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Distinguer le bon grain de l’ivraie


Les agences de voyages entre manigances et professionnalisme



Destinations paradisiaques et prix incroyables, sauf que les tour-opérateurs ne sont pas toujours aussi fiables qu’on ne le croit

Avec l’arrivée de l’été, les gens ont de plus en plus tendance à voyager afin de profiter du bon temps et d’emmagasiner du tonus, histoire d’être en forme dès le train train quotidien repris. En cette période estivale donc, ce sont les agences de voyages qui sont les plus sollicitées. Seulement voilà, elles ne sont pas toutes à la hauteur de nos attentes. Entre mensonges et arnaques, plusieurs d’entre-elles ne font que vendre chimériquement des illusions afin de soutirer un maximum d’argent à leurs clients. C’est un phénomène qui a tendance à faire de plus en plus tache d’huile.
Pour étayer cela, nous nous sommes rendus à une agence de voyages à Casablanca connue pour ses nombreuses “tours” de passe-passe si l’on peut dire et dont  nous tairons le nom de ce tour-opérateur par déontologie. Arrivés donc sur place, une jeune femme très courtoise nous accueille et nous fait patienter dans une salle pendant quelques minutes avant que le chargé de clientèle nous reçoive. Nous lui expliquons que nous sommes en quête d’un voyage pour deux personnes d’une durée d’une semaine à un prix abordable. C’est alors qu’il nous fait des propositions pour le moins alléchantes : Maldives, Chine, Allemagne… Les destinations sont très tentantes, et il faut dire que les prix le sont aussi. 
Après 15 minutes de tirade sur les avantages et la bonne affaire, vient le moment délicat où nos devons parler d’argent. Il nous annonce que nous ne devons payer qu’une petite somme, en liquide a-t-il insisté, signer quelques « papiers  de formalité» et laisser nos passeports pour que l’agence entame les procédures nécessaires. Nous voyant très hésitants, le responsable insiste et décide de nous offrir une escale gratuite puisque c’est notre premier voyage. Nous lui répondons que nous devons y réfléchir et revenir très bientôt. N’ayant pas l’air content, il nous balance: «Comment pouvez-vous refuser une telle offre ? ».  Nous nous esquivons au plus vite sachant que nous avons échappé à une arnaque par miracle. 
Cette agence n’est pas la première ni la dernière d’ailleurs à se comporter ainsi. En effet, plusieurs personnes se sont déjà plaintes d’avoir été victimes d’abus de confiance de la part d’agences de voyages. Faux billets, destinations imaginaires, paiement en liquide …le constat est alarmant. A part les voyages de vacances, des agences spécialisées autrement sont allées jusqu’à escroquer des personnes voulant faire le pèlerinage. D’ailleurs, plusieurs affaires du genre ont défrayé la chronique au Maroc et nous ne citerons qu’un exemple, celui de Casablanca où une agence de voyages avait détourné l’argent d’une centaine de candidats au pèlerinage. Le directeur de l’agence leur avait promis un voyage qui s’est avéré fictif. 
Quand les fidèles étaient venus récupérer leur billet d’avion, ils avaient trouvé porte close. Le bonhomme avait, en effet, pris la poudre d’escampette et quitté le Maroc. Les victimes ont alors organisé un sit-in de protestation. Les autorités, alertées par cette manifestation, étaient très surprises par le comportement du tour-opérateur qui, selon un responsable des autorités de la place, était l’un des meilleurs de la ville. 
Aujourd’hui, on constate d’autres faits encore plus graves qui ont tendance à faire surface sur le net via les agences en ligne interposées. En effet, celles-ci affichent des prix d’appel bas avant d’ajouter ensuite toutes sortes de frais (frais de dossier, frais d’assurance, bagages en soute payant, frais d’émission et autres surcharges cachées), ce qui fait que le prix final devient très différent de celui de départ. 
Les agences de voyages restent un monde mystérieux, bien obscur et pour le moins controversable, et ce pas seulement au Maroc. Face à une anarchie causée par le non-respect des réglementations en vigueur, le client devient par conséquent la première victime. Les autorités, quant à elles, brillent souvent par leur absence et leur laxisme face à cette situation. 
Selon l’article 20 du projet de loi de 2016 réglementant la profession, «toute personne physique ou morale qui se livre aux opérations prévues à l’article premier (pratique du métier) de la présente loi est responsable à l’égard de ses clients de la bonne exécution des obligations résultant du contrat, que ces obligations soient à exécuter par elle-même ou par d’autres prestataires de services, sans préjudice de son droit de recours contre ceux-ci ». 
Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Les autorités dans tout cela, se doivent de réagir avec plus de rigueur, il y va de l’avenir de notre politique touristique.









 

Siham Nassef (Stagiaire)
Jeudi 20 Juillet 2017

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