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Escalade entre Ankara et Damas


La communauté internationale indignée et impuissante



La Turquie a bombardé dans la nuit de mardi à mercredi la région syrienne d'Afrin, où des milices pro-Assad étaient entrées quelques heures plus tôt pour prêter main-forte aux forces kurdes, rapporte l'OSDH.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme, organisation basée à Londres qui suit le conflit syrien grâce à un réseau de correspondants sur le terrain, a déclaré que l'offensive lancée contre l'enclave du nord-ouest de la Syrie le 20 janvier par l'armée turque et ses alliés rebelles de l'ASL (Armée syrienne libre) se poursuivait avec la même intensité.
Afrin, la principale ville de la région, a subi des pilonnages ces dernières heures, a-t-il dit.
Ankara veut chasser les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), qu'il considère comme terroristes, de cette zone d'Afrin, frontalière avec la Turquie.
Cette confrontation entre Damas et Ankara complique un peu plus le jeu d'alliances dans le nord de la Syrie où sont présents la Turquie, les rebelles et l'armée syrienne, les milices chiites soutenues par l'Iran, les combattants kurdes, la Russie et les Etats-Unis.
Les aviations syrienne et russe se sont acharnées mardi sur une enclave rebelle proche de Damas, tuant plus de 100 civils et mettant hors service plusieurs hôpitaux malgré les appels de l'ONU à mettre fin à cette "souffrance insensée".
Au total, au moins 250 civils, dont près de 60 enfants, ont été tués depuis dimanche dans les bombardements sur la Ghouta orientale, fief rebelle assiégé par le régime depuis 2013.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 17 civils ont péri dimanche, 127 lundi et 106 mardi.
Cette sanglante campagne a été entamée au début du mois par le régime de Bachar al-Assad et semble annoncer un assaut terrestre contre le dernier fief rebelle proche de la capitale, en proie à une grave crise humanitaire.
L'aviation de la Russie, qui soutient Damas, a bombardé mardi la Ghouta orientale pour la première fois depuis trois mois, touchant notamment un des principaux hôpitaux de la région, à Arbine, désormais hors service.
L'Unicef a manifesté mardi sa colère en une seule phrase: "Aucun mot ne rendra justice aux enfants tués, à leurs mères, leurs pères, et à ceux qui leur sont chers".
L'opposition syrienne en exil a dénoncé "une guerre d'extermination" et le "silence international" face aux "crimes" du régime dans la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011.
Les bombardements de civils "doivent cesser maintenant", a exigé le coordinateur de l'ONU pour l'aide humanitaire en Syrie, Panos Moumtzis, tirant le signal d'alarme pour les quelque 400.000 personnes prises au piège dans l'enclave rebelle, qui est le dernier fief de l'opposition près de la capitale syrienne.
Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves le Drian, a dit craindre "un cataclysme humanitaire" en Syrie et annoncé qu'il se rendrait à Moscou et à Téhéran, les deux principaux appuis du président syrien Bachar al-Assad.
Le département d'Etat américain s'est dit "extrêmement préoccupé" par la situation dans la Ghouta orientale et a dénoncé les "tactiques" du régime consistant à "assiéger et affamer".
Des centaines de blessés ont afflué mardi dans les hôpitaux de fortune de la Ghouta orientale, ont constaté des correspondants de l'AFP.
Les lits manquent et les blessés sont soignés à même le sol tandis que les salles d'opération tournent à plein régime.
La coalition de l'opposition a accusé la Russie de chercher "à enterrer le processus politique" en vue d'une solution au conflit, qui a fait plus de 340.000 morts depuis mars 2011.
Après avoir d'abord opposé les rebelles au régime, la guerre en Syrie s'est complexifiée avec l'implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères.

Libé
Jeudi 22 Février 2018

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