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Abderrahmane El Youssoufi parmi les siens à Mohammedia


Un hommage digne du dirigeant et de l’homme



Les mémoires de l’ancien Premier ministre du gouvernement d’alternance, Abderrahmane El Youssoufi, ont été présentés samedi dernier à Mohammadia, en présence d’éminentes personnalités dont le résistant Mohamed Bensaid Ait Yedder; Nabil Benabdallah, Secrétaire général du PPS, Mustapha El Bakkouri, président de la Région de Casablanca-Settat et des représentants des organisations politiques et syndicales (CDT, FDT, UMT, Istiqlal et Fédération de la gauche démocratique).
Le lieu choisi pour cet événement est hautement symbolique : Un théâtre qui porte le nom de l’un des dirigeants historiques de l’USFP, en l’occurrence Abderrahim Bouabid. Et qui plus est, a été construit lorsque les Ittihadis présidaient aux destinées de la ville de Mohammedia.
« Je suis ravi d’être parmi vous aujourd’hui pour deux raisons essentielles», a déclaré Abderrahmane El Youssoufi dans son allocution en l’occasion. « La première c’est que vous avez choisi ce lieu qui porte le nom de notre cher frère, Abderrahim Bouabid» dont le nom a été intimement lié à Mohammedia. Lorsqu’il était ministre de l’Economie nationale et des Finances sous le gouvernement Abdallah Ibrahim, il avait pris plusieurs décisions stratégiques visant à donner un contenu concret à  l’indépendance économique du Royaume dont la création de la SAMIR.
La deuxième raison, a poursuivi Abderrahmane El Youssoufi, réside dans le fait que cet événement « est organisé dans cette ville militante dans laquelle notre frère Abderrahim Bouabid a été élu comme parlementaire. C’est une ville qui est restée ittihadie durant des décennies ». Et d’ajouter que « les Ittihadis ont dirigé le conseil de la ville durant trois mandats successifs et métamorphosé entièrement cette ville ». 
Quant à Mehdi Mezouari, secrétaire de l’USFP à Mohammedia, il  affirmé que lorsqu’il avait proposé à Abderrahmane El Youssoufi de présenter ses mémoires à Mohammedia, il a accepté sans hésitation, rappelant le rôle important des militants ittihadis dans la gestion de la ville de Mohammedia.
Pour sa part, le politologue Mohammed Tozy a présenté une lecture « rapide » des mémoires d’Abderrahmane El Youssoufi.
D’après lui, le plus important est que ce livre est « un mémoire documenté » qui constitue un matériau pour les historiens et les politologues, ajoutant que les documents qu’il contient ouvrent la voie à un réécriture de l’histoire du parti de la Rose, du mouvement national et de la pratique politique. 
Selon lui, les deux armes d’El Youssoufi sont son silence et son sourire. Il a par ailleurs, salué le travail M’barek Bouderka qui a pris en charge la rédaction de ces mémoires et qui a réussi à faire sortir ce grand militant de son « long silence ». 
Rappelant qu’«Alhadith fi ma jara » (récits du passé) est une compilation en trois tomes d’éléments biographiques, d’entretiens et de discours, il a noté que «ce qu’il dit sur son parcours personnel est très important pour nous en tant que chercheurs».  
L’intervention d’Ahmed Chaouki Benyoub, ex-membre de l'Instance Équité et Réconciliation, lors de cet événement qui a été modéré par l’artiste et animateur de télé, Rachid Fekkak. a mis l’accent sur le parcours d’El Youssoufi en tant que militant des droits de l’Homme et son rôle dans le processus de la justice transitionnelle. Dans ce sens, il a rappelé que Abderrahmane El Youssoufi a été président du groupe de travail arabe qui a créé le premier mouvement des droits de l’Homme trois ans avant la chute du Mur de Berlin en 1989. Selon Chaouki Benyoub, il va publier sur les colonnes d’Al Ittihadi Ichtikari une étude qui servira de référence à ce groupe de travail et des mouvements des droits de l’Homme dans le monde arabe. Cette étude concerne les normes internationales en matière des droits de l’Homme. « De 1959 jusqu’à 1987, date de l’organisation du premier colloque à Oujda sur les droits de l’Homme, ceux-ci furent essentiellement une doctrine juridique (libération des prisonniers politiques…). Abderrahmane El Youssoufi a intégré les normes internationales en matière des droits de l’Homme dans cette approche purement juridique », a-t-il expliqué. Et de préciser: « Cette étude sert de référence philosophique à la création de l’OMDH, aux militants des droits de l’Homme ». 
Comment être à la fois un homme politique et un militant des droits de l’Homme ? Abderrahmane El Youssoufi constitue l’exception. Il a pu, durant son parcours, incarner ces deux vocations.
Pour sa part, Riyad, chercheur en histoire du Maroc contemporain, a mis l’accent sur l’importance du deuxième et troisième tomes de cet ouvrage. Il a conseillé de lire ces mémoires comme un tout. « Se contenter seulement du premier tome sans lire les deux autres tiendrait de la lecture inachevée et fragmentaire », a-t-il conclu. 
 

Tabet Mourad
Lundi 11 Juin 2018

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