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L'Iran reste en alerte, Trump aurait renoncé à des représailles




L'Iran a averti vendredi qu'il défendrait son territoire contre toute attaque des Etats-Unis après avoir abattu un drone américain, le New York Times affirmant que Donald Trump avait initialement approuvé des frappes contre des cibles iraniennes avant de faire machine arrière.
Alors que le face-à-face entre les deux pays ennemis fait craindre un embrasement, le quotidien américain a souligné que le président américain avait initialement approuvé des frappes de représailles contre "une poignée de cibles iraniennes, comme des radars et des batteries de missiles".
"La première phase de l'opération avait commencé lorsqu'elle a été annulée", ajoute le journal en citant un haut responsable du gouvernement. "Les avions étaient en l'air et les navires en position mais n'avaient encore tiré aucun missile quand l'ordre d'arrêter est tombé". La Maison Blanche et le Pentagone ont refusé de commenter cette information.
Le nouvel accès de fièvre apparaît comme une nouvelle conséquence de la politique de "pression maximale" conduite par M. Trump qui veut conduire l'Iran à réduire ses ambitions nucléaires et aussi à limiter son influence régionale.
Jeudi, l'Iran a abattu un drone américain qui a violé selon lui son espace aérien. Les Etats-Unis affirment eux qu'il a été abattu dans l'espace aérien international.
Les Affaires étrangères iraniennes sont revenues à la charge vendredi en disant disposer de "preuves irréfutables" montrant que le drone Global Hawk avait violé l'espace aérien iranien, sans autre précision.
Dans un appel téléphonique "d'urgence", le vice-ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a fait passer un message à Washington par le biais de l'ambassadeur de Suisse à Téhéran, qui représente les intérêts américains en l'absence de relations diplomatiques entre Téhéran et Washington depuis 1980.
L'Iran "ne cherche pas la guerre", a dit M. Araghchi. Mais il a mis en garde "les forces américaines contre toute mesure inconsidérée dans la région" et affirmé que l'Iran défendrait "résolument son territoire contre toute agression", selon un communiqué.
Soufflant le chaud et le froid, M. Trump a d'abord qualifié d'"énorme erreur" la frappe iranienne mais a ensuite évoqué la piste d'une erreur du côté iranien faite par quelqu'un de "stupide", semblant vouloir faire baisser la température. "J'ai du mal à croire que cela était délibéré", a-t-il dit.
Par mesure de précaution, l'Administration aéronautique fédérale des Etats-Unis a interdit aux compagnies américaines le survol de l'espace aérien contrôlé par Téhéran au-dessus du Golfe et du Golfe d'Oman "jusqu'à nouvel ordre".
Ces restrictions ont été justifiées par une "augmentation des activités militaires et la tension politique croissante dans la région, qui représentent un risque pour les opérations de l'aviation civile américaine" accompagné d'un risque d'"erreur d'identification".
La compagnie néerlandaise KLM a suivi en affirmant que ses avions ne survoleraient plus jusqu'à nouvel ordre le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour l'approvisionnement mondial de pétrole dans la région du Golfe.
En dépit des affirmations répétées des Etats-Unis et de l'Iran selon lesquelles ils ne cherchent pas la guerre, l'escalade et la multiplication des incidents font craindre qu'une étincelle ne mette le feu aux poudres.
La Russie a mis en garde contre un éventuel recours des Etats-Unis à la force contre l'Iran, estimant que cela serait "une catastrophe". En revanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé la communauté internationale à soutenir les Etats-Unis face à l'Iran.
Les tensions ne cessent de monter depuis le retrait américain en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran, privant ce pays des bénéfices économiques qu'il escomptait de ce pacte.
Elles se sont intensifiées avec des attaques contre des pétroliers dans la région du Golfe en mai et en juin, imputées par Washington à Téhéran qui a démenti.
Les Etats-Unis viennent de renforcer davantage leur dispositif militaire au Moyen-Orient alors que de nouvelles frictions sont à prévoir avec l'annonce par l'Iran que ses réserves d'uranium enrichi dépasseraient à partir du 27 juin la limite prévue par l'accord nucléaire.
Ces dernières 24 heures, Téhéran et Washington se sont livrés à une guerre de communication sur la localisation exacte du drone de l'US Navy au moment de la frappe.
L'Iran a assuré avoir retrouvé dans ses eaux territoriales des débris du drone abattu selon lui par un missile "3-Khordad" tiré par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran.
Selon le commandement central des forces américaines, le drone a été abattu par un missile sol-air au-dessus du détroit d'Ormuz. Le Pentagone a assuré que l'avion n'avait "à aucun moment" violé l'espace aérien iranien.

Samedi 22 Juin 2019

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