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Axe II : Quelle évolution de nos positions sur les grands enjeux de notre pays ?

Document politique élaboré par la Commission préparatoire du 11ème Congrès national de l’USFP* (Suite)


Libé
Jeudi 27 Janvier 2022

Développer nos positions et les rendre compatibles avec les nouvelles conditions nécessite une lecture de nos positions dans de nombreux domaines qui ont fait l’aura de l’USFP auprès de l'opinion publique.

Nous traiterons ici successivement les chantiers, politique, institutionnel, social, économique, sociétal, ainsi que les grandes questions.

Chantier politique et institutionnel : réforme du fonctionnement des institutions constitutionnelles et de leur cadre constitutionnel, primauté de la loi et réforme du système judiciaire, chantier des droits humains, celui de la régionalisation avancée, ainsi que celui du système électoral.
 
La réforme du fonctionnement des institutions constitutionnelles et leur cadre constitutionnel
 
10 ans se sont écoulés depuis l’adoption de la Constitution de 2011. Cela constitue une étape essentielle pour voir dans quelle mesure cette Loi suprême encadre efficacement la vie politique, et dans quelle mesure certaines lacunes révélées par la pratique peuvent être comblées. Dans la mesure où la nouvelle Constitution représente une charte politique avancée, nous devons suivre sa mise en œuvre afin d'identifier les difficultés qu’on peut rencontrer dans la pratique, et travailler à les dépasser.

L'USFP a joué le rôle principal dans le chantier de réformes politiques et constitutionnelles dans notre pays, depuis la Constitution de 1962 jusqu'à celle de 1996, qui a répondu à une partie de nos revendications, ce qui a favorisé l’Alternance consensuelle. Bien que nos alliés de l'époque aient abandonné l'exigence de la réforme constitutionnelle, nous avons pris l'initiative, et nous avons soumis, de notre propre chef, un mémorandum contenant notre vision d'une révision complète de la Constitution (2009).

Malgré l'importance du Hirak sociétal qu’a connu le Maroc, à l’instar de nombreux pays de la région, nous avons constaté que les slogans, qui ont été scandés durant le Hirak auquel ont adhéré diverses organisations partisanes, syndicales et de la société civile, n’ont pas dépassé le seuil des revendications des partis nationaux démocrates en général et les revendications de réforme constitutionnelle formulées par l’USFP en particulier.

Des slogans tels que «A bas la corruption» et «Monarchie parlementaire» condensaient des revendications dont certaines d’entre elles ont été satisfaites grâce à la lutte menée pendant des décennies, ce qui explique qu’aucun slogan appelant à renverser le système n’a été scandé lors du Hirak, contrairement à ce qui s'est produit lors de mouvements populaires dans d'autres pays. La réponse de l'Etat fut rapide en ouvrant le chantier d’une réforme profonde de la Constitution sur la base des fondements avancés et de nouveaux mécanismes de travail fondés sur l’approche participative fixés dans le discours Royal du 9 mars 2011.

A l’heure de la mise en œuvre des dispositions constitutionnelles et la promulgation des lois organiques et ordinaires nécessaires, nous avons remarqué que le gouvernement conservateur, formé après l’adoption de la Constitution de 2011 qui a géré les affaires publiques pendant presque une décennie en se basant sur une majorité numérique, a vidé de nombreuses dispositions constitutionnelles de leur essence, d'une part et  s’est livré à des pratiques politiques au sein des institutions constitutionnelles allant à l’encontre de l’esprit avancé de la Constitution de 2011, d’autre part.

L'USFP ne cessera pas de défendre le principe d'institutions constitutionnelles fortes, et il a le devoir d'alerter sur les lacunes constitutionnelles qui doivent être comblées après 10 ans de mise en œuvre de la Constitution. A cet égard, nous continuerons à défendre l'institution législative afin de mettre fin à la domination  gouvernementale sur cette institution, de rétablir l'équilibre nécessaire entre la majorité et l'opposition, et de reconsidérer tous les textes législatifs relatifs aux institutions pour la protection et la promotion des droits de l'Homme, aux organes de bonne gouvernance, de régulation, de promotion du développement humain durable et de la démocratie participative afin de les transformer en institutions soutenant le gouvernement dans l’élaboration de ses politiques publiques, puisque lesdites institutions constitueraient une force de proposition basée sur l’expertise et composée de cadres choisis en fonction de leur compétence, et non de leurs appartenances politiques, syndicales ou associatives.

En outre, d'autres domaines nécessitent une attention particulière, tels que le principe de la primauté de la loi, une plus grande rationalisation du temps parlementaire, la précision des relations entre les pouvoirs législatif et exécutif, le système judiciaire et certaines institutions de gouvernance.

Si la Constitution de 2011 a établi les principes généraux d'organisation et de fonctionnement des institutions constitutionnelles, et a laissé aux lois organiques et ordinaires le soin de les préciser, la pratique a montré que nombre d'entre elles nécessitent le perfectionnement voire la reconsidération.

La première législature après l’adoption de la Constitution 2011 n'a pas appliqué l'approche participative et consensuelle qui a été adoptée lors de l’élaboration de la Constitution elle-même, mais elle s'est appuyée sur la majorité numérique, ce qui a conduit à l'adoption de textes législatifs incapables d’encadrer la vie politique. Notre pays a besoin de plus de débats, d'amendements et d'examens de l'ensemble du système juridique encadrant les institutions constitutionnelles nationales et les collectivités territoriales, et d’une révision des lois régissant les institutions et les instances de gouvernance. Il s'agit ici de chantiers ouverts, qui devraient encore figurer à l'agenda de notre parti.

En ce sens, l'USFP continuera à défendre la modification de la loi organique des partis politiques pour qu’elle soit en harmonie avec la teneur de l'article VII de la Constitution, rationalise l’action des partis ; et à défendre le principe de permettre au Parlement d'exercer pleinement ses pouvoirs législatifs, de contrôle, d'évaluation et diplomatiques d'une manière permettant d’assurer l’équilibre dans ses relations avec le pouvoir exécutif. Dans la même logique, notre défense du principe d'un gouvernement doté de prérogatives étendues devrait entraîner également l’inadmissibilité du retrait de toute prérogative gouvernementale au profit d'une autre institution constitutionnelle.

Et ce qui a aggravé les problématiques de fonctionnement des institutions, c'est la faiblesse dont les chefs de gouvernement ont fait preuve dans leur gestion des affaires publiques, phénomène qui rappelle les fonctions du «Premier ministre» dans les précédentes expériences constitutionnelles. 
 
La primauté de la loi et la réforme de la justice
L'USFP considère que la primauté de la loi est l'un des piliers de la société démocratique et que, par conséquent, l'Etat de droit suffit à garantir l'exercice des droits et libertés fondamentaux, à réduire toutes les formes de violence, et à redonner confiance aux citoyens dans l'application de la loi à l’encontre de l'Etat lui-même. Ce principe exige l'application des dispositions constitutionnelles liées à la primauté de la loi, à sa non-rétroactivité, à la corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes, à la lutte contre les abus de pouvoir, et à la lutte contre la corruption...Notre parti considère également qu'il faut travailler avec fermeté pour lutter contre toutes les formes de la corruption, en particulier la séparation entre le pouvoir de l'argent et des affaires et de l'influence et le pouvoir politique, tout en veillant à accélérer le rythme de la mise en œuvre de la politique pénale en renforçant les mécanismes juridiques de lutte contre la corruption financière. En ce sens, nous tenons toujours à la création d’une Instance des affaires d’Etat afin de protéger les différents services de l'Etat contre les risques juridiques et de disposer de mécanismes centraux dans le domaine de la lutte contre la corruption et la dilapidation de l'argent public et ce, conformément à la proposition de loi présentée par le Groupe socialiste à la Chambre des représentants le 18 septembre 2011.

