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Had Brachoua renaît de ses cendres

Les habitants de ce village près de Rabat ont vu leur vie changer considérablement




 Comment transformer un village pauvre, sans eau ni électricité, en une localité prospère et pionnière de l’agriculture durable. C’est l’improbable destin et la mue spectaculaire opérée par l’agglomération rurale de Had Brachoua, située à une centaine de kilomètres de Rabat.  
Les acteurs de cette incroyable histoire sont : l’Association marocaine Ibn Al Baytar, spécialisée dans la protection des arganiers, Reforest'Action, une entreprise à vocation sociale permettant aux particuliers et aux entreprises d’agir concrètement en faveur de la reforestation en France et dans le monde, sans oublier le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Tous ont à leur façon, contribué à ce que les quelque 60 familles qui résident dans ce bourg d’environ 15.000 âmes, retrouvent dignité humaine à travers une métamorphose totale et pour le meilleur.
Tout a commencé, il y a huit ans de cela, lorsque Larbi Chaoubi, un habitant du village, lança un appel sous forme d’un S.O.S à Mohamed Chafchaouni et Zoubida Charrouf, membres de l’Association Ibn Al Baytar. Emus et sensibles à son discours, ils n’ont pas hésité à lui venir en aide. Comment? Tout d’abord en initiant le frère de Larbi, Mohamed Chaoubi, à la permaculture via une formation intensive. Bon leur en a pris. Car cette science qui ambitionne de concevoir des systèmes en s'inspirant de l'écologie naturelle et de la tradition, tout en pérennisant les cultures, les lieux de vie et les systèmes agricoles humains, Mohamed Chaoubi a fini par la maîtriser, mais plus important encore, il y a converti ses voisins. Du coup, les potagers n’ont pas tardé à fleurir par dizaines. Fruits, légumes et herbes aromatiques, on y trouve de tout. C’est à ce moment-là que le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) est rentré en action. L’organisation onusienne, créée en 1972 dans l’optique de coordonner les activités des Nations unies dans le domaine de l'environnement et d’assister les pays dans la mise en œuvre de politiques environnementales, a été à l’origine du financement et de l’installation du système de goutte-à- goutte et de l’énergie photovoltaïque.
Et ce n’est pas tout. Avec l’aide de Reforest'Action, les habitants ont ajouté à leurs jardins et autres potagers, des plantations d’arbres fruitiers, tels que pommiers, grenadiers, citronniers, oliviers et orangers. Ainsi, d’après les informations fournies par Reforest’Action, plus de 4500 arbres de multiples essences, pour la plupart cultivés dans le périmètre de la pépinière du village, ont à ce jour, été plantés, grâce notamment à l’aide financière d’ENGIE, ex-GDF Suez, un groupe industriel énergétique français.  
Alors que par le passé Had Brachoua était considéré comme un village précaire et laissé- pour compte, de nos jours, ses habitants ont atteint l'autosuffisance alimentaire. Ses potagers et arbres sont tellement généreux que l’excédent est mis en vente sur les marchés de Rabat. La création d’une coopérative aidant, l’écotourisme s’est développé dans la région pour le plus grand bonheur des habitants. Mais pour que l’évolution du village soit vraiment complète, il fallait solutionner les problèmes liés à l’approvisionnement en eau. C’est chose faite, puisqu’une fontaine d’eau potable fut installée à l’entrée du village. Et comme les bonnes choses se succèdent souvent, les foyers ont été également alimentés par le courant électrique. Enfin, cerise sur le gâteau: la mise à disposition d’un bus destiné à transporter les enfants chaque matin à l’école.
Pour décrire cette formidable histoire, il serait inadéquat de parler de success story. En réalité, le développement de ce village et tout ce qui en découle devraient constituer un droit avant d’être un privilège ou un exploit. Mais contrairement à d’autres villages dans le même cas, souffrant de précarité et d’enclavement, Had Brachoua et ses habitants ont au moins eu le mérite de forcer leur destin, tout en faisant montre d’une humilité louable, en demandant de l’aide à autrui.

Chady Chaabi
Jeudi 27 Décembre 2018

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