pas la moyenne au Maroc, est l’égalité des sexes (ODD5). Il comprend notamment des données liées aux violences conjugales. Un score corroboré, entre autres, par les résultats préliminaires de la deuxième Enquête nationale sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes, lesquels révèlent qu’une femme marocaine sur deux interrogées, a déjà été victime d’une forme de violence au cours de sa vie. L’autre critère (48.1/100) révèle, quant à lui, une inégalité quant à l’accès aux infrastructures et à l’innovation (ODD9).
Bien qu’ils soient notés légèrement au-dessus de la moyenne, plusieurs autres indicateurs illustrent tout autant ces inégalités. A commencer par l’ODD 8 relatif aux chances de travail et à la croissance économique (51.8/100), tout comme l’accès à l’éducation (ODD4). Sans oublier de mentionner les efforts à fournir pour améliorer l’accès aux infrastructures et à l’innovation, et pour réduire les inégalités au niveau des revenus et des libertés (ODD 10).
A contrario, le rapport a également mis en avant quelques notes d’espoir. En effet, le tableau n’est pas totalement sombre, puisque le Maroc obtient de très bonnes notes (89.4) quant à l’égalité d’accès à l’énergie, à la santé (83.4) et en matière de lutte contre la faim (75,7). Mais on ne sait pas s’il faut vraiment s’en réjouir tant la balance est loin d’être équilibrée dans le monde.
«A seulement 11 ans de sa cible, notre indice révèle qu’aucun des 129 pays étudiés n’a transformé ses lois, ses politiques ou ses décisions budgétaires publiques à l’échelle requise pour atteindre l’égalité des genres d’ici 2030», déplore via communiqué Alison Holder, directrice de l’organisation. Et d’ajouter avec une pointe d’amertume : «Nous ne tenons pas les promesses d’égalité entre les sexes annoncées dans les (Objectifs de développement durable) pour des milliards de filles et de femmes».
Et pour cause, le rapport indique, par ailleurs, que 40 % des femmes vivent dans des pays aux notes très faibles. Dévoilé lors d’une conférence dédiée aux droits des femmes organisée à Vancouver, la « Women Deliver 2019 », il soutient qu’en moyenne, les 129 pays étudiés obtiennent 65,7 sur 100, soit une note «faible». Les pays les plus égalitaires, selon l’indice, sont le Danemark, la Finlande, la Suède, la Norvège, et les Pays-Bas. En revanche, le Niger, le Yémen, le Congo, la RDC et le Tchad, des pays récemment confrontés à des conflits et à des situations précaires, sont les moins égalitaires.
Pour Melinda Gates, coprésidente de la Fondation Bill & Melinda Gates, «ce rapport devrait sonner l’alarme dans le monde. Nous n’atteindrons pas les Objectifs de développement durable si 40% des filles et des femmes vivent dans des pays où l’égalité des genres n’est pas assurée». Cela dit, entre les paroles et les faits, il existe un fossé aussi grand que celui entre hommes et femmes dans le monde.