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Crimes écologiques à Saïdia, lieu mythique de villégiature

La voix citoyenne s’insurge contre les méfaits du béton dans l’Oriental




On assiste depuis quelques années à une privatisation sournoise de nos plages par des mafias qui, devant le laxisme bienveillant, on va dire, des autorités, s’accaparent petit à petit l’espace maritime du Royaume au mépris des lois et règlements en vigueur, le régissant. Perfides et malhonnêtes et de procédés scélérats, nos spoliateurs des temps modernes investissent contre ‘’vents et marées’’ le littoral qui, soi-disant, est interdit à toute construction en dur et sur les plages et sur les dunes bordières maritimes.
En dépit de cela, force est de constater que les grains de sable de plages, qu’elles soient méditerranéennes ou océanes de l’Atlantique et pour reprendre la formule consacrée, de Saïdia à Lagouira sont considérés avec convoitise et sont exploités à des fins mercantiles de tous genres.  
Dernier fait d’armes de ceux qui s’adonnent en toute impunité à ces crimes écologiques, Saïdia lieu mythique de la villégiature orientale où les bienfaits inscrits sur le sable ont laissé place aux méfaits du béton devenu par la force des choses et de la spoliation immobilière ‘’way of life’’ et  auquel nul mouvement quotidien ascendant et descendant de la mer ne peut guère grand-chose. Ni la nature ni l’homme n’ont d’effets sur la course effrénée de la conquête des bordures méditerranéennes à laquelle s’adonne cette mafia.
A Saïdia, des commerces (cafétérias et autres) s’attribuent injustement l’exclusivité de la plage d’abord en bétonnant et en construisant sur le domaine maritime et ensuite en occupant les lieux jusque pieds dans l’eau en interdisant même aux citoyens l’accès à la plage.
Une «violation flagrante de la loi 81-12 sur la protection du littoral» d’après Mohamed Benata,  président de l’ONG Espace de solidarité et de coopération de l’Oriental. Cette loi sur le littoral stipule, poursuit-il, «une bande non-constructible de 100 mètres»; or sur le terrain, le son de cloche est une autre réalité, on fait fi de tout cela en toute absence de sanction, «c’est aberrant».  
Afin de protester contre cet état de fait, l’ONG, qui, une fois de plus, a constaté de nouveaux travaux illégaux entamés depuis décembre et devant le silence des autorités malgré les écrits adressés à tous les départements ministériels concernés, (l’Intérieur, l’Environnement, l’Equipement, celui chargé des Relations avec le Parlement et la société civile), les autorités locales ainsi que le wali de la région de l’Oriental et le gouverneur de Berkane, en appelle à un sit-in pour demain samedi 07 janvier 2017 devant les lieux de ces «crimes écologiques» afin d’attirer l'attention de l'opinion publique nationale et internationale. Le comportement de l’administration qui a octroyé une autorisation non réglementaire et hors-la-loi est tout à fait scandaleux malgré le discours Royal la rappelant à l’ordre quant à des agissements peu dignes envers le citoyen. Appel donc a été fait à tous les citoyens et citoyennes intéressés à se mobiliser afin de protéger leur littoral, bien commun de tous les Marocains.
Au lendemain du succès de la COP22, il est comme qui dirait des fossoyeurs, naguère tapis le temps d’un événement, qui se sont manifestés de plus belle, ne voulant aucun bien à notre pays, sinon leurs intérêts.

Mohamed Jaouad Kanabi
Vendredi 6 Janvier 2017

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1.Posté par mohammed hlal le 07/07/2018 14:18
Ce qui se passe à Saïdia résume assez bien ce qui se passe à l'échelle nationale. Une gestion catastrophique du patrimoine naturel du pays dont la seule considération des responsables est celle de satisfaire les intérêts particuliers des Serviteurs de l'Etat et des spéculateurs immobiliers et autres qui leurs sont assujettis. Ils n'ont aucun respect ni pour le pays, ni pour ses habitants. La loi qu'ils ont mise en place n'est pas applicable pour eux, au contraire elle les protège pour continuer à piller le pays et à le mettre en danger. Tout un arsenal juridique de forme et de fond est avancé à chaque fois que le problème est mis à l'appréciation de la justice, comme ce fut cas pour incompétence pour arrêter l'usage du béton à moins de 100 mètres dans la plage de Saïdia. En attendant les procédures de forme, les criminels immobiliers et leurs protecteurs administratifs continuent leurs méfaits destructeurs. La dernière campagne pour la libération du domaine maritime n'est que de la poudre aux yeux pour détourner l'attention des vrais problèmes écologiques et dont les seuls responsables sont ceux qui autorisent les "Pseudos investisseurs" à utiliser le béton et à s'accaparer de l'espace maritime national qui appartient au fait à tous les marocains et dont la propriété excusive appartient à la Marine royale.

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