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Africa Security Forum : Les maux du continent africain en débat à Rabat

Migration, cyberterrorisme et extrémisme, sous la loupe




On ne sait pas si c’est le fruit du hasard ou non, mais dans une semaine où le grand soleil est de retour, un temps maussade recouvrait Casablanca, lundi dernier, comme pour s’accorder avec le contenu éminemment sérieux de la conférence de très haute importance, qui s’est tenue en bord de mer, dans un hôtel huppé. Un point de presse dont l’objectif était de présenter aux dizaines de journalistes présents, l’édition 2018 de l’Africa Security Forum, prévue du 21 au 23 novembre courant à Rabat.
Co-organisé par le Centre de recherche et d’études géostratégiques, ATLANTIS, ainsi que le Forum international des technologies de la sécurité (FITS), et placé sous le Haut patronage de sa Majesté le Roi Mohammed VI, ce forum à fréquence annuelle, profitera de la présence d’acteurs plus influents les uns que les autres dans le domaine de la sécurité et de la défense à l’échelle internationale, afin de faire le point sur les différents enjeux sécuritaires auxquels fait face le continent africain, tout en explorant les pistes plausibles, pour, infine, parvenir à redéfinir les axes de la coopération internationale et donc faire face aux menaces internes et externes du XXIème Siècle.
Dans ce dessein, les 400 participants, représentant pas moins de 50 pays, issus des quatre coins du monde, entendent mener une réflexion constructive autour de trois thèmes distincts. Intitulé «Migration et développement socioéconomique», le premier d’entre eux portera sur les solutions qui peuvent résulter d’une stabilisation des populations dans leur milieu d’origine. Les pistes, propositions et autres solutions en question seront traitées à travers le prisme du développement économique fort et rapide du continent africain, lequel est perçu comme étant la principale voie pour endiguer une migration en pleine expansion. Comment ? En usant d’un doux euphémisme symbolisé par le développement technologique censé accroître la compétitivité, créer des emplois, pour enfin absorber le chômage endémique dont souffre le continent. En d’autres termes, la mise en place des conditions d’une croissance forte, stable et équitable. Une finalité atteignable aussi et surtout grâce à l’appui financier et technique émanant des alliés les plus avancés mais encore, des organisations internationales.
Le second thème portera, quant à lui, sur le cyberterrorisme, l’e-réputation et le big data. Pour justifier ce choix, les organisateurs ont souligné que dans le contexte d’un continent africain miné par les inégalités, la Banque mondiale a apporté la preuve que le PIB par habitant connaît de grands écarts entre les pays dotés de ressources minières et les pays les plus déshérités, « les activités criminelles et terroristes se développent et les nouvelles technologies ont désormais la part belle ». Et d’ajouter: « Les problématiques de cyberterrorisme et de cyberdélinquance impactent fortement aussi les pays du Sud, leurs régimes, leurs domaines stratégiques économiques ou politiques, leurs grandes entreprises ou leurs hommes d’Etat, car ils ne sont que peu ou prou préparés à faire face à ce type de menaces et les effets en sont d’autant plus démultipliés ».
Remédier à cette problématique ne sera pas chose aisée. C’est la raison pour laquelle l’Africa Security Forum 2018, compte créer une coopération entre les pays africains et « les pays du Nord, qui possèdent une partie de la solution avec notamment des expertises développées pour ce genre de situation mais aussi, parce qu’ils sont aussi l’objet de ces attaques au travers de ce qu’il est convenu d’appeler le cyberterrorisme et la cyberdélinquance », selon le communiqué.
Enfin, sensible à souhait, le dernier thème s’articulera autour de l’extrémisme et la lutte contre la radicalisation. Ce fléau inhérent au chômage et à la croissance démographique qui caractérisent le continent noir, dont la population devrait doubler d’ici à 2050, se trouve être de nos jours source de déséquilibre politique dans le continent considéré comme le berceau du monde. Ainsi, lors du point de presse, on pouvait comprendre qu’il devenait urgent de réfléchir à des solutions à la fois pour sauvegarder les acquis et protéger le continent contre de nouveaux extrémismes.
Lors de l’élaboration du Security Africa Forum, le troisième du genre, Atlantis et le Forum international des technologies de la sécurité (FITS), deux organisations indépendantes qui mettent les enjeux sécuritaires au cœur de leurs préoccupations, ont dû faire montre d’une envie d’amplifier la crédibilité, déjà bien établie de cet évènement, puisqu’en sus des différents intervenants susmentionnés, des organisations internationales y prendront part, à l’instar des Nations unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne, Interpol, Europol, l’Otan, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.  

Chady Chaabi
Mercredi 7 Novembre 2018

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