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Embellie précaire et fléchissement tenace

Les prémices d' un décollage économique soutenu tardent à se manifester durablement


Alain Bouithy
Jeudi 9 Décembre 2021

Embellie précaire et fléchissement tenace
En dépit de la multiplicité des réformes engagées au cours des deux dernières décennies, les prémices d'un décollage économique soutenu tardent à se manifester durablement, constate le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa publication mensuelle "Maroc Conjoncture" du mois de novembre (N°340).

En effet, souligne l'observatoire privé, "l'embellie constatée au cours de la première décennie de ce siècle n'a pas tardé à connaître  un fléchissement pendant la décennie qui a suivi".

Les signes de décélération de l'activité seront rapidement décelés. Ils se traduiront par le ralentissement observé dans la création des richesses et une recrudescence du chômage, la détérioration du nombre de postes d'emplois créés et l'incapacité manifeste d'absorber les cohortes des nouveaux arrivants sur le marché du travail.

Pour mieux apprécier cette dégradation, rappelons à ce propos qu'en 2020, l’économie nationale a perdu 432.000 postes d’emploi contre une création de 165.000 postes en 2019. Tandis que le taux de chômage grimpait de 9,2% à 11,9%, au niveau national, selon le Haut-commissariat au plan (HCP).

Plus récemment, entre le troisième trimestre de 2020 et la même période de 2021, l’économie nationale a perdu 581.000 postes d’emploi, a noté l'institution publique. Et bien qu'en légère baisse, le taux de chômage (qui est  passé de 12,7% à 11,8% au niveau national) demeure élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (31%), les diplômés (18,7%) et les femmes (16,5%).

Il est à noter que l'avènement de la crise du Covid-19 a aggravé de plus belle la situation en consacrant la paralysie du processus de transformation structurelle entamée par le Royaume, selon le CMC.
Le CMC pour la consolidation des acquis et le parachèvement des réformes fondamentales
L'attractivité et le climat des affaires au Maroc s'en trouveront touchées, la pandémie coronarienne ayant impacté négativement des entreprises qui affichaient des perspectives prometteuses.

Cela s'en ressentira notamment au niveau de l'industrie automobile et de l'aéronautique qui n'ont pas encore atteint la maturité suffisante, à même de les préserver d'une détérioration", relève le Centre dans un article qu'il a intitulé "Les réformes stratégiques en instance". Ce, malgré une progression des exportations (respectivement +12,4% et +16,4%) au titre des dix premiers mois de l’année 2021, comme l'a relevé récemment l'Office des changes dans ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs du mois d'octobre dernier.

Pour les économistes de l'observatoire privé, il ne fait aucun doute que ce phénomène "a mis en évidence la fragilité du modèle de développement appliqué, jusqu'alors, et son incapacité à consolider la position du Maroc en tant que hub africain et continental des affaires".

Il est important de rappeler qu'au sortir du Programme d'ajustement structurel des années 80, le Maroc s'était employé à mettre en place une série de réformes susceptibles d'améliorer son environnement des affaires et partant, mobiliser l'épargne nationale et attirer l'investissement direct étranger.

Quelques décennies plus tard, le pays était même parvenu à s'affirmer comme un séreux prétendant à l'émergence.

Comme le rappelle si bien le CMC dans sa publication, "des réalisations tous azimuts importantes avaient été enregistrées dont le renforcement des infrastructures d'accueil et de communication, la réduction des coûts de création de l'entreprise, la facilitation du transfert de propriété et autres opérations d'import-export.

Toutes ces avancées et bien d'autres prendront plus tard un sérieux coup, comme le relève le Centre dans ce spécial portant sur le programme de relance économique : Choix et défis.
Pour le  Centre, les raisons du recul des acquis qui ont autrefois permis au Maroc d'occuper des positions remarquables au sein de la communauté internationale en matière d'attractivité et de climat des affaires, sont bien connues.

Pour expliquer ce rendez-vous manqué, le Centre marocain de conjoncture avance l'insuffisance en protection par la justice en termes de liberté et de sécurité, la prolifération du secteur  informel, les faiblesses intrinsèques à l'entreprise elle-même.

En pointant du doigt l'entreprise, le CMC entend sans doute dénoncer "sa dynamique étriquée, inhérente à sa faible capacité à assumer les risques d'exploration et de valorisation de nouvelles opportunités", comme il le souligne dans son analyse.

Le Centre reproche également à l'entreprise sa faible capacité "à affirmer sa volonté face à la compétitivité internationale, pour s'imposer dans la conquête de nouveaux marchés".

Pour mieux apprécier les carences de l'économie nationale, il faut peut-être aussi s'en remettre à l'analyse faite dans le cadre du nouveau modèle de développement (NMDD) qui a estimé que l'économie marocaine montre des lacunes symptomatiques dans ses fonctions entrepreneuriales en termes de prouesses de ses activités productives et de sa propension à l'innovation.

Tout en se référant à la même source, le Centre estime que le défi à relever  réside dans la préparation d'un environnement économique plus enclin à l'initiative privée.

Ces initiatives doivent être appuyées par des politiques publiques qui prônent l'efficience du système productif, a poursuivi la publication notant que la commande publique doit servir de stimulant.

Qu'elles viennent du NMDD, du CNEA (Comité national de l'environnement des affaires) ou encore du patronat, le Centre marocain de conjoncture insiste dans son analyse sur le fait que toutes les orientations mises sur la table appellent à la consolidation des acquis et au parachèvement des réformes fondamentales.

Sur ce, le CMC invite à préserver d'urgence l'ancrage du Maroc et son positionnement dans la mouvance internationale des chaînes de valeur mondiale, parachever la globalité des réformes du système judiciaire, consolider la dynamique du secteur privé en le dotant des moyens d'affronter les risques et d'entreprendre des prospections.

Pour gagner la confiance des prometteurs et favoriser leur adhésion à des partenariats ave l'Etat, la publication rappelle que "l'option de sécurisation, de l'initiative privée, fait référence à l'importance de l'instauration et au respect d'une réglementation stable et non discriminatrice".

Alain Bouithy


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