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Bloc-notes hebdo Mohamed Bakrim




Bloc-notes hebdo Mohamed Bakrim
Alain Badiou

La télévision, on le sait, est abêtissante; sa mission comme il a été officiellement reconnu par l'un des patrons de ce média, c'est de libérer une part de notre cerveau et le préparer à recevoir de la publicité; mais il arrive à la télévision de céder des moments d'intelligence comme l'autre  soir sur la chaîne publique France 3 lors de l'émission de talk show quotidienne « Ce soir ou jamais »…une émission qui donne la parole à des gens qui n'ont pas l'habitude de passer à la télévision et dont la nature du  discours est souvent incompatible avec les contraintes du flux télévisuel: des sociologues, des anthropologues, des romanciers…ou des philosophes comme Alain Badiou. Son passage sur France 3 a été considéré, à juste titre, comme un événement. Alain Badiou a été présenté comme le représentant de la pensée radicale le plus en vue aujourd'hui non seulement en France mais dans le monde. Il est dans la continuité de la tradition de la théorie française qui a vécu ses années de gloire dans les années 60 et 70…Alain Badiou est venu à la télévision dans le sillage du débat ouvert autour de la crise que traverse le système économique mondial. Le titre de son prochain livre qui sort la semaine prochaine résume sa pensée, L'hypothèse communiste. Même si la télévision n'est pas le lieu approprié pour développer une pensée cohérente, nous avons en tête la formidable critique formulée par Bourdieu qui, par expérience, était arrivée à la conclusion qu'il est difficile de présenter un discours raisonné, Alain Badiou s'en est tiré convenablement, se basant sur la clarté de sa pensée et de son raisonnement. On en retient globalement que ce qui est en train d'arriver signifie la fin du cycle conservateur et réactionnaire ouvert avec le début des années 80. Sur la nature de la crise, il a été très clair en démontrant que c'est une crise structurelle, profonde, inhérente à la nature même du système; ce qui ne signifie pas pour autant que c'est la  séquence ultime du capitalisme: l'alternative n'étant pas encore disponible. « L’hypothèse communiste revient à dire que le devenir de l’humanité n’est pas condamné à la domination planétaire du capitalisme, aux inégalités monstrueuses qui l’accompagnent, à l’obscène division du travail et à la « démocratie » qui est, de tout cela, le concentré étatique, organisant en fait le pouvoir sans partage d’une oligarchie très étroite. » Un moment de bonheur intellectuel.

Grève

A Casablanca, la population a vécu un nouveau calvaire avec la grève des taxi-drivers et autres transporteurs. On peut rétorquer que c'est le coût de tout mouvement social; une grève n'est jamais populaire et ses dommages collatéraux sont toujours vastes et variés…mais en l'espèce, c'est une grève impopulaire non pas seulement du fait de ses conséquences sur les usagers (avec un point positif cependant, celui de l'écologie)  mais du fait du caractère discutable de sa raison d'être.
C'est une grève contre la modernisation de l'Etat; c'est un mouvement strictement corporatiste qui prend en otage et l'Etat et la société…Dans la tradition du mouvement syndical, les secteurs du transport routier sont souvent des alliés de mouvement politique droitier, réactionnaire…Les militants de gauche se souviennent que ce sont les camionneurs et les transporteurs qui ont étouffé et finalement facilité la défaite de l'expérience progressiste de l'Unité populaire dirigée par feu Allende au Chili. Aujourd'hui, la grève contre la réforme du Code de la route est révélatrice de l'état de notre société traversée par des tendances extrêmes. Il est triste de constater que l'Etat, facteur principal de modernisation dans notre contexte, n'a pas fait  preuve de bonne conduite. Le dossier a été géré par les populistes et les démagogues. La réforme n'est pas pour demain.    

Des communales tous les ans

Ainsi, nous sommes plus de 13 millions de citoyens à avoir répondu à l'appel civique d'inscription sur les nouvelles listes électorales. D'ici le mois de juin, nous allons être l'objet de toutes les sollicitations. Pour les grands décideurs, il s'agit de nous convaincre de faire le déplacement pour donner crédit à l'expérience…et pour les autres, ils vont tenter de nous convaincre pour accorder notre vote à tel ou tel emblème politique. Le choix va être large tant l'éventail proposé est vaste. Mais, les gens vont voter sur un bilan; or, celui-ci  n'est guère brillant pour la plupart de nos communes. Dans plusieurs de nos contrées, des travaux ont été entamés pour redorer le blason de nos avenues et autre édifice municipal…c'est un peu tard pour séduire des électeurs ulcérés par le délabrement généralisé. Nos élites locales devraient être sanctionnées non pas tous les sept ou cinq ans mais tous les ans pour les pousser à la mobilisation permanente. La proposition devrait être prise au sérieux d'autant plus qu'avec la technologie de l'information et de la communication on pourrait faire voter tout le monde via son téléphone portable et suivant un code déterminé…c'est aussi la meilleure manière d'assurer une forte participation qui va, dans le cadre du système actuel,  enregistrer un nouveau (triste) record.


M B
Mercredi 15 Avril 2009

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