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L’Etat est dans l’ obligation de s ’ engager sur les secteurs à fort potentiel

Rétablir l’équilibre budgétaire et assurer sa soutenabilité





L’Etat est dans l’ obligation de s ’ engager sur les secteurs à fort potentiel
«La mobilisation des fonds nécessaires pour soutenir les classes sociales vulnérables et le tissu entrepreneurial a contribué dans une certaine mesure à atténuer les impacts socioéconomiques de la pandémie» sur l’économie nationale, selon le Haut-commissariat au plan (HCP).

L’effort additionnel que l’Etat serait amené à fournir en vue de soutenir et relancer l’activité économique devrait impacter les équilibres financiers qui auraient enduré des difficultés majeures, a soutenu le HCP rappelant les lourdes conséquences subies par l’économie nationale au cours de l’année 2020.

Selon le HCP, un renforcement des recettes de l’Etat est attendu pour rétablir l’équilibre budgétaire et assurer sa soutenabilité. Ce qui, a-t-il estimé dans son Budget économique prévisionnel 2021,«interpelle sur la qualité du système fiscal en vigueur et le degré de son efficience face notamment aux crises».

Pour le Haut-commissariat, il serait, ainsi, préconisé d’accélérer la mise en œuvre d’une réforme de la fiscalité en s’appuyant sur les recommandations des assises fiscales de mai 2019. Et de rappeler que la forte pression exercée sur les finances publiques se serait traduite par une augmentation du niveau de la dette publique suite à la mobilisation du financement intérieur et extérieur.

Quoi qu’il en soit, le HCP est persuadé que «le Maroc a encore des marges qu’il peut utiliser, en particulier la part relativement faible de l’endettement extérieur et la tendance baissière qu’a connue son coût au fil des années».

Comme l’a souligné le Haut-commissariat, la croissance économique nationale aurait connu une récession de 7% en 2020 au lieu d’une croissance de 2,5% enregistrée en 2019. Ainsi, afin de rehausser le potentiel de croissance de l’économie nationale, l’institution estime que «l’Etat est dans l’obligation aujourd’hui de s’engager sur les secteurs à fort potentiel en fédérant les grandes entreprises et en consolidant celles qui sont petites et moyennes, moyennant le renforcement et la contribution à leurs ressources propres».

Le Haut-commissariat prévient qu’il est aussi «illusoire de croire résoudre le problème de l’informel qui reste un secteur qui contribue dans une large mesure à la création de la valeur ajoutée et de l’emploi», affirmant que celui-ci restera utile dans les périodes de difficultés sociales que vivent les citoyens en leur apportant en particulier des services de proximité.

A cet égard, le Haut-commissariat explique que les politiques budgétaire et monétaire doivent être coordonnées dans le cadre d’une politique anticyclique qui permettra de stimuler l’activité économique et d’atténuer les difficultés économiques, sociales et psychologiques que la pandémie du Covid-19 occasionnées.

Revenons sur la situation économique nationale en 2020 pour rappeler qu’elle a été marquée par une profonde récession, suite aux effets de la Covid-19 et de la succession de deux campagnes agricoles sèches.

D’après les économistes du HCP, au niveau du secteur non agricole, il ressort que les activités profondément touchées par la pandémie auraient été celles fortement dépendantes de la demande extérieure, notamment des pays européens. C’est le cas notamment du secteur touristique et de ses activités annexes, des industries mécaniques, métallurgiques et électriques (IMME), des industries du textile et habillement, du commerce et du transport.

Quant aux autres secteurs, ils «auraient continué d’être résilients en affichant des performances, notamment les activités de l’industrie extractive, agroalimentaire, chimique et para-chimique, les services de santé et éducation et les services d’administration», a constaté le HCP.

Soulignons qu’au niveau du secteur primaire, il est mentionné que la campagne agricole 2019/2020 aurait été impactée, pour la deuxième année consécutive par des conditions climatiques défavorables.
Dans son ensemble, ce secteur aurait dégagé une valeur ajoutée en repli de 7,1% en 2020 après une baisse de 4,6% en 2019, contribuant encore une fois négativement à la croissance du Produit Intérieur Brut de -0,9 point.

De son côté, le secteur secondaire aurait dégagé une valeur ajoutée en baisse de 6,3%, contribuant ainsi négativement à la croissance du PIB de -1,6 points. Tandis que le secteur tertiaire aurait affiché un recul de 6,8% contre une hausse de 3,8% en 2019, contribuant ainsi négativement à la croissance du PIB de -3,5 points.

Sur le front de l’emploi, le marché du travail aurait connu sur l’ensemble de l’année 2020 des pertes d’emploi estimées à 531.000 postes qui auraient porté le taux de chômage au niveau national à près de 12,8%,soit une hausse de 3,6 points par rapport à son niveau enregistré en 2019.

En baisse de 6,7% en volume, au lieu d’une hausse de 1,7% en 2019, la demande intérieure aurait apporté une contribution négative de -7,3 points à la croissance pour la première fois depuis 1997, au lieu d’une contribution positive de 1,9 point en 2019.

L’année écoulée aurait également été marquée par un allégement du déficit courant dû à une baisse plus importante des importations que celle des exportations et à la résilience des transferts des MRE.

Dans son rapport, le HCP a, en outre, indiqué que l’effort budgétaire additionnel pour soutenir l’activité, conjugué à la baisse des recettes fiscales, aurait conduit à la détérioration du déficit budgétaire. Il a, par ailleurs, évoqué que les sorties massives sur le marché financier international pour couvrir les besoins de financement du Trésor, suite aux effets négatifs de la crise sanitaire et la pression exercée sur les réserves en devises, auraient limité les marges de manœuvre de financement de l’économie nationale en 2020.

Alain Bouithy

Libé
Vendredi 15 Janvier 2021

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