Barbarie extrême. Déluge de feux sur le Liban

Des morts par dizaines et des blessés par centaines


Libé
Vendredi 10 Avril 2026

Une agression vivement condamnée de par le monde

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La trêve entre l'Iran et les Etats-Unis semble tenir à un fil mercredi soir, Téhéran menaçant de reprendre les hostilités après les frappes meurtrières d'Israël sur le Liban.

Le vice-président JD Vance, qui doit conduire samedi la délégation américaine lors de discussions avec l'Iran au Pakistan, a jugé qu'il appartenait aux dirigeants iraniens de décider si la trêve échouait à cause du Liban.

"Si l'Iran veut que cette négociation capote à cause d'un conflit dans lequel ils se font étriller au Liban, qui n'a rien à voir avec eux, et dont les Etats-Unis n'ont jamais dit qu'il faisait partie du cessez-le-feu, c'est leur choix", a-t-il dit mercredi avant de quitter Budapest.

Des frappes israéliennes simultanées sur le Liban, en particulier des zones résidentielles de Beyrouth, ont fait 182 morts et 890 blessés mercredi, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé avoir mené sa "plus grande frappe coordonnée" contre le Hezbollah depuis le déclenchement de la guerre le 28 février, disant avoir visé "des centaines" de membres du mouvement pro-iranien, dont un commandant.
Une série de frappes a visé, sans avertissement, plusieurs quartiers au coeur de la capitale, provoquant des scènes de panique.

"J'ai vu l'avion frapper, les gens commencer à courir dans tous les sens, et la fumée s'élever", a dit Ali Younès, qui attendait sa femme près de la corniche Mazraa, un des secteurs visés.

Or, un cessez-le-feu au Liban constitue l'une des "conditions essentielles" de l'Iran énoncées dans son plan en dix points, base de la trêve avec les Etats-Unis, a insisté mercredi soir le président iranien Massoud Pezeshkian, selon l'agence Isna.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lui jugé "déraisonnable" le cessez-le-feu et des négociations avec les Etats-Unis.

Malgré l'arrêt des bombardements israélo-américains sur l'Iran, après 39 jours d'un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, le calme est encore loin d'être revenu dans la région, et le flou subsiste sur les termes de l'accord.
Le Pakistan, médiateur du cessez-le-feu, a appelé les parties à la "retenue".

"Des violations du cessez-le-feu ont été signalées en quelques endroits dans la zone de conflit, ce qui sape l'esprit du processus de paix", a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.

Des représentants des deux parties doivent se retrouver samedi à Islamabad pour négocier un règlement à la guerre, au-delà de la trêve de deux semaines décidée dans la nuit de mardi à mercredi, in extremis, avant l'expiration d'un ultimatum de Donald Trump.

"J'ai vu une frappe, c'était très fort, des enfants ont été tués, d'autres ont eu les bras coupés", a déclaré à l'AFP Yasser Abdallah, qui travaille dans un magasin d'électroménager dans un secteur proche du lieu d'un des bombardements dans la capitale libanaise.
Ces attaques ont suscité de nombreuses condamnations, de l'ONU à l'Irak en passant par la Jordanie.

Le Haut-Commissaire des droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, a jugé l'ampleur des tueries "épouvantable" et appelé la communauté internationale à aider à mettre fin au "cauchemar".

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a décrété une journée de deuil national jeudi.
De son côté, le Hezbollah a dit être en "droit de riposter". Les Gardiens de la Révolution iraniens ont également menacé de répliquer après le "massacre brutal" à Beyrouth.
Le Premier ministre pakistanais avait pourtant déclaré que le cessez-le-feu s'appliquait "partout", y compris au Liban, ce que Washington a ensuite démenti.

Autre élément à-même de fragiliser davantage le cessez-le-feu, un haut responsable de la Maison Blanche a assuré qu'un plan en dix points diffusé publiquement par l'Iran n'était pas le document servant de base aux négociations avec les Etats-Unis.
 
Une liste publiée par la République islamique évoque notamment "le maintien du contrôle iranien sur le détroit d'Ormuz, l'acceptation de l'enrichissement d'uranium, la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires".

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