Le principe de la primauté de la loi est l'un des principaux piliers sur lesquels repose la réforme globale de la justice, à condition que celle-ci se fasse selon une approche participative, étant donné qu’il s’agit de mettre en place les règles de l'indépendance du pouvoir judiciaire, ce qui nécessite à son tour une harmonisation et une réforme de l'ensemble du système, au niveau de l'organisation judiciaire, du droit à un procès équitable, de la révision complète des textes de lois dépassés, ou des professions juridiques et judiciaires.

Par conséquent, nous considérons au sein de l’USFP que les chantiers de réforme de la justice sont toujours ouverts, et nous continuerons à défendre des alternatives qui répondent aux attentes des citoyennes et des citoyens pour mettre en place une justice indépendante et impartiale, et des lois justes et équitables, ce qui pourrait avoir un impact positif sur le développement global dans notre pays.

Outre les réformes judiciaires institutionnelles, l'USFP considère que la réforme de la justice devrait concerner l’aspect lié à la prestation de services aux citoyennes et aux citoyens à toutes les étapes du procès. Garantir le droit d'accès à la justice et une bonne gestion du temps judiciaire, rendre les jugements dans des délais raisonnables, envoyer et recevoir les documents relatifs aux dossiers judiciaires, et notifier et exécuter les décisions de justice, tout cela nécessite une réforme qui soit en conformité avec les dispositions constitutionnelles et la poursuite de l’approche participative dans l'élaboration et la modification des textes législatifs et réglementaires en vigueur.

A cet égard, les différentes fonctions et professions juridiques et judiciaires jouent un rôle primordial, ce qui nécessite d'ouvrir des canaux de concertation entre leurs praticiens et ceux qui les dirigent.

Le chantier des droits humains
L'USFP considère que la question des droits humains est au cœur des luttes politiques qu'il a menées pour jeter les bases de la démocratie et de l'Etat de droit dans notre pays. Il a fondé ses orientations intellectuelles, ses programmes politiques, ses positions de principe et ses slogans pratiques sur les valeurs et les principes universels des droits humains, tels que la liberté, la dignité humaine, l'égalité, la justice sociale, la participation politique, etc. Notre parti a porté la bannière de la reconnaissance des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels universellement reconnus et en a fait une réalité tangible pour toutes les catégories du peuple marocain, en défendant mordicus le droit à la vie, à la sécurité personnelle et juridique, à la protection de la justice, à l’égalité et la dignité humaine, à la liberté d'expression, de pensée et de conscience, ainsi que ceux à l'éducation, à la santé, à l’emploi, au logement et aux autres droits fondamentaux inhérents à la personne humaine.

Le parti ne s'est pas contenté de scander des slogans de principe, mais a plutôt œuvré à créer des mécanismes d’encadrement permettant à toutes les catégories populaires d'exprimer efficacement et de manière responsable leurs préoccupations et de défendre leurs revendications justes et légitimes, et ce, en créant de nombreuses organisations de défense des droits humains, des centrales syndicales et des associations de défense des droits de certaines catégories telles que les femmes, les jeunes et les personnes défavorisées, et de nombreuses associations de la société civile dans divers domaines social, développemental et culturel.

Ces organisations civiles, pendant des décennies, ont joué un rôle central, et ce, en harmonie avec les luttes politiques menées par notre parti. Ainsi, nos militantes et militants ont été fortement impliqués dans toutes les luttes politiques, sociales et en matière de droits humains. Pour cette raison, le parti a payé un lourd tribut et a consenti des sacrifices allant jusqu’à l’atteinte à la vie de ses dirigeants et ses symboles, aux arrestations arbitraires et aux faux procès, et à la détention de ses militants dans des prisons secrètes et publiques en les exposant à des tortures brutales ou à des tentatives d'assassinat, ou en lançant des campagnes d'expulsion arbitraire ou en imposant l'exil forcé à de nombreux dirigeants ou militants du parti. Toutes ces violations graves ont été reconnues à la fois par les rapports de l’Instance indépendante d'arbitrage et de l’Instance équité et réconciliation (IER).

Si notre pays jouit aujourd'hui d'une quantité importante de droits et de libertés fondamentales après des décennies de luttes amères et continues au cours desquelles notre parti a consenti d'énormes sacrifices, l’USFP, en tant que parti nationaliste progressiste qui croit aux valeurs et aux principes de liberté, d'égalité et de justice, ne prétend pas avoir atteint la perfection dans les acquis réalisés malgré leur importance, ce qui l'oblige à poursuivre la lutte et à consentir des sacrifices pour élargir l’espace des libertés et des droits fondamentaux.

Axe II : Quelle évolution de nos positions sur les grands enjeux de notre pays ?
A cet égard, il faut rappeler la nécessité de prendre le pouls de la société marocaine en prenant en considération la souffrance des catégories sociales privées de tous leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux universellement reconnus, en permettant à ces catégories d'y accéder, en en faisant une réalité tangible, et en exhortant l'Etat et le gouvernement à respecter leurs obligations internationales en matière de droits humains en mettant en application les dispositions des conventions internationales des droits humains ratifiées par le Maroc et en œuvrant à l'harmonisation des législations nationales avec l'esprit et les principes des droits humains tels qu'ils sont universellement reconnus.

Et parallèlement à tout cela, il faut défendre le droit des Marocains résidant à l'étranger à la participation politique en leur permettant d'exercer le droit de vote et de candidature depuis leur pays de résidence, ainsi que l'ouverture à toutes les compétences marocaines résidant à l'étranger, tout en bénéficiant de leurs compétences et en les impliquant dans toutes les instances de gouvernance en leur accordant une bonne représentation. En plus, il faut adopter l'idée de créer un Conseil supérieur de la migration.

Conscient de l'efficacité et de l'efficience de la lutte de masse de la société civile, l’USFP œuvrera à élargir les domaines de communication et de soutien à toutes les organisations nationales sérieuses de défense des droits humains et à toutes les organisations qui travaillent dans divers domaines pour protéger et faire progresser les conditions des droits humains civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux, et ce, en adoptant leurs revendications et en défendant leur mise en œuvre, voire en allant sur le terrain pour contribuer efficacement à l’encadrement et à la direction de leurs luttes, tout en les protégeant en même temps de certaines parties qui exploitent les slogans des droits humains pour faire passer leurs discours extrémistes, nihilistes, obscurantistes et anarchistes.

Notre parti continuera également à défendre les droits des séquestrés marocains dans les camps de Tindouf, et à en faire une priorité de notre lutte politique et des droits humains, tout en dénonçant les graves violations des droits de l'Homme dont sont victimes ces séquestrés dans les camps de la honte et qui sont commises par le régime algérien et les pantins du Polisario, et ce, en travaillant à créer un front mondial pour exiger la libération de ces séquestrés et garantir leur droit de retour à leur pays d'origine, tout en les indemnisant pour les graves dommages qu'ils ont subis pendant des décennies.

