Espérance de vie : Une étude révèle une Europe « à deux vitesses »


Libé
Jeudi 5 Février 2026

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Une nouvelle étude démographique fait état de l’émergence d’une Europe à deux vitesses en termes de longévité, avec des écarts qui se creusent entre territoires où l’espérance de vie continue de progresser et ceux qui voient leurs progrès en la matière stagner, voire reculer.

Portant sur 450 régions d’Europe occidentale, cette vaste étude menée conjointement par l’Institut national d’études démographiques (INED) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de France avec l’Institut fédéral allemand de recherche démographique (BiB), relève que si les années 1990 et le début des années 2000 ont été marqués par une réduction des disparités régionales en Europe, «la tendance s’est inversée vers 2005 ».

Les chercheurs qui évoquent «une fracture territoriale inquiétante» notent que dans les régions où l’espérance de vie était plus faible qu’ailleurs (l’est de l’Allemagne, la Wallonie, certaines parties du Royaume-Uni ou les Hauts-de-France pour les hommes), « les gains d’espérance de vie ont aujourd’hui quasiment disparu».
Et d’ajouter que « cette divergence crée une Europe de la longévité à deux vitesses: d’un côté, des régions en avance qui poursuivent leur progression ; de l’autre, des territoires en retard où la dynamique s’essouffle, voire s’inverse ».

Dans le détail, cette recherche révèle que, dans les régions où l’espérance de vie est la plus élevée, celle-ci continue à augmenter d’environ deux mois et demi par an pour les hommes, et d’un mois et demi par an pour les femmes, mais depuis le milieu des années 2000, une Europe à deux vitesses émerge : tandis que certains territoires poursuivent leur progression, d’autres stagnent, voire reculent, notamment en raison d’une mortalité accrue entre 55 et 74 ans.

Alors que les débats scientifiques autour d’une limite à la longévité humaine sont
importants, ses auteurs constatent que les régions affichant les niveaux d’espérance de vie les plus élevés continuent de progresser au même rythme que durant les décennies précédentes. En 2019, ces territoires (incluant le nord de l’Italie, la Suisse, certaines provinces espagnoles et des départements français comme Paris, les Hauts-de-Seine ou les Yvelines) atteignaient près de 83 ans d’espérance de vie pour les hommes et 87 ans pour les femmes. Les femmes y gagnent environ un mois et demi d’espérance de vie par an, tandis que les hommes, rattrapant progressivement leur retard, y gagnent environ deux mois et demi par an.

 «Ce résultat démontre donc qu’un potentiel d’amélioration existe encore et qu’un hypothétique plafond de la longévité humaine ne semble pas avoir été encore atteint», souligne l’INED qui résume dans un communiqué les résultats de l’étude publiée dans la revue scientifique « Nature Communications ».

Bien que l’étude conduite auprès de près de 400 millions d’habitants entre 1992 et 2019 ne permette pas d’identifier les causes précises de ces évolutions, l’Institut français d’études démographiques évoque plusieurs pistes qui émergent de la littérature scientifique récente, notamment les comportements à risque (tabagisme, consommation d’alcool, alimentation, sédentarité), en augmentation pour les cohortes arrivant aujourd’hui à ces âges charnières, ou encore les conséquences d’une divergence économique régionale que l’on observe depuis le milieu des années 2000 en Europe.

Libé
Jeudi 5 Février 2026
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