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Le phénomène climatique El Niño pourrait provoquer une nouvelle hausse importante des températures mondiales dans les prochaines années. Selon l’observatoire européen Copernicus, les océans connaissent déjà des températures très élevées, proches des records historiques.
Concrètement, El Niño est un phénomène naturel qui apparaît dans l’océan Pacifique et modifie les températures, les vents et les précipitations dans plusieurs régions du monde. Certains pays connaissent alors de fortes sécheresses, tandis que d’autres subissent des pluies violentes et des inondations.
Le problème aujourd’hui est que ce phénomène naturel s’ajoute au réchauffement climatique causé par les activités humaines, notamment la combustion du pétrole, du charbon et du gaz. Cette combinaison risque d’aggraver les événements climatiques extrêmes : canicules, sécheresses, incendies, tempêtes ou inondations. Les climatologues craignent ainsi que l’année 2027 devienne l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées.
De nouveaux records des températures pour le mois de mai
Selon Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au sein du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, qui supervise également le programme Copernicus, il ne faudrait plus attendre longtemps avant que les températures de surface des océans battent de nouveaux records pour un mois de mai. Elle rappelle que le mois de mars reste généralement la période la plus chaude de l’année pour les océans à l’échelle mondiale.
Actuellement, des vagues de chaleur marines exceptionnelles touchent une immense zone allant du centre du Pacifique équatorial jusqu’aux côtes ouest des Etats-Unis et du Mexique.
Plusieurs organismes météorologiques estiment par ailleurs que le prochain épisode d’El Niño pourrait être plus intense que celui observé il y a trois ans, au point d’être comparable au célèbre «super El Niño» de 1997-1998. Or, les conséquences de ce phénomène sur la température mondiale se manifestent souvent l’année suivante, ce qui alimente les inquiétudes autour de 2027, qui pourrait devenir une année particulièrement chaude.
Le climatologue Zeke Hausfather, de l’institut indépendant Berkeley Earth, considère déjà que 2027 pourrait dépasser le record de chaleur enregistré en 2024.
Même si Samantha Burgess estime qu’il est encore prématuré d’évaluer précisément l’intensité future du phénomène — les prévisions printanières restant relativement incertaines — elle souligne néanmoins qu’El Niño aura des effets importants, quelle que soit sa puissance. Selon elle, il est tout à fait possible que 2027 dépasse 2024 et devienne l’année la plus chaude jamais observée depuis le début des relevés climatiques.
Quel impact possible sur le Maroc ?
Même si El Niño se produit dans le Pacifique, ses effets peuvent toucher indirectement le Maroc à travers les perturbations climatiques mondiales. D’abord, il y a le risque d’aggravation de la sécheresse. Le Maroc connaît déjà plusieurs années de déficit pluviométrique. Avec El Niño, le risque est de voir moins de précipitations, des barrages davantage vides et une pression accrue sur les ressources en eau.
Cela pourrait toucher directement l’agriculture marocaine, notamment les céréales, l’élevage et certaines cultures dépendantes de la pluie.
Ensuite, une hausse des températures et des vagues de chaleur. Le Maroc pourrait connaître des étés plus longs, des canicules plus intenses et une augmentation des températures dans les villes.
Les régions intérieures comme Marrakech, Fès ou Béni Mellal seraient particulièrement exposées. Cela peut aussi augmenter les risques sanitaires, surtout pour les personnes âgées et les populations précaires.
Il y a également les risques d’incendies. Des températures élevées combinées à la sécheresse augmentent les risques de feux de forêt, notamment dans les régions du nord du Maroc (Rif, Moyen Atlas et zones forestières proches de Taza ou Chefchaouen).
Enfin, la pression économique et sociale. Les effets climatiques peuvent aussi produire des conséquences sociales. Tel est le cas de la hausse des prix des produits alimentaires, la fragilisation du monde rural, la recrudescence de l’exode vers les villes et les tensions autour de l’eau et des ressources.
Le changement climatique devient ainsi une question non seulement environnementale, mais aussi économique et sociale.
Une question stratégique pour le Maroc
Le cas du Maroc pose donc une question importante : le pays est-il suffisamment préparé aux bouleversements climatiques à venir ?
Le Royaume a investi dans les énergies renouvelables et les politiques climatiques, notamment avec le Complexe Noor Ouarzazate, des programmes de dessalement de l’eau et des stratégies de transition énergétique.
Mais ces efforts pourraient être insuffisants face à l’accélération des phénomènes extrêmes. La gestion de l’eau, l’adaptation de l’agriculture et la protection des populations vulnérables vont devenir des enjeux centraux dans les prochaines années.
En réalité, El Niño agit comme un révélateur : il montre à quel point les sociétés deviennent fragiles face à la combinaison du réchauffement climatique et des déséquilibres environnementaux mondiaux.