Enfin, l'USFP ne cessera pas de défendre l'élargissement de la marge de réconciliation et de tourner les pages des conflits internes et d'approfondir l'unité nationale, en accordant une amnistie générale pour toutes les personnes détenues dans les événements sociaux, ainsi que de travailler pour mettre pleinement en œuvre les recommandations de l’IER, rationaliser la gouvernance sécuritaire et suivre les recherches et les enquêtes pour révéler toute la vérité sur les disparitions forcées.

Chantier de la régionalisation avancée
 L’USFP a toujours assuré que pour donner un nouveau dynamisme à l'action globale de développement, il est nécessaire d’adopter une politique efficace dans la gestion du pays, une politique qui permet à la population de contribuer positivement à la gestion de ses affaires. De ce point de vue, le parti considère que la régionalisation est un principe prometteur par excellence. Et ce sur la base des études et recherches menées dans le cadre de la concertation nationale pour l'aménagement du territoire et de la perspective propre du parti, qui considère la régionalisation comme un élément essentiel pour la mise en œuvre du projet de développement économique.

Si la Constitution a établi des bases importantes pour la mise en place d'un système de régionalisation avancée, son application à travers les lois organisationnelles relatives aux collectivités territoriales, n'a toujours pas atteint le niveau souhaité, car les régions ont été réduites au niveau desdites collectivités territoriales, bien qu'elles occupent une place prépondérante au sein de ces mêmes collectivités.

La région n’est pas seulement une institution élue au suffrage universel direct, aux pouvoirs limités par des textes législatifs et réglementaires, c'est bien plus que cela. Et il convient de la développer en faisant des compétences des régions la règle générale et de l'intervention de l'Etat une exception. L’USFP considère que la région n’est pas seulement un ensemble de projets séparés les uns des autres, mais plutôt un projet national stratégique qui s'inscrit dans la vision nationale de la région, qui doit reposer sur la mise en avant de l'élément de solidarité et d'exploitation optimale de toutes les richesses des régions au profit de tous.

Cela nécessite de repenser la relation de l'Etat et de ses représentants avec les conseils régionaux de manière à ne pas faire de l’Etat un observateur et un responsable de l'application de la loi, mais plutôt un partenaire, accompagnant et assistant les conseils régionaux dans l'accomplissement de leurs missions. Et ce avec la participation du Fonds de solidarité pour permettre aux régions, sous-équipées en matière de structures et d'infrastructure, de développer leurs  programmes sur la base de ce programme national. Parallèlement, le parti considère qu'une accélération du processus de décentralisation est nécessaire pour ouvrir une relation directe entre les intérêts extérieurs des différents ministères et conseils régionaux, et mettre ces intérêts au service du développement régional.
 
Chantier du système électoral
L’USFP considère que des élections libres, justes et équitables sont la base de la transformation démocratique. Il est donc important que les déséquilibres dans le processus électoral soient régulièrement évalués, afin de parvenir à un système juridique et réglementaire intégré et harmonieux qui réalise l’équité électorale.

A travers nos positions constantes, qui se sont caractérisées par le travail pour atteindre les conditions d'une compétition électorale équitable, nous avons pu, lors de la préparation du processus électoral de 2021, défendre efficacement bon nombre de propositions que nous avons toujours prônées. Notre bonne organisation et nos positions politiques claires nous ont permis de réaliser de bons résultats lors des dernières élections et nous restons attachés à un système électoral juste et équitable.

Notre parti considère toujours que, si nous avons pu jusqu'ici introduire de nombreuses techniques nécessaires pour dépressuriser l'électorat, en abolissant le système des couleurs, en adoptant le système des symboles, le bulletin unique, le scrutin statutaire, entre autres, la présente étape nécessite une réforme radicale du système électoral. Surtout après la bataille que nous avons menée pour assurer les conditions essentielles d'une compétition politique équitable et honorable en excluant toute exploitation de la religion ou l'utilisation de l'argent dans les élections.

Chaque réduction de l’instrumentalisation de la religion et l’utilisation de l’argent à des fins électorale est une étape vers l'établissement d'une concurrence équitable. Mais le débat reste ouvert sur le système électoral, la répartition des circonscriptions électorales, le processus de contrôle des élections et les critères de financement des campagnes électorales.

Chantier social (protection sociale élargie, éducation civique, santé publique, emploi, logement décent, infrastructures) :
Malgré l'utilisation généralisée du concept de protection sociale, défendu par l’USFP, et sa promotion par des acteurs non liés au socialisme démocratique, nous considérons que l’adoption de ce concept qui est l’un des piliers du programme du parti de la Rose comme une source de fierté mais nous estimons que les discussions autour de cette question n’ont pas encore atteint l'objectif souhaité.

Réaliser une société de dignité, d'égalité et de développement intégral nécessite, selon notre perception partisane, d'assurer la cohésion sociale et de consolider les grands principes du socialisme démocratique, en prenant un ensemble de mesures dont l'Etat devrait assumer la responsabilité de mettre en œuvre afin de réduire les différences sociales et de soutenir les catégories les plus démunies et marginalisées, loin de tout soutien caritatif ou saisonnier. La politique d'intégration sociale ne peut se réaliser par des mesures d'assistance sociale de rafistolage, mais plutôt par l'adoption d'une politique intégrée qui concerne les secteurs sociaux de base.

La perspective de l’USFP ne repose pas sur des politiques sectorielles de protection sociale, comme le prônent de nombreuses organisations partisanes, ni même sur la mise en œuvre de promesses électorales pour gagner la sympathie des électeurs, mais vise plutôt à établir un vrai Etat social.

Par conséquent, nous visons à établir un pôle social qui élèvera notre pays à un niveau supérieur dans le domaine de l'intégration sociale. Il s’agit d’une politique intégrée que l'Etat doit mener dans cinq domaines fondamentaux qui concernent l'éducation et la formation, la santé, l'emploi, le logement décent et la mise en place d'infrastructures et de services publics de base.

Ce pôle intégré est, tout d'abord, conforme à ce qui est stipulé dans toutes les Constitutions depuis 1962, concernant le caractère social de la monarchie au Maroc et qui lui confère la légitimité d'œuvrer dans ce domaine. Il s'inscrit également dans la lignée des différentes mesures incluses dans nos programmes électoraux. Tous les deux visent la stabilité, l'équité sociale, et l’éradication de la pauvreté et de la marginalisation, tout en adoptant le concept de "protection sociale étendue", qui ne donnera les résultats escomptés que s'il est mis en œuvre dans le cadre de politiques publiques visant à atteindre l'égalité, la justice, l'équité, la solidarité et la préservation de la dignité des citoyennes et citoyennes. Seule cette politique, qui doit tenir compte des aspirations des différentes catégories sociales, est à même de mettre en place les bases de l'État social, qui n'est pas une forme d'intervention de l'État, mais qui est lui-même l'Etat soutien (et pas seulement l'Etat commanditaire).

La pandémie du Covid-19 a élargi de nombreux domaines d'intervention «obligatoire» de l'Etat et a démontré l'importance centrale des services publics. Ainsi, les citoyens, femmes et hommes, n'ont trouvé à leurs côtés que l'Etat dans les moments difficiles.

