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Des morts et des blessés dans une fusillade à Goma en RDC




Sept personnes ont été tuées et 18 blessées dans une fusillade dimanche soir à Goma, la grande ville de l'est de la République démocratique du Congo, a annoncé lundi le maire.
"Un groupe d'hommes hier soir (dimanche) a tiré sur la population", a indiqué à l'AFP Thimotée Muissa Kense, qui avait avancé un premier bilan de trois morts auparavant.
"Des hommes non identifiés ont semé la terreur. Ils ont tiré dans tous les sens. Hier (dimanche), ils ont tué trois personnes et il y a eu 22 blessés. Quatre personnes sont mortes des suites de leurs blessures. Les 18 autres blessés restent toujours internés à l'hôpital Ndosho", a-t-il dit.
La fusillade a éclaté dans un quartier à la périphérie de la ville, Mugunga, sur la route du territoire de Masisi. "Vers 18h40, j'ai vu une moto venir avec deux personnes. Ils sont descendus. Ils ont tiré sur les gens. Trois personnes sont mortes. C'était la débandade. Nous nous sommes cachés dans un kiosque", a raconté à l'AFP un témoin, un boucher de 33 ans.
Interrogée sur place, une source sécuritaire a évoqué la piste d'un règlement de comptes mené par un groupe armé venant du territoire voisin de Masisi contre un homme, sa femme et leur enfant.
Le maire - nommé en février par ordonnance présidentielle, les édiles n'étant pas élus en RDC - a demandé à la population de rester "vigilante".
A la frontière du Rwanda sur le lac Kivu, Goma (environ un million d'habitants) est la principale ville de la province du Nord-Kivu où les groupes armés tuent, violent et déplacent les populations dans les territoires intérieurs (Rutshuru, Beni).
Les fusillades à l'intérieur de la ville sont plus rares. La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) dispose d'un important QG dans Goma.
Des crimes particulièrement violents sont enregistrés à Goma, comme ces derniers mois des enlèvements d'enfants avec demande de rançons, et violences suivies de meurtres sur les petits otages. Il y a aussi des cas isolés de braquage de commerces.
Par ailleurs, un rapport du Bureau conjoint l'ONU aux droits de l'Homme dans ce pays (BCNUDH) a indiqué que les militaires de l'armée congolaise sont accusés, pour le cinquième mois consécutif, d'être les premiers responsables de violations des droits de l'Homme dans les zones de conflit en République démocratique du Congo
"Pour le cinquième mois consécutif, les agents de l'État ont commis plus de violations (60%) que les groupes armés (40%) dans les zones en conflit", selon ce rapport.
Parmi toutes les parties au conflit, "les militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont les principaux responsables des violations dans ces provinces (34%), tandis que les combattants Maï-Maï Mazembe sont les principaux responsables parmi les groupes armés (8%)", précise le rapport. Selon le BCNUDH, près de 45% de ces violations ont été documentées dans la province du Nord-Kivu (est) qui reste la plus affectée (137 violations), suivie du Sud-Kivu et du Kasaï au centre (36 violations chacune).
Contactés par l'AFP, les autorités politico-militaires congolaises n'ont pas réagi immédiatement.
Les provinces du Nord et Sud-Kivu sont déchirées par des conflits armés depuis 23 ans. Des dizaines de groupes armés locaux et étrangers s'y battent pour de contrôles de zones riches en ressources naturelles.
Depuis le début de l'année, l'armée a lancé des nouvelles offensives contre des groupes d'autodéfense congolais et les rebelles ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF).

Mercredi 2 Mai 2018

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