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Grâce à l’Homo sapiens, les médias internationaux découvrent Adrar Ighud

Les origines de l’Homme moderne remises en question dans l’espace et le temps




Grâce à l’Homo sapiens, les médias internationaux découvrent Adrar Ighud
La découverte de restes d'Homo sapiens, au Maroc à Jebel Irhoud ou Adrar Ighud et qui fait actuellement le buzz a, pour dénominateur commun le mot date. D’abord, parce que la trouvaille de restes appartenant à, au moins cinq individus : trois adultes, un adolescent et un enfant vieux de 315.000 ans, fera date et ensuite parce qu’elle bouleverse bien des données dans le temps et l’espace. En effet, la sous-espèce Homo sapiens sapien ou Homme moderne se voit désormais créditer, grâce à ceux qui en ont fait la découverte, Jean-Jacques Hublin, un paléoanthropologue français qui est né un 30 novembre 1953, à Mostaganem, en Algérie française et les membres de son équipe, d’une rallonge dans le temps de plus de 100.000 ans. Les plus anciens restes connus jusqu’à présent étaient Omo 1 et Omo 2, deux crânes qui avaient été mis au jour en Éthiopie et que l’on avait datés de 195.000 ans.
Géographiquement, comme l’indiquerait Hublin, ce phénomène est donc panafricain. Sauf que pour l’instant, il passe de l’Est à l’Ouest et le Maroc, tout à son honneur, en devient du coup le nouveau berceau de l’humanité.
C’est que l’on attend encore bien des choses de ce site aux environs de la ville de Youssoufia ou Louis Gentil de son nom colonial qui avait vu le jour en 1961, quand un mineur d’un coup de pioche dans le gisement de barytine du massif du Jebel, tomba sur un crâne, et le rapporta à sa hiérarchie, le médecin-chef de la mine en l’occurrence. Quelques mois plus tard, il fut remis à un professeur de la Faculté de Rabat. Ce dernier croyant y voir un crâne de Néandertal déclenche alors des fouilles. Sept ans plus tard, en 1968, le site devenu entre-temps archéologique, livre le fossile d'un jeune enfant, appelé Irhoud 3, que l’on a daté à 40.000 ans puis à 160.000 ans.
Sceptiques quant à la véracité de cette datation, Jean-Jacques Hublin avec son ancien collègue du laboratoire d’anthropologie de Bordeaux, Abdelouahed Ben-Ncer, professeur à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine à Rabat et leur équipe engagent de nouvelles fouilles en 2004. Bien leur en pris, puisqu’aujourd’hui, ils reviennent avec bien plus qu'une nouvelle datation.
Trompette de la renommée, l'annonce de la découverte a eu des effets retentissants de par le monde et évidemment les médias s’en sont donnés à cœur-joie. C’est ainsi que le quotidien français Le Monde, dans sa version électronique du mercredi relate sobrement dans un long article le fait non sans tarir d’éloges sur cette découverte pour le moins déconcertante quant aux origines de l’Homme anatomiquement moderne. ‘’Le site marocain de Djebel Irhoud, où les fossiles ont été trouvés, marque un nouveau jalon dans l’histoire humaine la plus récente, à une époque où plusieurs espèces apparentées coexistent sur la planète – Néandertaliens en Europe, Dénisoviens et erectus en Asie, Florès en Indonésie… De ce buissonnement du genre Homo ne subsiste aujourd’hui qu’une seule espèce, la nôtre, Homo sapiens, et la découverte marocaine repose la question de son enracinement initial’’, écrit Hervé Morin.
Le journal, La Voix Du Nord quant à lui, reprenait ‘’Des restes d’Homo sapiens qui ressemblent à l’homme d’aujourd’hui ont été mis au jour au Maroc. Ils sont datés de 300 000 ans, soit 100 000 ans de plus que ce que l’on pensait.’’
‘’C’est une découverte qui bouleverse nos certitudes sur l’origine et l’évolution humaine. L’Homo sapiens remonterait finalement à plus de 300 000 ans, selon une étude publiée dans la revue scientifique Nature, jeudi 8 juin.’’
De son côté, Sciences Avenir titrait les dépêches de l’AFP qu’il publiait dans ses colonnes par ‘’Homo sapiens : une découverte qui bouleverse notre vision de l'évolution’’. Et l’Agence française de poursuivre : ‘’La découverte des plus anciens représentants connus de notre espèce, vieux de 300.000 ans, met à mal l'idée d'une évolution humaine linéaire issue d'Afrique de l'Est : l'homme d'aujourd'hui serait plutôt le fruit de groupes dispersés dans toute l'Afrique’’.
Pour le paléontologue Pascal Picq, interrogé sur Europe 1 jeudi matin, "le schéma des débuts de notre espèce se consolide". "C'est une découverte très importante car elle permet de très bien caler l'ancienneté de la lignée Homo sapiens. On sait que nos origines sont africaines, mais le problème c'est qu'on n'avait pas de fossiles au-delà de 200.000 ans", indique le spécialiste’’.
Pour sa part, Le Figaro d’un titre résumait tout : 300.000 ans : «Homo sapiens» est plus vieux que l'on croyait. Une vieillesse que confirmait Denis Sergent, dans La Croix, ‘’la découverte de cinq squelettes fossiles d’Homo sapiens datant de 300 000 ans dans le nord-ouest du Maroc fait reculer les origines de notre espèce de 100 000 ans. Elle révèle un scénario évolutif complexe de l’humanité en Afrique.’’

M.J.K
Samedi 10 Juin 2017

Lu 1192 fois


1.Posté par DR IDRISSI MY AHMED le 09/06/2017 18:42
Donc Sidna Adam est venu au Maroc.... avant nous !
Quelle langue parlaient-ils nos ancêtres marocains ?

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