D'une part, l'importance de l'école publique et la capacité des ressources humaines à s'adapter rapidement ont été démontrées, et d'autre part, il a été constaté que seul l'hôpital public est capable d'affronter de telles situations et que les cadres médicaux et paramédicaux publics sont également capables de relever le défi pour lutter contre la propagation de la pandémie.

Beaucoup de Marocaines et de Marocains ont changé de position vis-à-vis des différents secteurs publics, ce qui prouve que l’USFP a eu raison de miser sur l'éducation et la santé publiques pour réaliser les aspirations du peuple marocain.

Quant au domaine de l'emploi, nous avons une fois de plus relevé la fragilité de la plupart des entreprises qui n'ont pu faire face aux répercussions de la crise sanitaire qu'en fermant sans mesures favorables aux salariés, et sans l'apport des pouvoirs publics. Sans la contribution des institutions publiques sociales, les travailleurs du secteur privé n'auraient pas été en mesure de gérer les moments difficiles que le pays a traversés.

Dès lors, le lien entre l'éducation, la formation, la santé et l'emploi constitue la base de toute politique publique qui vise à contribuer efficacement à l'établissement des fondements de la protection sociale, appuyés par le droit à un logement décent et à bénéficier des services publics, dans des infrastructures adéquates.

La promulgation d'un texte de loi encadrant la protection sociale est restée dans le cadre du bénéfice de l'assurance maladie obligatoire, qui couvre les frais de traitement, de médicaments et d'hospitalisation, de la généralisation des allocations familiales, de l'élargissement de la base de participation aux systèmes de retraite et de la généralisation de l'indemnisation pour perte d’emploi aux  personnes qui ont un emploi stable.

Dans la mesure où nous considérons qu'il s'agit d'un gain social, réalisé sur la base d'instructions Royales, nous considérons également que le gouvernement, dans le cadre de ses politiques publiques, devrait s'efforcer de coordonner toutes ses interventions sociales dispersées entre les différentes administrations, établissements et entreprises publiques et les collectivités territoriales, afin de créer un pôle social fort doté d'une gouvernance rationnelle et efficace, d'autant plus qu'elle est liée à des secteurs et domaines dont la gestion devrait être mieux coordonnée. La preuve est qu’il n’y a aucun lien clair entre les programmes de l’INDH et le système d'assistance médicale, le programme de réduction des disparités spatiales et sociales et les programmes de soutien à la scolarité des enfants (comme le programme Tayseer), ou encore le programme de soutien aux veuves. 

Chantier économique
Les chantiers du nouveau modèle de développement adopté par l'Etat, ont montré leur incapacité à asseoir une légitimité économique, capable de réaliser l'accumulation et la redistribution des richesses au sein de la société marocaine. Ils ont également perpétué, d'une part, le manque de confiance dans les composantes politiques, et la peur de perdre le contrôle, d'autre part. D'un point de vue économique, cet échec est dû à la focalisation sur le marché intérieur, au renfermement sur soi (à l'exception de certains secteurs) et à la marginalisation de l'importance de s'ouvrir au marché extérieur et d'attirer les investissements qui constituent un élément essentiel de développement.

La centralité de l'Etat réside dans le fait qu'il est la seule entité qui peut s'ouvrir au marché étranger et attirer les investissements étrangers, et donc c'est la seule entité qui peut sortir le pays de la faible croissance économique. Cela nécessite un positionnement géo-économique, permettant l’alliance avec des réseaux mondiaux de production et avec des technocrates capables d'intégrer le Maroc dans l'économie mondiale. L'accumulation économique est essentielle, et sans elle, le puissant appareil de l’Etat ne peut être renforcé. Bien sûr, l'Etat dans ce sens n'est pas un Etat totalitaire que le parti n'accepte pas puisqu’il est en totale contradiction avec ses principes et ses perceptions.

Les conditions et les ingrédients de la réussite économique de l'État dépendent de l'attraction des investissements, du renforcement de la main-d'œuvre, de la formation des ressources humaines, du renforcement du pouvoir d'achat, du renforcement de l'industrialisation interne, du développement des connaissances scientifiques, de l'encouragement de la recherche scientifique et technologique, de la lutte contre l’analphabétisme, du développement des études universitaires et du renforcement du numérique.

Chantier sociétal (enfance, jeunesse, personnes en situation de handicap, catégories en situation difficile, divertissements et sports, société civile, environnement) :
L’USFP qui vise à réaliser une société moderne, démocratique, diversifiée et solidaire entre toutes ses composantes politiques et civiles, s’arrête lors du XIe Congrès national sur l'état dans lequel se trouve cette société en termes de diversité, de solidarité et de participation de la société civile et son statut.

A cet égard, la société civile, forte et active aux côtés des différentes organisations syndicales, a constitué un contre-pouvoir, mais elle n'a pas réussi à s'imposer au niveau de la participation à l'intégration des individus et des groupes à la construction de cette société souhaitée, ce qui nous incite à parler de la nécessité d'un nouveau modèle de la société civile. L'Etat a créé des alternatives à la société civile, telles que le Conseil national des droits de l'Homme, le Conseil économique, social et environnemental ... Il faut donc travailler sur l’équilibre au niveau de la société civile et des contre-pouvoirs.

Les grands objectifs du projet de société que notre parti vise à consolider ne pourront être atteints sans parvenir à une société juste et démocratique qui accueille toutes les compétences et les énergies capables de faire face aux défis liés à la stabilité, au développement et au progrès de manière à garantir l'égalité, la justice sociale et la dignité humaine. Par conséquent, le parti considère qu'une société cohésive nécessite l'inclusion de divers groupes sociaux, en particulier les femmes, les jeunes, les personnes en situation de handicap et les personnes âgées, dans la vie politique, sociale, économique et culturelle. Cet objectif ne sera atteint qu'en créant un climat propice à l'inclusion, en luttant contre l'exclusion et la marginalisation, en mettant en œuvre les mécanismes démocratiques et en garantissant tous les droits politiques, sociaux et environnementaux fondamentaux.

Outre l'enjeu de faire progresser le statut de la femme, le projet de société adopté par le parti repose sur la nécessité de prendre soin des conditions de l'enfance en luttant contre la vulnérabilité à travers l’adoption de politiques publiques équilibrées fondées sur la justice sociale et territoriale, et le placement des jeunes au cœur des principaux objectifs, du fait de l'énergie vitale dont ils disposent pour agir dans les différents domaines. Il y a également l’intégration des personnes en situation de handicap et la prise en compte de leurs exigences dans la mise en place des politiques publiques. Et ce en s’appuyant sur un traitement participatif avec une dimension des droits humains qui permet aux groupes concernés de s'intégrer pleinement dans la société et la vie.

Partant du fait que les domaines de divertissement et du sport, en tant qu’outils de socialisation et d’encadrement sociétaux visant la propagation des valeurs de la tolérance, de la cohabitation et de la solidarité, le projet sociétal doit avoir pour objectif l’adoption de politiques publiques complémentaires, faisant de la pratique sportive un levier essentiel pour renforcer les investissements économiques et consolider le développement humain et la mobilisation collective des différentes compétences de la société.

