L’OCP face à un dilemme : Les intérimaires perturbent la SMESI


LARBI BOUHAMIDA
Jeudi 10 Septembre 2009

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L’affaire SMESI continue de faire couler beaucoup d’encre. Outre les sit-in organisés et les campagnes de solidarité lancées à travers le Maroc, la question  taraude désormais la conscience de grandes entreprises employant des travailleurs intérimaires. Particulièrement l’OCP et l’ONE dont les nouveaux plans de développement exigent le recrutement de milliers d’ouvriers temporaires pour mener à bien les projets programmés. De fait, nombre de ces entreprises ferment les yeux sur les dispositions légales relatives au travail temporaire aux sociétés d’intérim. En effet, rare, pour ne pas dire, aucune de ces entreprises ne respecte l’article 496 du Code du travail qui stipule que : «   Tous ceux qui ont recours à ce genre d’employés doivent préalablement consulter les organisations représentatives de leurs propres salariés dans l'entreprise et les temporaires ne devraient effectuer que des travaux non permanents appelés « tâches » et uniquement dans des cas spécifiques. Et en l’occurrence pour remplacer un salarié par un autre en cas d'absence ou de suspension du contrat de travail, à condition que ladite suspension ne soit pas provoquée par la grève, l'accroissement temporaire de l'activité de l'entreprise , l'exécution de travaux à caractère saisonnier, l'exécution de travaux pour lesquels il est de coutume de ne pas conclure de Contrat de travail à durée indéterminée en raison de la nature du travail ».
De plus, une commission spécialisée tripartite est créée en vue d'assurer le suivi de la bonne application des dispositions légales et, cerise, sur le gâteau, ils ne doivent contracter qu’avec des sociétés d’intérim agréées par l’Etat.
Concernant la filiale de l’OCP, SMESI/Régie, cette dernière  clause a été respectée, ce qui ne peut justifier le mouvement des protestataires entamé depuis juillet dernier. Mais des doutes planent sur l’application des autres dispositions pertinentes de cet article.
 A propos de ces sit-in et protestations répétitifs, l’Office chérifien des phosphates (OCP) a souligné via un communiqué que  « les personnes qui observent ces sit-in à Khouribga pour protester contre le refus du Groupe de les intégrer et de leur permettre d’accéder à ses chantiers, sont liées en droit à des sociétés d’intérim seules habilitées à les gérer et ne peuvent prétendre à ce titre à leur intégration au sein du Groupe» .
Et d’affirmer qu’il n’a procédé à aucun licenciement dans la mesure où les protestataires, qui prétendent relever de SMESI/Régie, « n’ont aucun lien ni juridique, ni contractuel ni avec le Groupe, ni avec sa filiale SMESI». C’est ce qu’ont affirmé, d’ailleurs, plusieurs sources syndicales.
Le Groupe OCP, a souligné ledit communiqué,  n’a fait que se conformer aux décisions prises par leurs employeurs à l’encontre de certains de leurs employés, ajoutant que ces décisions ont été dûment notifiées au Groupe par ces sociétés, qui continuent de maintenir en activité plus de 200 personnes sur les chantiers du Groupe.
Quant aux  entreprises d’emploi temporaire FK Services, Good Team Interim et Glonet, elles ont déclaré que 25% de cet effectif, environ 850 agents temporaires, sont en activité normale à ce jour; le reste de ces agents est en arrêt de travail pour le motif de refus de signature du contrat de mission temporaire  ou absences répétitives non justifiées. Lesdites sociétés ont souligné dans leur communiqué commun que l’ensemble des agents temporaires mis à la disposition de l’OCP SA est lié juridiquement aux entreprises d’emploi temporaire par un contrat de mission temporaire spécifiant la durée de sa tâche, sa rémunération etc. Et d’ajouter à la fin de la tâche, chaque agent perçoit l’ensemble de ses droits (salaire + temporaires). En dernier lieu, les entreprises d’emploi temporaire ont conclu qu’il a été décidé d’étudier la possibilité de reprise de travail sous réserve que ces agents se conformeraient aux dispositions du contrat de mission temporaire et au règlement intérieur mis en place par l’entreprise d’emploi temporaire. Par ailleurs, le Groupe OCP a annoncé mardi avoir réalisé, à fin août 2009, un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de dollars (environ 11,6 milliards de dirhams), soit 75 % du chiffre d'affaires prévisionnel pour toute l'année 2009.
Ce chiffre vient ainsi confirmer la reprise annoncée en juillet dernier et la pertinence des choix stratégiques du groupe,  souligne un communiqué de l’OCP.

LARBI BOUHAMIDA
Jeudi 10 Septembre 2009
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