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En France, une rentrée sociale à l'ombre des manifestations contre le pass sanitaire


Libé
Vendredi 27 Août 2021

En France, une rentrée sociale à l'ombre des manifestations contre le pass sanitaire
Les syndicats font leur rentrée: une intersyndicale devrait décider lundi d'une grande journée de mobilisation le 5 octobre et soupeser la meilleure manière de répondre aux manifestations désormais hebdomadaires contre le pass sanitaire.


Force ouvrière, la CFE-CGC, la FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse Unef, MNL et UNL se rendront à l'invitation de la CGT lundi en fin d'après-midi au siège de la centrale syndicale à Montreuil (Seine-Saint-Denis) et un point-presse sera organisé dans la foulée.
 Objectif de cette journée de manifestations et de grèves, la défense de l'emploi, des salaires et des services publics, et le refus des réformes de l'assurance chômage et des retraites.


"Le contexte social, économique et sanitaire, en cette veille de rentrée sociale, est particulièrement préoccupant pour le monde du travail et la jeunesse. Les annonces du gouvernement, en matière de réforme de l'assurance chômage comme celle de la retraite, sont dangereuses", écrivent ces organisations dans un communiqué commun diffusé vendredi.
 Si le gouvernement temporise sur les retraites, il prévoit une mise en oeuvre dès le 1er octobre de la réforme de l'assurance chômage, les signaux étant selon lui au vert pour l'emploi.


La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a promis mercredi sur BFM Business de revenir prochainement "vers le Conseil d'Etat avec un nouveau décret", de manière à "avoir un texte opérationnel au 1er octobre". La plus haute juridiction administrative avait suspendu le 22 juin une partie de la réforme en raison des "incertitudes sur la situation économique".

La CFDT ne participera pas à l'intersyndicale de lundi, mais son secrétaire national Laurent Berger s'exprimera dans un quotidien mardi.


Organisations syndicales et patronales seront par ailleurs reçues lors de réunions bilatérales à Matignon les 1er et 2 septembre afin de balayer les sujets d'actualité.


La question du pass sanitaire devrait planer au-dessus de ces discussions, alors que ses opposants manifestent tous les samedis depuis le 17 juillet, dans des cortèges à l'ampleur inhabituelle au coeur de l'été.
 Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a souhaité mardi dans Le Parisien "qu'il dure le moins longtemps possible", même si l'organisation patronale y est "favorable".


Les syndicats expriment eux des positions contrastées. La CFDT avait approuvé dans un communiqué le 26 juillet "l'adoption d'un texte plus équilibré et respectueux des droits des travailleurs", à l'issue des débats sur la loi sanitaire.
 FO avait regretté que la non-présentation du pass puisse se traduire par une suspension du contrat de travail, "une sanction lourde pour les salariés (...) concernés".
 La CGT avait elle publié un communiqué très critique, voyant dans cette suspension une "sanction totalement inédite et disproportionnée".


Secrétaire confédérale de la CGT, Céline Verzeletti a signé, à l'instar des dirigeants de Solidaires, la "pétition contre la loi sanitaire et les régressions sociales à venir" publiée fin juillet, qui se prononçait pour le retrait de la loi.


Des organisations professionnelles ou territoriales de la CGT ont participé à différentes manifestations le samedi au cours de l'été, là où le mouvement social pouvait mener la contestation sans sembler à la remorque de l'extrême droite ou des "antivax".

Mercredi, des représentants d'Attac, de la CGT, de Solidaires, mais aussi du NPA ou de la France insoumise se sont retrouvés pour un déjeuner à Nantes, en marge de l'Université d'été des mouvements sociaux et des solidarités: au menu des discussions, l'organisation ou non d'une mobilisation en septembre contre le pass sanitaire.


"On a des débats entre nous (...). Est-ce que c'est un samedi ? (...) Dans tous les cas, ce sera sur nos propres mots d'ordre: la levée des brevets; beaucoup plus de moyens sur la santé publique, les hôpitaux; et la prévention parce qu'une vaccination large et massive est nécessaire", a expliqué à l'AFP la porte-parole d'Attac, Aurélie Trouvé.


Le combat se jouera aussi sur le terrain judiciaire. Dans son communiqué, la CGT se disait "à la disposition des salariés pour (...) les assister dans le cadre des procédures prud'homales en vue de contester les éventuelles sanctions dont ils pourraient être victimes".


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