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Au Canada, la dette, sujet tabou de la campagne électorale


Au Canada, la dette, sujet tabou de la campagne électorale
Le Canada s'est fortement endetté pendant la pandémie pour soutenir les travailleurs et maintenir son économie à flot mais cette question a finalement été peu abordée pendant la campagne même par les conservateurs pourtant longtemps adeptes de l'orthodoxie budgétaire stricte.

"Pour cette élection, je m'intéresse aux questions liées au changement climatique, aux prêts étudiants et à la lutte contre les problèmes sociaux - comme ceux de ma génération", explique à l'AFP Meg Sweeney, 23 ans, récemment diplômée de l'université.

"Ce n'est pas que je me moque de la dette, je n'y pense tout simplement pas autant que mes parents et les générations précédentes qui pensaient que c'est un énorme problème", ajoute-t-elle. Au final, les plus jeunes s'en inquiètent peu, les plus âgés ne se sentent pas directement concernés alors les candidats ont régulièrement éludé le débat lors d'une campagne éclair qui s’est terminée dimanche.

Le Canada est entré dans la pandémie dans une position budgétaire enviable par rapport aux autres pays du G7. Mais avec les mesures de soutien aux entreprises et les aides octroyées pour les salariés, la dette nette du gouvernement fédéral, soit le montant des déficits cumulés, s'est envolée et doit atteindre cette année un record à plus de 1.200 milliards de dollars canadiens (801 milliards d'euros), soit 51,2% du PIB.

En juin 2020, le Canada s'est d'ailleurs vu privé de sa note parfaite AAA sur sa dette à long terme par l'agence de notation Fitch, qui l'a réduite à AA+ à "cause de la détérioration des finances publiques". Selon l'OCDE, la dette publique devrait se stabiliser l'an prochain.

Pour l'organisation, "une fois que l'économie sera repartie sur des bases solides, une stratégie budgétaire à moyen terme pour réduire la dette publique devra être envisagée". "L'enjeu de cette élection est de voir qui peut nous sortir de la récession et reconstruire l'économie", a déclaré le conservateur Erin O'Toole au début de la campagne en août. Celui qui fait jeu égal dans les derniers sondages avec le Premier ministre sortant Justin Trudeau à la veille du scrutin a promis de revenir à l'équilibre budgétaire en dix ans sans réduire les dépenses. De son côté, le libéral Justin Trudeau relativise.

Il "est important de vivre selon nos moyens mais je pense qu'il est également important de faire les bons investissements pour que les générations futures puissent prospérer", a-t-il estimé. Dans son programme de campagne, il propose un plan d'environ 78 milliards de dollars canadiens de nouvelles dépenses pour les cinq prochaines années. Tout cela est possible car actuellement, les taux d'intérêt record ont rendu le coût d'emprunt bon marché.

Avec des taux d'intérêt bas comme c'est le cas actuellement, Kevin Page, directeur de l'Institut des finances publiques et de la démocratie, estime que c'est tout à fait tenable mais "il y a toujours un risque que les taux montent".

"Il y a une inquiétude légitime que cela paraisse complètement ouvert, que les gens supposent qu'avec des taux d'intérêt bas nous pouvons accumuler la dette et qu'il n'y aura pas de coûts importants", ajoute-t-il. Une inquiétude que partage Ian Lee, professeur de 67 ans à l'Université à Ottawa: "Je suis surpris de voir que l'attitude des Canadiens l'égard de la dette a radicalement changé pendant la pandémie." Lui dit redouter des "marges de manoeuvre" réduites pour les gouvernements futurs en raison du poids de cette dette et craindre des augmentations d'impôts importantes.

Pendant la campagne électorale, déplore-t-il, les candidats ont débattu "de la façon dont nous allons redistribuer les revenus, sans dire grand-chose de la façon dont nous allons générer de la richesse". Mais pour Meg Sweeney qui évoque le réchauffement climatique ou la pandémie, l'essentiel est ailleurs car "à moins que nous ne résolvions d'abord un milliard d'autres choses, qui sait si nous serons encore là dans 50 ans ?"

Libé
Dimanche 19 Septembre 2021

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