Enfin, l’exécution des politiques publiques relatives aux axes se rapportant au projet sociétal, comme estimé par l’USFP, fait de la société civile un partenaire essentiel aussi bien dans l’élaboration que dans l’application. Laquelle société civile est considérée comme étant un acteur déterminant dans les initiatives d’encadrement des citoyennes et citoyens, ainsi que la société en vue de consolider les valeurs de la citoyenneté et de la solidarité, dans le développement de la vie politique, sociétale et intellectuelle.

Sans engagement aux principes de la démocratie participative et la garantie d’une intervention réussie des composantes de la société civile, le projet sociétal escompté ne peut pas être réalisé. Un projet sociétal qui exige que l’acteur civil soit indépendant, prenant l’initiative et partenaire stratégique dans la gestion de la chose publique loin de toute vision contraignante découlant de la tutelle de l’Etat ou toute autre partie au sein de la société. A cet effet, le parti insiste sur la nécessité de renforcer l’ouverture sur la société civile afin de mettre en place les conditions d’un véritable partenariat.  
Axe II : Quelle évolution de nos positions sur les grands enjeux de notre pays ?

Enfin, parmi les réelles préoccupations de la société actuelle, la protection de l’environnement qui est une revendication persistante au vu de ce qui affecte le système naturel comme menaces dangereuses dues aux changements climatiques, au dysfonctionnement des équilibres naturels et à recrudescence des phénomènes de pollution et d’atteinte à l’environnement.

L’USFP estime que notre pays doit s’engager, d’une manière élargie, dans les efforts internationaux visant la protection des ressources naturelles et l’entretien des systèmes environnementaux de sorte à garantir, d’une part, l’équilibre entre les répercussions des développements économiques et sociaux accélérés, et d’autre part, les exigences des systèmes environnementaux. Il est primordial de recourir à de véritables réformes en vue d’une mise à niveau environnemental, d’un renforcement des outils de la protection environnementale et d’une élévation du niveau de la gestion durable des ressources naturelles.

Les grandes questions :
Les femmes, la culture, la communication, les questions religieuse et linguistique


La question de la femme occupe une place centrale dans le projet sociétal auquel aspire l’USFP. Les femmes, pourvues d’une position active quant à l’édification démocratique et au développement de la société, peuvent –au cas où les conditions idoines sont remplies, contribuer de manière efficace  dans la vie politique et économique et dans le processus de socialisation. A ce propos, l’USFP appelle à la participation active des femmes dans la chose sociétale à travers l’adoption d’une vision ouverte, s’opposant aux différentes manifestations de la pensée traditionnelle, conservatrice et rétrograde, contraire au principe de la parité et aux valeurs d’équité et d’égalité des chances.

Si notre pays a pu faire de la question de l’amélioration de la situation des femmes une partie intégrante des réformes sociétales globales, ayant permis plusieurs acquis en faveur de la gent féminine, couronnées, d’ailleurs, par l’adoption de la Constitution avec des dispositions essentielles, particulièrement l’article 19 qui stipule l’obligation de la parité dans les différents domaines, des défis demeurent posés nécessitant une mobilisation collective, du moins pour stopper les dangereuses régressions représentées par la non application par le gouvernement des dispositions constitutionnelles, son non engagement  dans les réformes fondamentales et nécessaires, sa non résolution des dysfonctionnements relatifs à l’accentuation du phénomène  de l’analphabétisme dans les milieux féminins, la faiblesse du taux de leur activité économique et l’éradication du phénomène du travail des femmes dans des secteurs informels, en dehors de toute protection juridique et sociale et à bas salaires.

L’USFP place parmi ses champs d’action primordiaux le fait de rendre justice aux femmes tout en leur permettant d’exercer leurs droits, en tant que citoyennes à part entière, des actrices et des partenaires essentielles dans l’édification d’un Maroc de justice, d’égalité et de dignité.

L’édification d’une justice politique, économique et sociale au profit des femmes à travers la mise en œuvre positive des dispositions constitutionnelles, l’interdiction de toute forme de ségrégation, le soutien à la participation féminine aux différents champs sociétaux, ainsi qu’aux centres de décision politique et économique, toutes ces mesures sont à même de placer la femme au centre du développement global de notre pays.

En outre, les projets démocratique et sociétal ne peuvent se réaliser complètement, et ainsi renforcer les développements intellectuel et humain, si lesdits projets ne se fondent pas sur un système culturel en mesure d’immuniser le citoyen, tout en restant ouvert sur l’autre et en harmonie avec les autres cultures et civilisations. A cet effet, l’USFP considère que le principal défi consiste à instaurer un nouveau pole culturel capable de traduire les principes démocratiques, modernistes et de liberté à travers l’opérationnalisation des dispositions constitutionnelles, le respect du pluralisme et de la diversité, ainsi que la consolidation du sens de la citoyenneté et de l’appartenance universelle.

A partir de la vision sociale-démocrate, le système culturel est une condition nécessaire pour l’élévation de l’homme à travers l’interaction entre l’identité nationale d’une part et les différentes civilisations humaines d’autre part, ainsi que via la propagation des valeurs d’ouverture, de cohabitation et de créativité rejetant toute pensée sclérosée et tout nihilisme.

Sur cette base, le facteur culturel s’avère déterminant dans la création d’une dynamique sociétale faisant prévaloir la pensée créative et critique qui participe activement à la consolidation de la socialisation ouverte et poursuivant la réforme de la chose intellectuelle, la propagation des principes de droits de l’Homme à dimension universelle et à la généralisation des valeurs du dialogue rationnel. Cela fait de la culture non seulement un fait exclusivement culturel, mais également des mesures politique, économique et sociale, ainsi qu’une profonde et globale disposition pédagogique.

Sur un autre niveau, et en raison de la place vitale de la culture dans le renforcement du tissu social et dans la création des changements politiques et sociaux profonds, notre parti réitère, en sa qualité d’acteur historique dans la question culturelle nationale, sa dimension démocratique et moderniste à travers la consolidation des principes de pluralité, de diversité et de citoyenneté. Et en vue de concrétiser cette dimension, la culture marocaine devrait être revue à partir d’une vision plurielle et intégrée, à même d’aider à élaborer des politiques publiques conscientes, assimilant les différentes expressions, composantes et manifestations se rapportant au tissu culturel national.

De même qu’il faut institutionnaliser l’action culturelle, mobiliser les différentes compétences autour des orientations culturelles primordiales, œuvrer collectivement en vue d’immuniser l’identité marocaine, inciter à la créativité et à la consolidation de la diversité culturelle dans les différents champs et formes d’expression, de même que consacrer la justice spatiale dans la pratique culturelle. Il faut aussi adopter les nouveautés essentielles via le renforcement des médias culturels, l’investissement dans les techniques nouvelles de communication afin de généraliser la culture marocaine, démocratiser l’accès aux services culturels et contribuer au développement humain et numérique.

Du point de vue de notre parti, le système culturel se fonde sur deux fonctions principales : médiatique et linguistique.

La fonction médiatique est déterminante dans les sociétés modernes, quant à la participation active des médias dans l’édification politique et culturelle, la mobilisation sociétale et l’orientation de l’opinion publique vers les différentes questions politiques, économiques, sociales, entre autres.