Hassan Bentaleb
Concrètement, El Niño est un phénomène naturel qui apparaît dans l’océan Pacifique et modifie les températures, les vents et les précipitations dans plusieurs régions du monde. Certains pays connaissent alors de fortes sécheresses, tandis que d’autres subissent des pluies violentes et des inondations.
Le problème aujourd’hui est que ce phénomène naturel s’ajoute au réchauffement climatique causé par les activités humaines, notamment la combustion du pétrole, du charbon et du gaz. Cette combinaison risque d’aggraver les événements climatiques extrêmes : canicules, sécheresses, incendies, tempêtes ou inondations. Les climatologues craignent ainsi que l’année 2027 devienne l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées.
De nouveaux records des températures pour le mois de mai
Selon Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au sein du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, qui supervise également le programme Copernicus, il ne faudrait plus attendre longtemps avant que les températures de surface des océans battent de nouveaux records pour un mois de mai. Elle rappelle que le mois de mars reste généralement la période la plus chaude de l’année pour les océans à l’échelle mondiale.
Actuellement, des vagues de chaleur marines exceptionnelles touchent une immense zone allant du centre du Pacifique équatorial jusqu’aux côtes ouest des Etats-Unis et du Mexique.
Plusieurs organismes météorologiques estiment par ailleurs que le prochain épisode d’El Niño pourrait être plus intense que celui observé il y a trois ans, au point d’être comparable au célèbre «super El Niño» de 1997-1998. Or, les conséquences de ce phénomène sur la température mondiale se manifestent souvent l’année suivante, ce qui alimente les inquiétudes autour de 2027, qui pourrait devenir une année particulièrement chaude.
Le climatologue Zeke Hausfather, de l’institut indépendant Berkeley Earth, considère déjà que 2027 pourrait dépasser le record de chaleur enregistré en 2024.
Même si Samantha Burgess estime qu’il est encore prématuré d’évaluer précisément l’intensité future du phénomène — les prévisions printanières restant relativement incertaines — elle souligne néanmoins qu’El Niño aura des effets importants, quelle que soit sa puissance. Selon elle, il est tout à fait possible que 2027 dépasse 2024 et devienne l’année la plus chaude jamais observée depuis le début des relevés climatiques.
Quel impact possible sur le Maroc ?
Même si El Niño se produit dans le Pacifique, ses effets peuvent toucher indirectement le Maroc à travers les perturbations climatiques mondiales. D’abord, il y a le risque d’aggravation de la sécheresse. Le Maroc connaît déjà plusieurs années de déficit pluviométrique. Avec El Niño, le risque est de voir moins de précipitations, des barrages davantage vides et une pression accrue sur les ressources en eau.
Cela pourrait toucher directement l’agriculture marocaine, notamment les céréales, l’élevage et certaines cultures dépendantes de la pluie.
Ensuite, une hausse des températures et des vagues de chaleur. Le Maroc pourrait connaître des étés plus longs, des canicules plus intenses et une augmentation des températures dans les villes.
Les régions intérieures comme Marrakech, Fès ou Béni Mellal seraient particulièrement exposées. Cela peut aussi augmenter les risques sanitaires, surtout pour les personnes âgées et les populations précaires.
Il y a également les risques d’incendies. Des températures élevées combinées à la sécheresse augmentent les risques de feux de forêt, notamment dans les régions du nord du Maroc (Rif, Moyen Atlas et zones forestières proches de Taza ou Chefchaouen).
Enfin, la pression économique et sociale. Les effets climatiques peuvent aussi produire des conséquences sociales. Tel est le cas de la hausse des prix des produits alimentaires, la fragilisation du monde rural, la recrudescence de l’exode vers les villes et les tensions autour de l’eau et des ressources.
Le changement climatique devient ainsi une question non seulement environnementale, mais aussi économique et sociale.
Une question stratégique pour le Maroc
Le cas du Maroc pose donc une question importante : le pays est-il suffisamment préparé aux bouleversements climatiques à venir ?
Le Royaume a investi dans les énergies renouvelables et les politiques climatiques, notamment avec le Complexe Noor Ouarzazate, des programmes de dessalement de l’eau et des stratégies de transition énergétique.
Mais ces efforts pourraient être insuffisants face à l’accélération des phénomènes extrêmes. La gestion de l’eau, l’adaptation de l’agriculture et la protection des populations vulnérables vont devenir des enjeux centraux dans les prochaines années.
En réalité, El Niño agit comme un révélateur : il montre à quel point les sociétés deviennent fragiles face à la combinaison du réchauffement climatique et des déséquilibres environnementaux mondiaux.
Hassan Bentaleb