Après Safi, ça suffit !

Jeudi 23 Avril 2026

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L’Olympique de Safi a été éliminé en demi-finale de la Coupe de la CAF après deux matchs nuls. Une issue cruelle qui laisse un profond sentiment d’injustice sportive. La règle du but à l’extérieur, à laquelle seule la CAF semble encore s’accrocher, apparaît aujourd’hui comme une aberration renforçant l'impression d'un football africain en décalage avec les évolutions mondiales. Cela dit, le règlement reste la loi du sport, et c’est sur le terrain que les Olympiens auraient dû forcer le destin.

Mais au-delà du résultat, ce sont surtout les événements d’avant-match qui interpellent. Des comportements d’un autre âge, révélateurs d’un mal plus profond : un football africain de plus en plus gangrené par des tensions qui le dépassent, et qui trouvent un écho particulier dans les rivalités politiques régionales.

Disons-le sans détour : ce que le Maroc a vu, ce que le public a subi lors de cette demi-finale, ce sont des actes délibérés de vandalisme, perpétrés par des groupes qui n’ont de supporters que le nom. Les violences observées ne sont ni anecdotiques ni accidentelles. Elles s’inscrivent dans une logique plus large, où le football devient le prolongement des tensions politiques entre le Maroc et l’Algérie.
Derrière les couleurs de l’USM Alger, ce ne sont pas des passionnés de football qui se sont exprimés, mais des individus organisés, déterminés à semer le désordre, à ternir l’événement et à imposer un climat de tension.

Leur agressivité et leur organisation soulèvent une question que beaucoup préfèrent éviter : pourquoi ces scènes se répètent-elles, souvent, lorsqu’un club algérien est impliqué dans une confrontation à forte charge symbolique ? Dans un contexte où le régime algérien fait de l’hostilité envers le Maroc un axe central de sa communication, il devient difficile de croire que ces débordements soient totalement déconnectés de cet environnement. Ici, le football n’est plus neutre : il devient un espace d’expression, voire un outil indirect de déstabilisation.

Qu’on le veuille ou non, un climat de tension est aujourd’hui entretenu, dans lequel certains groupes de supporters semblent évoluer avec un sentiment d’impunité troublant. Sans parler nécessairement d’instructions directes, l’hypothèse d’un laisser-faire, voire d’une instrumentalisation tacite, ne peut plus être écartée d’un revers de main.

C’est précisément cela qui est inacceptable. D’autant plus que, si l’on en croit les déclarations des joueurs de l’Olympique de Safi, les traitements subis par l’équipe marocaine lors du match aller confirment cette instrumentalisation malsaine du sport pour entretenir des tensions déjà vives.

Le Maroc n’a pas à subir les conséquences de cette hostilité importée. Il ne doit pas devenir un terrain d’expression pour des logiques politiques qui utilisent le sport comme exutoire ou levier de nuisance. L’heure n’est plus à la complaisance ni aux discours diplomatiques feutrés. Des mesures fortes s’imposent dont : un encadrement strict des visas pour les déplacements à risque, un ​filtrage rigoureux, des interdictions de territoire ciblées et des sanctions exemplaires pour tout débordement.

​A l’approche de la Coupe du Monde 2030, le Royaume a le droit de protéger son image de marque tout en affirmant sa souveraineté. Accueillir le monde est une fierté ; subir des provocations organisées est une ligne rouge. Après Safi, l'enjeu dépasse le cadre du ballon rond : il est question de dignité, de sécurité et de respect. Sur ces principes, aucune concession n’est possible.

Mohamed LMOUBARIKI

Mohamed LMOUBARIKI
Jeudi 23 Avril 2026
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