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Comment réussir les réformes relatives à la gouvernance publique




La plupart des études et analyses sur les expériences relatives aux réformes de la gouvernance publique ont été axées sur les obstacles à la réussite de leur mise en œuvre, notamment la résistance politique, l'inertie bureaucratique et les contraintes d’expertise. Aussi les pratiques ont-elles montré que les approches purement technocratiques de la réforme et la mise à niveau de la gouvernance avaient une portée et une efficacité limitées. Ainsi, la mise à niveau des réformes relatives à la gouvernance peut être freinée par une attention insuffisante accordée aux facteurs politiques et à l'importance des incitations bureaucratiques à la réforme. Il est nécessaire de mieux comprendre les approches efficaces en tirant des enseignements de la conception et de la mise en œuvre de ces réformes, dont le but est de promouvoir des changements structurels dans les institutions de l'Etat et les types d'incitations qui façonnent le comportement des politiciens et des bureaucrates.
Il ressort des résultats des analyses et des études à ce sujet que trois facteurs essentiels concourent au succès des réformes : la nature de la classe politique, le degré d’expertise technique et le calendrier de ces réformes. L'engagement politique au plus haut niveau du gouvernement soutient les fonctionnaires responsables de la mise en œuvre de la réforme et contribue à dissiper l'opposition de ceux qui risquent de perdre grâce à la réforme. Un niveau élevé de capacité technique de l'administration, combiné à une certaine isolation initiale vis-à-vis des pressions politiques et sociales, est propice à une réforme durable. En outre, les réformes progressives ont tendance à être plus efficaces que les mesures globales rapides.
La conception et la mise en œuvre réussies dépendent aussi des institutions formelles et informelles qui incitent les décideurs à lancer des réformes relatives à la gouvernance. La décision des dirigeants politiques de mener une stratégie de réformes implique une évaluation minutieuse des risques et des avantages potentiels. Les principaux risques sont une perte potentielle de ressources et une possible érosion du soutien politique en réponse à des mesures impopulaires. Mais, ceux-ci sont compensés par des avantages potentiels sous forme d'une augmentation des gains électoraux résultant d'une amélioration des performances économiques et de la fourniture de biens et de services publics. Dans ce contexte, la mesure dans laquelle les politiciens sont prêts à modifier leurs méthodes et ressources de favoritisme influence considérablement les résultats de la réforme comme les incitations qui dissuadent les bureaucrates d'empêcher les initiatives de réforme et de faire partie intégrante d'une mise en œuvre réussie.
Trois caractéristiques structurelles de la politique et de la société susceptibles d'influer la mise en œuvre des réformes sont identifiées. En premier lieu, on note la profondeur institutionnelle (longévité, flexibilité, adaptabilité et légitimité accrues des institutions formelles et informelles) à travers lesquelles des accords sont conclus entre des groupes sociaux en conflit, dont  les perdants sont indemnisés, renforce le soutien à la réforme et réduit le coût de l'innovation. Le deuxième point concerne la composition et la nature des élites dirigeantes. A cet effet, les élites traditionnelles peuvent empêcher l’émergence de coalitions en faveur des classes moyennes et pauvres, ainsi que la montée de nouveaux groupes sociaux engagés dans la réforme. Le dernier point est relatif à la diversité et à l’importance de la société civile. Une société civile diversifiée dotée d'institutions capables de développer des solidarités horizontales peut inciter les réformateurs à réagir positivement aux réformes et à offrir de nouvelles sources de soutien politique pour compenser la perte d'électeurs établis opposés à la réforme.
En conclusion, il faut dire que la conception et la mise en œuvre des réformes relatives à la gouvernance dépendent de la manière dont les décideurs réagissent aux soutiens façonnés par des variables politiques et institutionnelles spécifiques au contenu de la réforme et au contexte du régime. Les stratégies de gestion de la mise en œuvre des réformes vont de la poursuite active de la réforme à la réduction du favoritisme, en tirant profit des avantages politiques, l’objectif étant d’adopter une approche plus prudente  à même d’introduire des changements progressifs mais réussis.

Comment réussir les réformes relatives à la gouvernance publique

Par Elhazziti Mohammed Anouar
Samedi 22 Juin 2019

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