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Imegdale, une “success story” environnementale

Pour le PNUD, la commune est le symbole d’une cohabitation harmonieuse entre la population et son environnement




La commune d’Imegdale n’est vraiment pas une commune comme les autres. Et c’est le PNUD qui le dit. En cette période où est célébrée la Journée mondiale de l’environnement, le Programme de développement des Nations unis a décidé de braquer les projecteurs sur cette localité perchée dans le Haut Atlas oriental, afin de réaliser un reportage intitulé « Savoirs ancestraux » illustrant « la façon dont le Maroc tire parti des connaissances traditionnelles pour préserver l’environnement et les modes de vie », indique l’organisation onusienne sur son portail Internet.

Pourquoi Imegdale ?
Avec ses multiples « zones importantes pour les plantes », couramment appelées ZIP, la commune aux 5.500 habitants répartis sur 28 villages, est le foyer d’une remarquable biodiversité. Un écosystème riche en plantes aromatiques et médicinales, où l’on dénombre pas moins de 159 espèces botaniques regroupées en 14 catégories de plantes à usage biomédical. Du coup, pour le PNUD, Imegdale représente l’incarnation parfaite d’une cohabitation harmonieuse entre ses habitants et leur environnement. Une cohabitation où « la conservation d'une biodiversité unique s’appuie sur les coutumes et les pratiques innovantes de communautés autochtones vivant en contact direct avec la nature»,  explique le PNUD.
Pour étayer ses propos, l’organisation onusienne s’appuie sur une réglementation régie par les droits coutumiers. Cette harmonie est symbolisée par deux pratiques traditionnelles. Tout d’abord « l'Azayn » qui consiste à la fermeture des champs pendant la période de maturation des fruits. Ensuite, le Tagdalt. A savoir, d’une part, la fermeture de terres privées jusqu'à la fin du cycle de développement de la végétation. Et d’autre part, l'interdiction pendant trois mois au printemps, d’accéder aux pâturages tels que les Agdals et les Azibs.
Cela dit, ces inestimables pratiques sont menacées. A l’instar du Géoparc du M’goun où l’on déplore un manque d’éducation et de sensibilisation de la population quant aux aspects culturels, géo-scientifiques et environnementaux liés à Géoparc, à Imgdale, la menace d’une déperdition de la biodiversité est liée selon le PNUD à « l'exode de jeunes à la recherche de meilleures opportunités et au manque de reconnaissance des modes de gestion traditionnels par les acteurs institutionnels ». En sus, sont aussi à déplorer dans ces terres recouvertes à 80 % de forêts et dont les habitants subsistent à leur besoin principalement via l’élevage sédentaire et le bétail, « des options agricoles limitées et une surexploitation des plantes médicinales ».   

Comment y a-t-on remédié ?  
Amplification des solutions, réhabilitation et régénération sont les principales démarches entreprises afin de préserver le précieux écosystème d’Imegdale. Le projet de protection et de gestion durable d'un paysage naturel et culturel du Haut Atlas occidental est le porte-étendard de cette volonté de concilier conservation bio-culturelle et modes de vie durables. Elaboré par la communauté amazighe de la région, en partenariat avec l’Association marocaine de la biodiversité et des moyens de subsistance, la Global Diversity Foundation et la coopérative Znaga, il est considéré comme le prolongement de l’APAC ou l'initiative d’appui mondial aux aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire.
L’initiative en question a été créée par le Programme de micro-financements du PNUD-FEM dans plusieurs pays du monde, avec le soutien du gouvernement allemand, et notamment son ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité nucléaire (BMU). Elle a vu le jour il y a cinq ans, et ambitionne d’élargir la diversité et la qualité des types de gouvernance dans la reconnaissance des APAC. A Imegdale, cela se traduit par le renforcement des capacités de la population, pour in fine, préserver leur inestimable patrimoine. C’est ainsi qu’un plan de gestion en trois volets a été mis sur pied. Le premier volet concerne l'amélioration de la gouvernance. Le deuxième la diversification des moyens de subsistance. Et le troisième porte sur la documentation des règles et pratiques traditionnelles pour protéger les connaissances coutumières et promouvoir le transfert entre générations.
Tous ces éléments ont été exposés par le PNUD dans son reportage. Mais pas seulement. Car il a aussi été fait mention de la création d’une pépinière qui devrait servir à diversifier les sources de revenus, mais aussi, à réduire efficacement la pression sur les plantes sauvages utiles et menacées. Gérée par deux chercheurs issus de la communauté amazighe d’Imegdale, la pépinière a permis lors des deux dernières années d’introduire avec l'appui d'agriculteurs dans 20 villages, 31.094 plantes aromatiques et médicinales, au profit de 482 ménages. Espérons que cette « success story » environnementale fera des envieux.

Chady Chaabi
Samedi 8 Juin 2019

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