Si les conditions de liberté et de professionnalisme se trouvent réunies dans les médias, ceux-ci peuvent jouer un rôle important dans le traitement des informations, des idées et des connaissances.  De même que de présenter un service d’information aux citoyens touchant aux différents aspects de la vie et de constituer un pouvoir effectif influant sur l’élaboration de la décision politique, l’ancrage des valeurs sociétales et la création de grandes transformations sociétales. A cet effet, notre parti estime que les médias d’aujourd’hui sont au cœur des défis sur lesquels mise le champ démocratique moderniste en vue de consolider la liberté d’expression et d’opinion, ainsi que la pluralité politique et culturelle. Point de système culturel démocratique sans des médias libres et développés, consolidant effectivement le droit d’accès à l’information, la pluralité, la justice sociale et l’égalité des chances.

En ce qui concerne le secteur des médias audiovisuels publics dans notre pays, nous considérons qu’il faut veiller sur la réalisation des objectifs du service public relatifs à l’encouragement  de l’enseignement et de l’éducation, la motivation à la création et la distinction culturelle, artistique, technologique et sportive. Et ce, dans la perspective de la mise en place du projet de la stratégie du développement du secteur audiovisuel national, la concrétisation d’une nouvelle vision visant à élever la production artistique et culturelle nationale, sur la base des principes de liberté, de créativité, d’invention et d’amélioration de la qualité. Tout en comptant en priorité sur les compétences humaines et les potentialités nationales, en plus de doter les médias audiovisuels publics des fondements de la qualité et de la concurrence afin de faire face à l’hégémonie des chaînes satellitaires, tout en accordant davantage d’intérêt à la production nationale.

L’USFP espère que les médias publics pourront consolider le rôle des chaînes amazighes dans la gestion de la diversité linguistique et culturelle dont regorge le Maroc. Et ce, après l’adoption du caractère officiel de la langue amazighe  dans la Constitution de 2011.

Des médias en mesure de renforcer le rôle des chaînes coraniques dans l’accomplissement de leur mission relative à la préservation de l’identité religieuse de la Oumma marocaine et à la consolidation des valeurs de modernisme et de tolérance, dans un contexte international qui se caractérise par la recrudescence des conflits d’extrémisme, d’ignorance et de repli sur soi. Lesquels exploitent  le développement des médias, des moyens de communication et des réseaux sociaux pour propager leurs contenus visant à drainer les catégories sociales qui ont un niveau de connaissance limité.

Enfin, au vu de ce qu’ont cumulé les radios de Dakhla et Laâyoune, ainsi que la chaîne télé régionale de Laâyoune, au service de la culture locale d’origine hassanie, en plus de leurs rôles historiques quant à la défense de la question de l’intégrité territoriale du Maroc, il est essentiel de mettre à  profit ces réalisations et de les renforcer. Et ce pour mobiliser l’ensemble des concernés et des intervenants dans cette bataille cruciale qui tend vers la sécurité et l’unité du Maroc, en continuant de démasquer les mensonges des ennemis de l’intégrité territoriale de notre pays.

Au sujet des nouveaux médias, si notre pays avait connu lors de la deuxième moitié du 20ème siècle de grandes mutations, reflétées par la transition politique d’un Etat colonisé à un Etat indépendant, la transition démographique importante et la transition culturelle et politique inaugurée par l’alternance consensuelle, la transformation majeure demeure la transition numérique. Cette transition dépasse de loin les autres  pour ce qui est de la force et de l’influence. Les techniques de communication modernes ont permis au citoyen lambda de disposer de moyens de communication développés, ce qui est une sorte de « démocratisation » de ces technologies qui étaient jusqu’à un passé récent une exclusivité de certains milieux.
 
Cette transition numérique a permis l’émergence de nouveaux médias, soutenus par des inventions technologiques de pointe. Notre parti est tenu d’utiliser les moyens de communication moderne car ils représentent une source de force essentielle des Etats et des sociétés.

Ces espaces ouverts dus aux nouveaux médias engendrent un sentiment chez le public qui se voit capable d’exercer sa liberté comme il l’entend, d’autant plus qu’elle influe de façon notoire sur ses comportements et ses représentations. La présence du parti dans cet espace devra se faire selon une stratégie efficiente, prenant en considération que le citoyen marocain fait usage tout azimut des nouveaux médias et aspire à bénéficier des potentialités d’ouverture en vue d’améliorer son quotidien. Au point que c’est lui qui cherche désormais à exploiter ces médias pour satisfaire ses besoins psychologiques, économiques, sociaux et communicatifs.

L’USFP, au vu des efforts qu’il déploie dans ce domaine, est tenu de transiter vers des pratiques meilleures afin d’être à la hauteur des aspirations numériques des citoyennes et citoyens. Et ce en contribuant à la conception de contenus permettant un meilleur attachement des citoyennes et des citoyens au parti, car il ne peut contribuer à reconfigurer des mentalités, des comportements, des désirs, des ambitions et des aspirations individuelles et collectives et des collectifs. Les nouveaux médias ont mis à l’écart les institutions de socialisation et de politiques traditionnelles, dont les partis politiques ; dont ils se sont accaparés les rôles et fonctions. Ainsi, les réseaux sociaux, élément de base des nouveaux médias, jouent désormais au sein des partis des rôles d’encadrement et de mobilisation, ce qui est en soi un changement pouvant nous conduire graduellement vers «la démocratie d’opinion comme alternative à la démocratie représentative », ce que l’USFP ne doit pas négliger.

Pour ce qui est de la fonction linguistique, elle permet d’enrichir la diversité culturelle qui caractérise l’identité nationale, en se basant sur un tissu linguistique important qui traduit une véritable expression des différents aspects civilisationnel, historique, intellectuel et environnemental de la personne marocaine, et qui contribue au développement culturel d’une manière générale. Sauf que le champ linguistique marocain, riche de sa diversité (langues officielles : l’arabe et l’amazigh) (Ce qui est social : dialectes, langues étrangères et fonctionnelles) n’a pas été suffisamment traité dans une politique linguistique publique bien définie.

A cet égard, le parti reconnaît la nécessité de gérer les différents aspects linguistiques en se basant sur des données techniques, fonctionnelles et territoriales, ce qui devrait renforcer la position des deux langues, l’arabe et l’amazigh et en même temps consolider les différentes dimensions institutionnelles, scientifiques, économiques et territoriales quant à une gestion linguistique rationnelle, juste et équitable. 

Dans le contexte régional et international
Contexte régional : Les développements de la question nationale, la situation au niveau du continent africain, l’union maghrébine, le monde arabe et les affaires du moyen orient.
Le 11ème Congrès de l’Union socialiste des forces populaires se tient dans un contexte régional caractérisé par l’impact manifeste de la pandémie du Corona sur les différentes relations à l’instar de l’ensemble des relations internationales, avec les développements positifs quant aux avancées successives réalisées par notre pays quant à notre question nationale  première.

Notre pays a remporté une série de victoires grâce à la supervision royale directe de tout ce qui a trait à la question de notre intégrité territoriale nationale. En effet, les résolutions du conseil de sécurité de même que les rapports du secrétaire général des Nations Unies continuent d’emprunter la même voie vers la recherche  d’une solution politique, écartant, par conséquent toute autre solution susceptible d’introduire l’affaire du Sahara marocain dans l’impasse. Et ces acquis n’auraient pu s’ancrer que par le fait de l’action soutenue à tous les niveaux ne laissant point de vide pouvant être exploité par les ennemis de notre intégrité territoriale dans leurs manœuvres visant à porter atteinte à nos intérêts suprêmes.

