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Des insuffisances en matière d’ analyse de la conjoncture subsistent au Maroc


Le CMC publie un spécial sur l’entreprise marocaine face à la nouvelle conjoncture



«Malgré un nombre important d’organismes chargés du suivi de la conjoncture présent sur le territoire national, des insuffisances en matière d’analyse de la conjoncture subsistent », a relevé le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa dernière publication mensuelle « Maroc Conjoncture » (n° 322). Ces insuffisances « concernent l’état de l’information et son utilisation par ses différents détenteurs, ce qui limite considérablement toute tentative de développement des méthodes d’évaluation de l’activité économique », a indiqué l’observatoire privé et indépendant de l'économie marocaine soulignant un besoin de données plus adaptées et plus pertinentes. S’intéressant aux évolutions économiques de très court terme, l’analyse conjoncturelle a pour objectif de « fournir un diagnostic sur l’évolution récente et future de l’activité économique et anticiper ses tendances », a d’emblée relevé le CMC notant de ce fait qu’« elle apporte une aide précieuse aux différents responsables tant publics que privés dans leur prise de décision ». Mais pour cela, « il est indispensable de posséder une information fiable, régulièrement mise à jour et facilement accessible », provenant de sources diverses telles que les enquêtes, statistiques administratives, a estimé le Centre dans ce spécial dédié à « l’entreprise marocaine dans une nouvelle conjoncture ». S’il est vrai que le Maroc a fourni des efforts importants dans ce sens, tout porte à croire que « beaucoup reste à faire », a estimé cet organisme qui s’est spécialisé dans l'analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact. Dans ce spécial, outre sa réflexion sur les modèles d’analyse de la conjoncture au Maroc et la nécessité d’avoir des données plus adaptées et plus pertinentes, le CMC s’est également intéressé à cinq autres axes. A savoir : « Les laissés-pour-compte de la mondialisation : contestation des politiques publiques » ; « Epargne au Maroc : des seuils en deçà des niveaux d’investissement » ; « Système statistique et réalité économique : mesure statistique et réalité sous-jacente » ; « Accès des entreprises au crédit : Small is not beautiful ! » et « Dynamique démographique, croissance et inclusion : les enjeux de la décennie 2020 ». Concernant l’axe sur « Les laissés-pour-compte de la mondialisation : contestation des politiques publiques », le CMC a d’abord soutenu que les manifestations fortement inégalitaires de la mondialisation constituent les principaux facteurs de la remise en cause des politiques publiques, avec pour principal vecteur l’insuffisance chronique des aides aux individus à revenus faibles ou en voie de dégradation. Puis, il a fait remarquer que « les promesses des politiques soutenant la mondialisation, inspirées par les économistes néolibéraux, n’ont pas tardé à décevoir devant le recul généralisé des revenus de la majorité des populations, à l’exclusion du décile supérieur des classes les plus riches ». Abordant le volet sur l’épargne au Maroc, le Centre a affirmé qu’elle est la variable qui assure la répartition intergénérationnelle de la richesse, au plan opérationnel, et qu’elle constitue « un levier majeur de toute dynamique de croissance », ajoutant qu’insuffisance est synonyme d’aggravation des besoins de financement nécessitant un recours accru au financement monétaire ou à l’endettement. S’agissant du système statistique, le CMC note que « les systèmes d’informations et d’informations statistiques, en particulier par leur degré de pertinence et de performance et par l’étendue de leur couverture sectorielle et spatiale, constituent un indice révélateur du niveau de développement du pays ». Et de souligner qu’ils reflètent l’avancement réalisé en matière de transparence et de bonne gouvernance économique. Quant à l’axe relatif à l’accès des entreprises au crédit, le Centre a rappelé les résultats de l’enquête nationale réalisée par le Haut-commissariat au plan (HCP) en 2019 révélant d’une part que 63% des chefs d’entreprise TPE sont «insatisfaits» des services offerts par les institutions financières, et d’autre part que la faiblesse des financements externes, notamment bancaires, des entreprises s’expliquerait, entres autres, par les garanties exigées qui seraient trop contraignantes. Enfin, il ressort de ces réflexions sur la dynamique démographique et des enjeux de la décennie 2020 que « les transformations en profondeur des structures démographiques depuis plusieurs décennies constitueront pour les années à venir l’un des facteurs déterminants qui conditionneront non seulement le rythme de croissance mais aussi les capacités de création d’emploi et le potentiel d’inclusion ». Le CMC, qui effectue régulièrement des recherches et des études macroéconomiques, sectorielles, démographiques et commerciales destinées aux entreprises privées et aux organismes publics, a en effet relevé que « les projections effectuées à l’horizon 2030 font apparaître des changements notables dans les structures démographiques qui auront des répercussions directes sur l’équilibre du marché du travail et le potentiel de production ». 

Alain Bouithy
Mardi 7 Avril 2020

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