Des intellectuels marocains réclament le retour de “Macharif”

Mardi 24 Mai 2011

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Rares les émissions qui ont fait l’objet d’une telle campagne de solidarité, après leur disparition. Les responsables de la première chaîne de télévision nationale TVM se trouvent dans un grand embarras. Et pour cause, les intellectuels du pays, y compris les plus éminents,  ont souligné leur attachement à l’émission culturelle «Macharif», qui vient d’être interdite subitement et étrangement d’antenne. En effet, ce sont les Tahar Benjelloun Abdellatif Laâbi, Mohamed Berrada, Fatima Mernissi, Malika Assimi, Mohamed Achaari, Abderrafie Jawhari, Ahmed Madini, Tayeb Saddiki, Mohamed Bennis…et plus de cent autres signataires qui se sont soulevés pour dénoncer une telle interdiction. Pour eux, l’émission culturelle "Macharif" a constitué, ces dernières années, l’un des rares espaces de débat et d’échange culturels sérieux, sur le calendrier des programmes de la télévision nationale "Al Aoula".
«Prenant acte de cette opportunité qu’offre "Macharif" à l’intellectuel marocain, en lui permettant de se pencher sur l’actualité, nous soulignons la priorité d’associer l’acteur culturel dans ce débat sociétal, et dénonçons ce stratagème qui vise à mettre fin à l’une des rares émissions culturelles de la télévision nationale, permettant une présence de voix d’intellectuels marocains à travers les médias publics », ont-ils souligné par voie d’un communiqué qu’ils ont signé à cet effet.
Les intellectuels marocains, comme aussi les institutions culturelles nationales, telles que l’Union des écrivains du Maroc (UEM) et la Maison de la poésie au Maroc, ont également dénoncé «cette hégémonie de la pensée sécuritaire sur les médias publics, qui entrave toute ouverture sur la dynamique et les mutations que connaît notre pays».
Présentée chaque mercredi par le poète Yassin Adnan, l’émission qui vient de disparaître sans aucune explication ni justification de la part des responsables de la première chaîne, allait entrer dans un cycle d’analyses sociologiques autour de la dynamique sociopolitique qui prévaut actuellement au Maroc. La presse nationale a en effet lié cette disparition et l’accompagnement de cette dynamique sociétale. Un retard historique que risque d’aggraver cette décision arbitraire.    

Mustapha Elouizi
Mardi 24 Mai 2011
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