A ce propos, ce qui a concrètement été réalisé constitue un socle solide à même de resserrer l’unité nationale et territoriale de notre pays, tant s’agissant de la réalisation et l’application du Modèle de développement spécifique de nos provinces sahariennes que de la progression continue de l’ouverture de consulats dans leurs villes, de la libération du passage d’El Gargarate ou encore de la participation massive des électrices et électeurs des provinces du sud marocain dans le processus des échéances de 2021, outre la reconnaissance officielle des USA de la marocanité du Sahara qui a par ailleurs constitué une nouvelle mutation qualitative quant au devenir des faits.

Ainsi, toutes ces avancées, entre autres, ont dressé de fait un barrage impénétrable devant tous ceux qui véhiculent la thèse séparatiste, se retrouvant dépassés et n’ayant pour recours que la fuite en avant, outrepassant la légitimité internationale et pénalisant les aspirations des peuples de l’Union maghrébine au développement et à la démocratie.

El l’on n’aurait pas abouti à de telles conséquences prodigieuses des initiatives nationales sans les orientations Royales et le consensus national quant au recouvrement du siège du Maroc au sein de l’Union africaine, initiative qui a mis, par ailleurs, un terme à la politique de la chaise vide et a ouvert des perspectives prometteuses consacrant les initiatives Royales sur le plan des relations bilatérales et multilatérales  à l’intérieur du contient africain. Et c’est de ce fait que notre pays est parvenu à contrecarrer tous les complots ourdis par les ennemis de notre intégrité nationale et territoriale les acculant à adopter des politiques hostiles à notre pays et ses institutions, le fait est que tout cela ne fera qu’accentuer notre détermination à nous accrocher à la défense des constantes de notre nation, à savoir le régime monarchique et l’intégrité territoriale.

Les attitudes des ennemis de notre intégrité nationale ont occasionné, à plusieurs niveaux, d’énormes pertes, notamment l’obstruction des institutions de l’Union maghrébine devenue une instance complètement figée et la perturbation de  tout développement au niveau de la progression d’unification des efforts du continent africain ou du monde arabe.

Ainsi, la position de ces ennemis s’est muée en entrave devant toutes les initiatives   unionistes et a entraîné le contexte régional dans un tourbillon d’attentisme et d’incertitudes.
Là-dessus, dans le cadre de la défense de l’intégrité territoriale du Maroc, la position affirmée par le discours Royal quant au rejet de l’ambiguïté et l’hypocrisie affichées par des pays prétendus amis de notre pays autour de la question du Sahara marocain, est considérée comme une mutation qualitative en matière de gestion des relations extérieures, de même que si elle cible tous les pays, l‘Espagne est la première concernée, étant particulièrement parmi les soutiens de la thèse séparatiste à tous les niveaux financiers et médiatiques en passant par son ouverture de canaux de coordination avec l’Algérie, contre le Maroc.

Ce pays, qui continue encore d’occuper une partie du territoire marocain, persiste à pratiquer une politique colonialiste à l’égard du Maroc. D’ailleurs, la fameuse affaire de l’accueil du chef des séparatistes et ce qui s’ensuivit, a révélé la dimension de l’animosité que véhiculent ses institutions politiques et médiatiques à l’encontre de notre pays.

C’est pour cette raison que notre parti se doit d’élargir ses relations extérieures afin de clarifier la réalité de la situation dans la région qui induit la confrontation de notre pays à une force colonialiste s’abritant derrière ses liens européens et se déployant par tous les moyens directs et indirects à soutenir la thèse séparatiste à seule fin de nuire à notre pays.

Par ailleurs, il est nécessaire d’investir les profondeurs africaines, arabes et islamiques, notamment en Asie dans l’entreprise de démasquer toutes ces politiques fondées sur une logique colonialiste adoptant une posture moderniste et des slogans juristes hors contexte sous forme d’outils de propagande réputés dans le domaine de l’hégémonie et la domination.

A cet effet, notre parti est appelé à jouer un rôle d’avant-garde dans le rassemblement des forces arabes, africaines et asiatiques en lutte contre  les politiques colonialistes, anciennes et nouvelles et à dénoncer toutes les méthodes et tentatives visant à étendre et poursuivre leur domination sur les peuples, leurs richesses et leurs intérêts.

D’autre part, s’agissant de la question palestinienne et de celle de la reprise des relations avec Israël, en dépit de la tendance nationaliste vivace au sein de l’Union socialiste des forces populaires, étant l’une des trajectoires de la continuité du mouvement national, cela ne signifie point une étroite vision chauviniste ou une dénégation  de la portée progressiste et humaine mais procède d’initiatives s’insérant dans des calculs géostratégiques sans jamais renier le reste des appartenances. Et cela s’est illustré par la flexibilité de l’attitude de notre parti quant à la reprise des relations avec Israël, ne procédant pas d’une vision idéologique étroite ou d’une vision identitaire ou nationaliste mais tendant vers l’établissement de ponts entre la question nationale première relative au parachèvement des missions de la libération nationale dont, en tête assurer l’intégrité nationale et territoriale, et le non renoncement à la question palestinienne en tant que question de libération.

Ainsi, nous avons adopté l’approche de l’investissement de la reprise des relations diplomatiques avec Israël en faveur de l’intérêt national et en perspective de promouvoir les possibilités de l’instauration de deux Etats en tant qu’horizon de la résolution pragmatique et rationnelle de la question palestinienne.

Caractéristiques générales de la communauté internationale :
Les changements résultant des répercussions de la pandémie du Covid-19, la montée des mouvements conservateurs et extrémistes, l’adaptation de la social-démocratie, les effets possibles de la pandémie de Corona sur les différentes économies.

L'USFP considère que les évolutions qu’a connues la communauté internationale ont démontré que l'influence des facteurs externes sur les politiques nationales est devenue une évidence et que personne ne peur nier leur impact sur la situation de notre pays et sur le positionnement de notre parti sur la scène politique. La mondialisation et les évolutions scientifiques et technologiques ont conduit à l'imbrication de défis mondiaux qui préoccupent l'ensemble de la communauté internationale. Il n'est plus possible pour une communauté nationale de réussir à se protéger seule et avec ses propres capacités face à des défis tels que le développement, les défis environnementaux et climatiques et les problèmes de terrorisme et d'immigration sous toutes ses formes. En fait, la pandémie de Corona a détruit tout espoir d’y faire face unilatéralement.

La propagation de la pandémie de Covid-19 a révélé de nouveaux phénomènes qui doivent être pris en compte pour déterminer les traits saillants de l'avenir. Même si la pandémie s’est propagée à l’échelle mondiale, ce sont les politiques nationales qui ont été l'élément principal pour lutter contre sa propagation, et cela s'est principalement manifesté dans tout ce qui concerne la fabrication de vaccins, de médicaments, de matériels sanitaires, etc. Peut-être cet élément, en plus de ce que nous avons longuement analysé dans le document d'orientation de notre Xe Congrès national sur la mondialisation, devrait-il nous inciter à débattre de la nature de l'Etat et de ses institutions, et des tâches qui lui sont associées afin de comprendre les événements qui se déroulent.

Axe II : Quelle évolution de nos positions sur les grands enjeux de notre pays ?
La montée des mouvements conservateurs et extrémistes
La mondialisation a progressivement conduit à une tentative d’uniformisation des valeurs, un phénomène qui a ouvert un large champ aux forces conservatrices, réactionnaires et extrémistes qui n'ont trouvé d'avenir pour résoudre les problèmes auxquels elles sont confrontées qu'en se référant aux systèmes historiques passés. Tous les courants conservateurs ont trouvé l'occasion de s'exprimer, dans une tentative de confrontation aux valeurs universelles. La pensée passéiste s'est propagée dans toutes les sociétés nationales, tantôt se cachant sous une apparence religieuse, tantôt se dissimilant sous une apparence culturelle, voire ethnique. Ce que nous observons à propos des événements et des faits concernant les communautés étrangères dans de nombreux pays occidentaux s'inscrit dans ce cadre, car les attitudes racistes envers les étrangers se sont développées en dépit de ce que ces derniers ont présenté et donné aux économies dans lesquelles ils s'efforcent de s'intégrer.

Le monde arabe ou islamique n'a pas été épargné par cette tendance. Les forces conservatrices se prolifèrent sous couvert religieux, utilisant la marge de liberté disponible, pour s'organiser et travailler, en marge des institutions étatiques, en vue d’embrigader des fidèles au sein de tous les groupes sociaux, en profitant de l’ignorance et de la pauvreté. Ces forces ont formé ainsi une base électorale qui leur a permis d'exploiter les mécanismes démocratiques pour accéder aux institutions étatiques. Ces mouvements ont également profité du mécontentement de nombreux groupes sociaux vis-à-vis des politiques publiques existantes pour les rallier.

Il faudrait faire face à cette tendance générale en démantelant les mécanismes de sa propagation, en dénonçant les discours appelant à la haine, à la violence, au racisme, ou à toute forme de discrimination. Le chantier des droits humains dans leur dimension universelle constitue l'un des piliers pour établir des alliances en vue d’endiguer ces tendances.

Dans la nécessité de l'adaptation de la social-démocratie, l'effondrement du bloc communiste, la désintégration de l'Union soviétique et la chute du mur de Berlin ont constitué une étape charnière pour rediscuter la pensée de gauche en général et la pensée socialiste en particulier.

La pensée social-démocrate a basé ses perceptions quant à la reconsidération du rôle de l'Etat en prenant en compte les différents développements sur le plan intellectuel. Et ce en partant de la nécessité de réduire la prétendue neutralité de l’Etat et de développer son rôle de stimulation et de motivation à l’égard des catégories les plus démunies au sein de la société.

Avec l'expansion du système de mondialisation, il a fallu que la pensée social-démocrate trouve une position singulière pour conserver ses caractéristiques, surtout face à un phénomène particulier. Celui où les acquis sociaux dépendent de l'élargissement de la marge de bénéfice des entreprises dans le contexte de la mondialisation du capital et de suppression des barrières de protection nationales.

Une telle attitude impliquait objectivement de se ranger du côté des forces capitalistes et ce déséquilibre dans le positionnement de la gauche a conduit à une domination de la droite. 
Cette tendance générale au libéralisme cruel visant à réduire l'intervention de l'Etat constitue, pour nous, une occasion de défendre le rôle de l'Etat dans l'amélioration des conditions de vie des catégories les plus démunies au sein de la société et d'établir l’équilibre nécessaire entre cette orientation et le soutien et l’accompagnement des entreprises qui créent de la richesse. Dès lors, l'État ne peut être un «État gardien», ni seulement un «Etat sauveur», mais un Etat capable d'atténuer les effets de la mondialisation, un Etat fort, juste et équitable.
Défendre le rôle de l'Etat, introduire la dimension environnementale, adopter un nouveau discours en matière d'immigration, critiquer le concept de la consommation et donner des sens clairs aux valeurs (égalité, justice, progrès...) sont des fondements capables de créer une nouvelle distinction et d’offrir à la social-démocratie sa position de leader au sein des forces progressistes et de gauche.

Bien sûr, nous sommes convaincus que de nombreux axiomes seront affectés par le changement et nous sommes également persuadés de la nécessité de s’adapter aux répercussions de la pandémie de Covid-19, mais son ampleur ne peut être que dans l'intérêt de nos principes et perceptions à caractère universel et humain au détriment des thèses conservatrices.

Dans les répercussions de la pandémie sur les économies moyennes et faibles, le système de la mondialisation a été violemment ébranlé par la propagation du Covid-19. La communauté internationale, sentant la gravité de l'épidémie, a considéré que la meilleure façon d'y faire face est de fermer les frontières, de réduire les importations au minimum et d'adopter des politiques nationales pour sauver les populations.

Plus cette pandémie se propage, plus les sociétés se referment sur elles-mêmes. La période de confinement a constitué un autre coup dur pour les économies du monde entier en raison de la suspension de nombreuses activités économiques et  la concentration des efforts sur les politiques sociales.

Il est désormais évident que la vision socialiste qui soutenait que l’intervention de l’Etat dans le social est l’un des piliers de son existence et que son impartialité ne peut que laisser pour compte les couches sociales les plus démunies. En conséquence, les pouvoirs capitalistes se sont retrouvés obligés de garantir une vie décente aux citoyens, d’où l’ouverture d’un grand débat sur l’Etat et ses obligations sociales.

S’il est difficile de tirer les constats nécessaires relatifs à ce sujet dans la conjoncture actuelle, il est légitime d’affirmer que les interventions de l’Etat ne sont plus sujet à débattre. La pandémie de Covid-19 a contraint l’Etat à revoir ses domaines d’intervention ainsi que les champs concédés au secteur privé. Cela s’est manifesté avec évidence au niveau de la politique sanitaire, ce qui prouve à l’heure actuelle la nécessité de la mise en place d’une stratégie claire et transparente permettant aux deux secteurs, privé et public, d’œuvrer ensemble pour faire face aux éventuelles crises sanitaires à venir. Dans la même perspective, d’autres secteurs ont également souffert de cette impartialité, à l’image de celui de l’éducation et de la formation, de la stratégie suivie pour la création d’opportunités de travail et de recrutement, et partant de là, leur impact sur la protection sociale. Les conséquences de la pandémie de Covid ne se sont pas limitées au champ social, puisque plusieurs autres activités économiques ont subi le même sort du fait que les restrictions sanitaires mises en place pour faire face à la pandémie ont contraint plusieurs entités industrielles et commerciales à baisser le rideau, ce qui a amplifié le malaise de toute la société.

Avec la continuation de la propagation de la pandémie, le nombre de secteurs touchés ne cesse d’augmenter, affectant, entre autres, les administrations publiques, les manifestations culturelles et artistiques, ainsi que le secteur des services, ce qui a fait de la digitalisation un choix inévitable, que ce soit sur le plan des services ou celui du travail à distance.

Les répercussions de la pandémie, à des degrés différents, n’ont épargné aucune société, et toutes (les sociétés) œuvrent aujourd’hui pour tenter de sortir de cette crise avec les moindres dégâts. Ces manœuvres ont permis de mettre en évidence les écarts entre les politiques économiques des grandes nations par rapport aux autres. Ainsi, les grandes institutions financières ne peuvent que se mettre du côté des grandes nations pour restructurer leurs économies et financer leurs nouvelles politiques sociales, laissant les autres pays à la recherche d’autres horizons…

*Document traduit par Libération
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